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Journée mondiale de la liberté de la presse à Belgrade
Contact éditorial : Contact à Belgrade jusqu’au 4 mai : Bureau de l’information du public de l’UNESCO, Section des relations avec la presse Roni Amelan tél +33 (0)6 14 69 53 72 - Jasmina Sopova, +381 (0)63 86 08 978

03-05-2004 6:00 pm Belgrade (Serbie-et-Monténégro) – L’UNESCO a célébré la Journée mondiale de la liberté de la presse (3 mai) avec une conférence internationale sur les médias dans les zones de conflit et les pays en transition – qui s’est terminée par l’adoption de la Déclaration de Belgrade* soutenant les médias en situation de conflit ou post-conflit – et avec la cérémonie de remise du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano*, décerné cette année au journaliste cubain Raúl Rivero Castañeda. La cérémonie de remise du Prix s’est tenue à Belgrade en présence du Président de Serbie-et-Monténégro, Svetozar Marovic, qui a souligné l’importance de la liberté de la presse pour les pays en transition. « Sans doute aucun, le développement économique et le bien-être sont en grande mesure liés à la liberté des médias », a-t-il déclaré. « Il appartient aux institutions politiques de créer un cadre légal qui garantisse de façon durable la liberté des médias ».

Pour sa part, le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, a appelé les autorités cubaines à libérer le journaliste et poète Raúl Rivero, condamné à une peine de 20 ans de prison et actuellement souffrant d’une pneumonie. Raúl Rivero était représenté à la cérémonie par son beau-fils, Miguel Angel Sanchez Reyes.

Koïchiro Matsuura a déclaré : « Malgré tous nos efforts, nous n’avons pas pu obtenir des autorités cubaines qu’elles autorisent [sa femme Blanca Reyes Castañón] à se déplacer et à participer à cette cérémonie ». Il a ajouté que Raúl Rivero recevait un traitement médical mais qu’il avait été informé que ce traitement prendrait fin le 4 mai.

Koïchiro Matsuura qui effectue une visite officielle en Serbie-et-Monténégro, a aussi rappelé le lourd tribut payé par les médias lors des guerres. Il a déclaré : « Il est de la plus grande importance que les violations de tous les droits de l’homme, telle que la liberté d’expression, reçoivent une réponse appropriée. La liberté d’expression et la liberté de la presse doivent être considérées comme étroitement liées non seulement avec les thèmes fondamentaux que sont le développement et la démocratisation, mais aussi avec ceux de la résolution des conflits et de la construction de la paix ».

Le Directeur général a ensuite déclaré : « On ne soulignera jamais assez que la liberté d’expression et la liberté de la presse sont des conditions préalables à la participation des citoyens à la vie démocratique de leurs sociétés, au développement économique et social, à l’instauration de la paix. Il est de plus en plus clair que la mise en œuvre de ces principes est également essentielle pour nourrir la compréhension interculturelle sur laquelle peuvent s’édifier une paix durable, la sécurité et le développement ».

En recevant le Prix au nom de Raúl Rivero, son fils Miguel Angel Sanchez Reyes a transmis quelques mots du lauréat : « Qu’est-ce qu’on dit ? Je me souviens que, dans mon enfance, à chaque fois qu'un membre de ma famille ou un ami avait un geste généreux à mon égard, j'entendais ma mère et mon père me dire cette phrase toute simple, « Qu'est-ce que l'on dit? », et je répondais « Merci ». Aujourd'hui, alors que je me trouve en prison et que j'apprends, par l'intermédiaire de Blanca, que j'ai reçu le Prix de l'UNESCO, me reviennent constamment à la mémoire la voix de ma mère, aujourd'hui éteinte, ainsi que celle de mon père disparu, qui me demandent à nouveau « Qu'est-ce que l'on dit? ». Et je réponds « Merci. Merci beaucoup. »

Dans son intervention, Miguel Angel Sanchez Reyes a également cité le lauréat 2003 du Prix Cervantes, le poète chilien Gonzalo Rojas, pour qui « supprimer la parole serait comme vouloir supprimer le silence. La poésie est un exercice qui participe de l'intimité mais aussi de la liberté. Enfermer la parole reviendrait donc à supprimer la poésie ». Il a ajouté : « Je remercie l'UNESCO de rendre hommage, à travers le journaliste Raul Rivero, à tous ceux qui, aujourd'hui, à Cuba et dans le monde, s'efforcent de défendre la liberté des idées et leur libre expression ».

Lors de la clôture de la cérémonie, le Président Marovic a exprimé l’engagement de son pays en faveur de la liberté de la presse et du pluralisme des médias. Il a souligné : « Tout comme n’importe quelle autre grande liberté, la liberté des médias n’est jamais offerte sur un plateau. Elle se conquiert pas à pas […] L’histoire, en particulier l’histoire récente, abonde d’exemples de "grands leaders" perdant, tôt ou tard, leur combat contre un public libre et critique ».

Le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano est décerné tous les ans par le Directeur général de l’UNESCO sur la recommandation d’un jury indépendant composé de professionnels des médias et présidé par Oliver Clarke, Président de la Gleaner Company Limited (Jamaïque). Ce Prix, doté d’un montant de 25 000 dollars, est financé par l’UNESCO et la Fundación Guillermo Cano. Il porte le nom du journaliste colombien Guillermo Cano, assassiné en 1987 pour avoir dénoncé les activités des puissants barons de la drogue de son pays. Créé en 1997 par le Conseil exécutif de l’UNESCO, le Prix est destiné à mettre en valeur le travail d'une personne, d'une organisation ou d'une institution ayant contribué de manière notable à la défense et/ou à la promotion de la liberté d'expression dans n'importe quelle partie du monde, surtout si cette action a mis sa vie en péril.

Cet après-midi, à la fin de la Conférence, les quelque 150 participants - des journalistes de toutes les parties du monde et des représentants d’organisations internationales et régionales de professionnels ou de défense de la liberté de la presse – ont adopté la Déclaration de Belgrade soutenant les médias en situation de conflit ou post-conflit. La Déclaration souligne que des médias locaux indépendants sont essentiels pour fournir une information digne de foi, vitale pour les efforts en faveur de la paix et de la réconciliation. Elle appelle aussi les autorités à respecter la liberté des médias dans les zones qu’elles administrent, y compris en période de conflit. Les participants ont demandé à l’UNESCO de renforcer son rôle de coordination en appuyant les initiatives des médias dans les zones en conflit ou post-conflit.

Des thèmes concernant la liberté d’expression vont continuer à être débattus demain à Belgrade (Sava Centre) dans le cadre d’une conférence régionale pour les professionnels des médias, intitulée Les médias dans les pays d’après-guerre et de transition. Elle est organisée par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et l’UNESCO.



* Pour plus d’information, le texte de la déclaration de Belgrade et celui des discours du Directeur général et de M.A. Sanchez Reyes consultez le site : http://www.unesco.org/webworld/wpfd/2004/






Source Communiqué de presse N°2004-38


 ID: 20229 | guest (Lire) Mise à jour: 17-05-2004 10:01 am | © 2003 - UNESCO - Contact