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Le journaliste zimbabwéen Geoffrey Nyarota laureat du Prix Mondial de la Liberté de la Presse UNESCO/Guillermo Cano 2002

24-02-2002 11:00 pm Paris - Le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, a décerné le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano 2002 au journaliste zimbabwéen Geoffrey Nyarota, directeur du Daily News, seul quotidien indépendant du Zimbabwe. Le Prix a été attribué sur recommandation d'un jury indépendant, formé de professionnels de l'information de différentes régions du monde. Doté de 25 000 dollars, le prix est décerné chaque année. Il sera remis le 3 mai prochain à Manille (Philippines) lors d’une cérémonie organisée par l’UNESCO pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse.

Le jury était présidé par le Jamaïcain Oliver Clarke, Président de la Gleaner Company Limited, qui a déclaré : “ Je suis particulièrement heureux que le choix du jury se soit porté sur un Africain. Des élections ayant lieu en mars au Zimbabwe, l’existence d’une presse active et indépendante est très important pour que les électeurs sachent ce qui se passe dans leur pays. Nous espérons que Geoffrey Nyarota pourra venir à Manille et que le lauréat 2001 du prix, le birman U Win Tin, détenu depuis 1989, sera libéré et pourra lui aussi être présent ”.

Geoffrey Nyarota, 50 ans, a dénoncé sans répit la corruption et les activités criminelles de certains hauts fonctionnaires, en dépit de deux attentats à la bombe contre le journal pour lequel il travaille, de plusieurs arrestations et séjours en prison, de nombreuses menaces de mort et de quatre procès lancés contre lui.

“ Le courage et la détermination de Geoffrey Nyarota, qui a su ne pas céder aux pressions auxquelles il a été soumis ces dernières années, constituent un exemple pour tous les journalistes du monde ”, a déclaré Koïchiro Matsuura.

Le gouvernement du Président Robert Mugabe est critiqué pour sa volonté de faire taire les journalistes. Son ministre de l'Information, Jonathan Moyo, a déclaré au début de l'année à un reporter du Daily News: “ Nous allons désormais cibler des journalistes ”. Dans cette atmosphère de persécution et de harcèlement de la presse indépendante, Geoffrey Nyarota a payé cher son engagement pour l'information. En 1983, il a perdu son poste au journal The Chronicle de Bulawayo - un des rares quotidiens zimbabwéens qui dénonçaient la corruption de fonctionnaires -pour avoir révélé le "Willowgate", un scandale qui a abouti à la démission de cinq ministres. Les propriétaires du quotidien ont alors assuré agir “ en vue de sa propre sécurité ”. En 1991, il fut embauché comme rédacteur en chef par l'hebdomadaire Financial Gazette, mais fut de nouveau remercié après une dispute sur le contrôle rédactionnel. Après avoir quitté le Financial Gazette, il a rejoint l'Ecole Nordique de Journalisme, à Maputo (Mozambique), et donné des cours dans plusieurs pays d'Afrique australe, Geoffrey Nyarota est revenu en 1998 au Zimbabwe, o? il a fondé l'Association des journaux du Zimbawbe, sur laquelle il s'est appuyé pour créer, le 31 mars 1999, le Daily News.

La bataille la plus importante de la brève existence de ce quotidien aété consacrée aux occupations des fermes des propriétaires blancs par les anciens combattants zimbabwéens, lancées à l'instigation du parti au pouvoir, le ZANU-PF. Geoffrey Nyarota fut notamment arrêté pour avoir dénoncé l'utilisation de véhicules de la police dans des pillages. Ses accusations ont affecté les résultats du parti au pouvoir lors des élections de mai 2000. Le 18 avril de la même année, le journaliste reçut un courrier le menaçant de mort. Trois jours plus tard, le siège du Daily News fut la cible d'un attentat. Une semaine plus tard, un appel, provenant du siège du ZANU-PF, prévenait qu'une autre bombe avait été placée dans les locaux du journal. Quatre mois plus tard, un individu devait confesser qu'il avait reçu un contrat des forces de sécurité pour tuer Geoffrey Nyarota.

En janvier 2001, l’explosion d’une bombe a ravagé l'imprimerie du Daily News, à Harare. Mais le quotidien n'a pas manqué une seule parution depuis lors. Il est devenu le premier tirage du pays, avec une diffusion dépassant largement celle du Herald, contrôlé par le gouvernement. Plusieurs fois arrêté, Geoffrey Nyarota est encore l'objet de quatre procès en diffamation suite à ses dénonciations de fonctionnaires.

La Journée mondiale de la liberté de la presse et le Prix UNESCO/Guillermo Cano s'inscrivent dans le cadre de la mission de l'UNESCO en faveur de la libre circulation de l'information et de toutes les activités qu’elle mène en faveur de la liberté d'expression, de l'indépendance et du pluralisme des médias.

Créé en 1997 par le Conseil exécutif de l'Organisation, le Prix est destiné à mettre en valeur le travail d'une personne, d'une organisation ou d'une institution ayant contribué de manière notable à la défense et/ou à la promotion de la liberté d'expression dans n'importe quelle partie du monde, surtout si cette action a mis sa vie en péril. Le Prix porte le nom du journaliste colombien Guillermo Cano, assassiné pour avoir dénoncé les activités des narcotrafiquants. Les candidatures sont proposées par les organisations professionnelles, régionales et internationales, qui oeuvrent dans le champ de la liberté d'expression.

Les lauréats précédents du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano sont les journalistes : U Win Tin (Myanmar) en 2001, Nizar Nayyouf (Syrie) en 2000, Jesus Blancornelas (Mexique) en 1999, Christina Anyanwu (Nigeria) en 1998 et Gao Yu (Chine) en 1997.






Source Communiqué de presse N°2002-09
Auteur(s) UNESCOPRESSE


 ID: 1869 | guest (Lire) Mise à jour: 15-11-2002 5:18 pm | © 2003 - UNESCO - Contact