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Les grands singes, plus proches parents vivants de l'espèce humaine, menacés d'extinction
Le PNUE et l’UNESCO convoquent une réunion d’urgence pour sauver nos cousins
Contact éditorial : Amy Otchet, Bureau de l’information du public de l’UNESCO, Section éditoriale. Tél. : +33 (0)1 45 68 17 04 – e-mail : a.otchet@unesco.org
  • Robert Bisset, Porte-parole du PNUE pour l’Europe. Tél. : +33 (0)1 44 37 76 13 - mobile : +33 (0)6 22 72 58 42 - Email
  • Contact audiovisuel : Ariane Bailey, Photothèque de l’UNESCO. Tél. : +33 (0)1 45 68 16 82 – e-mail : a.bailey@unesco.org

    24-11-2003 12:25 am Paris / Nairobi, 26 novembre – Vingt-cinq millions de dollars sont immédiatement nécessaires pour lever les menaces d’extinction imminente des plus proches parents vivants de l’espèce humaine, c’est ce que vont souligner aujourd’hui, à l’UNESCO, les participants à une réunion internationale de crise sur les grands singes.grasp_insid.jpg

    Cette somme, expliquent l’UNESCO et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), est nécessaire pour réduire le risque qui pèse sur les derniers gorilles, chimpanzés, bonobos et orangs-outangs du monde, et pour créer des zones où les populations de grands singes pourraient se stabiliser ou même augmenter.

    « 25 millions de dollars est le strict minimum dont nous avons besoin, l’équivalent de donner de l’eau et du pain à un homme qui se meurt », a déclaré Klaus Toepfer, le Directeur exécutif du PNUE. « Il est minuit moins une pour les grands singes, des animaux qui partagent plus de 96 % de leur ADN avec les humains. Si nous devions perdre n’importe laquelle des espèces de grands singes, nous détruirions une partie du pont qui conduit à nos origines, et avec cela une partie de notre humanité même », a-t-il ajouté.

    « Les grands singes constituent une passerelle unique vers le monde naturel », a déclaré le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura. « Les forêts qu’ils habitent sont partout une ressource vitale pour les humains, et pour les populations locales elles constituent une source essentielle de nourriture, d’eau, de médicaments autant qu’un lieu doté d’une valeur spirituelle, culturelle et économique. Sauver les grands singes et les écosystèmes dans lesquels ils vivent n’est pas qu’une question de conservation, c’est un acte majeur dans le combat contre la pauvreté ».

    Toutes les espèces de grands singes sont confrontées à un risque élevé d’extinction, dans un avenir immédiat ou au mieux dans les cinquante années à venir.

    « Les recherches indiquent que le chimpanzé commun a déjà disparu de trois pays – le Bénin, la Gambie et le Togo », a déclaré Samy Mankoto, un expert de l’UNESCO, spécialiste des réserves africaines de biosphère, dans lesquelles se trouvent plusieurs populations de grands singes.

    L’UNESCO et le PNUE, coordinateurs du Projet pour la survie des grands singes (GRASP), craignent que, si aucune action urgente n’est décidée, la prochaine vague d’extinction d’ampleur nationale ait lieu au Sénégal où il reste à peine 200 à 400 chimpanzés.

    Parmi les autres pays où le destin du chimpanzé commun ne tient plus qu’à un fil, figure le Ghana, où vivent encore 300 à 500 individus, et la Guinée-Bissau où la population est tombée à moins de 200 animaux.

    Le chimpanzé commun n’est que l’une des espèces de grands singes figurant sur l’agenda de cette réunion - sans précédent - d’experts et de représentants gouvernementaux qui se tient à Paris cette semaine.

    Sous les auspices du PNUE et de l’UNESCO, des représentants des 23 pays abritant des grands singes en Afrique et en Asie du Sud-Est ainsi que des bailleurs de fonds, des agences de l’ONU, des ONG et d’autres partenaires du GRASP, se réunissent pour élaborer un plan de survie pour les grands singes.

    Le GRASP a quatre parrains : Jane Goodall, la célèbre conservatrice de primates ; Russ Mittermeier, Chef de Conservation International ; Toshisada Nishida de l’Université de Kyoto, l’un des plus célèbres et plus anciens primatologues du monde ; Richard Leakey, le fameux conservateur et paléoanthropologue.

    « Je ne crois pas qu’il y ait un défi de plus grande importance que celui posé par la situation actuelle des grands singes », a déclaré Richard Leakey. « Les conservateurs et les gouvernements doivent s’allier pour prendre les mesures nécessaires pour permettre aux bonobos, chimpanzés, gorilles et orangs-outangs d’échapper à l’extinction. Ce doit être le point de départ de la réunion de Paris ».

    L’activité humaine menace de plus en plus d’extinction les grands singes. La croissance démographique humaine grignote leur habitat ; les guerres civiles, le braconnage, le commerce d’animaux vivants, et par-dessus tout, la destruction des forêts, prélèvent un tribut de plus en plus lourd.

    Selon un récent rapport du PNUE, « The Great Apes – The Road Ahead », moins de 10 % de l’habitat forestier encore existant des grands singes d’Afrique demeurera relativement intact en 2030, si la construction de routes, les campements miniers et d’autres développements d’infrastructures se poursuivent au rythme actuel.

    Les données concernant les orangs-outangs d’Asie du Sud-Est semblent encore moins favorables. Le rapport indique que dans 28 ans on n’y trouvera plus d’habitat que l’on pourra considérer comme « relativement peu touché ».

    De nombreuses populations de grands singes vivent dans des zones extrêmement reculées, qui sont difficiles à cartographier, encore plus à surveiller. Pour améliorer les données, l’UNESCO travaille avec l’Agence spatiale européenne pour utiliser les satellites ou la télésurveillance afin de mieux surveiller le taux de destruction de l’habitat. Le projet a commencé par la cartographie des habitats des gorilles de montagne. Il n’en reste que 600 qui vivent en Ouganda, au Rwanda et en République démocratique du Congo (RDC).

    Le projet comparera les images satellites archivées pour évaluer les changements dans les habitats des gorilles depuis 1992 dans le Parc national des Virunga (RDC) et la Forêt impénétrable de Bwindi (Ouganda), qui sont deux sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Le Parc national des Volcans (Rwanda) et le Parc national des Gorilles de Mgahinga (Ouganda) pourraient rejoindre prochainement cette liste.

    En même temps, l’UNESCO travaille avec les gardes forestiers locaux pour aider à renforcer le respect de la loi et la surveillance dans les cinq sites du Patrimoine mondial de la RDC qui abritent plusieurs espèces de grands singes.

    « Faire respecter la loi est un élément essentiel et unique de chaque action de conservation. Nous ne pouvons pas juste mettre des clôtures et essayer de séparer les singes des humains », a déclaré Samy Mankoto. « Les grands singes jouent un rôle clé dans l’entretien des forêts tropicales dont dépendent les populations humaines. Par exemple, ils dispersent les graines à travers les forêts et créent des brèches de lumière dans la canopée qui permettent aux jeunes plants de pousser et de renouveler l’écosystème ».

    Pour mieux comprendre les grands singes, des études sont en cours dans plusieurs réserves de biosphère de l’UNESCO qui abritent des chimpanzés, des gorilles et des orangs-outangs. L’une des plus importantes populations de chimpanzés sauvages vit dans la Réserve de biosphère Taï, en Côte-d’Ivoire, où une équipe de zoologues étudie leur comportement depuis 1979. Beaucoup de ce que nous savons aujourd’hui sur la fabrication d’outils par les orangs-outangs provient d’études réalisées dans la Réserve de biosphère Tanjung Puting en Indonésie. Ces études vont de pair avec toute une série de projets destinés à réconcilier la conservation avec les besoins des communautés locales.

    Depuis son lancement en mai 2001, le GRASP a vu 16 des 23 pays abritant des grands singes instaurer tout un éventail de nouvelles mesures de protection de ces espèces. Des ateliers pour mettre au point les politiques nécessaires se sont déjà tenus dans six de ces pays, réunissant toutes les parties prenantes : gouvernement, monde universitaire, industrie privée ainsi qu’ONG et Nations Unies. Ils ont abouti à la rédaction de plans nationaux qui décrivent exactement comment les fonds nécessaires doivent être répartis pour obtenir une réelle augmentation du nombre de singes.

    « C’est de l’arithmétique de base », a déclaré Rob Hepworth, Directeur adjoint de la division des conventions sur l’environnement du PNUE. « Multiplication des menaces sur les singes en danger. Division de leur habitat. Soustraction dans le nombre de singes. Pour que le compte redevienne bon, nous avons besoin de la valeur déjà apportée par le Partenariat GRASP/SMDD – une initiative spéciale effectuée par deux agences majeures de l’ONU, quatre conventions pour la vie sauvage, et 18 ONG pour sensibiliser l’opinion, lever des fonds, et augmenter la population conservée afin que nous puissions empêcher les grands singes de passer à l’Histoire ».

    La réunion de Paris, cette semaine, définira une Stratégie de conservation mondiale des grands singes. Elle préparera aussi une conférence intergouvernementale sur les grands singes et le GRASP qui se tiendra fin 2004.

    La réunion au siège de l’UNESCO débutera à 9h le mercredi 26 novembre.
    Une conférence de presse aura lieu vendredi 28 novembre à 13h.
    Les journalistes souhaitant y assister sont priés de s’inscrire
    auprès du Service de presse de l’UNESCO, tél. : +33 (0)1 45 68 17 44.


    Pour plus d’informations sur le sujet, consulter http://www.unesco.org/mab/grasp/prepIGM.htm


    L’UNESCO a un réseau de plus de 400 réserves de biosphère dans plus de 90 pays. Nombre d’entre elles ont de très importantes populations de grands singes. C’est aussi le cas d’une douzaine de sites du Patrimoine mondial. Voir http://www.unesco.org/mab

    Rapport « The Great Apes – The Road Ahead »

    Le Rapport « The Great Apes – The Road Ahead » est édité par le Dr Christian Nellemann du PNUE Grid-Arendal en Norvège et le Dr Adrian Newton du Centre mondial de surveillance de la conservation du PNUE à Cambridge (Royaume-Uni). Il est disponible en ligne sur http://www.globio.info

    Les résultats sont fondés sur une toute nouvelle méthode d’évaluation des principaux impacts du développement des infrastructures sur les espèces clés qui, dans cette étude, sont le chimpanzé, le bonobo ou chimpanzé pygmée, le gorille et l’orang-outang.

    Le rapport évalue les habitats relativement intacts de chacune des quatre espèces de grands singes, habitats offrant encore de bonnes conditions aux populations viables. Il établit ensuite une carte de l’impact prévisible et, par voie de conséquence, celle de l’habitat encore sain en 2030 au rythme actuel de croissance des infrastructures.

    Gorilles
    L’étude estime qu’environ 28 %, soit quelque 204 900 km2 de l’habitat actuel des gorilles peuvent être classés comme relativement peu touchés.

    Si la croissance des infrastructures se poursuit au rythme actuel, la zone restante en 2030 est évaluée à 69 900 km2, soit à peine 10 %. Cela représente 2,1 % ou 4 500 km2 de perte annuelle de l’habitat peu touché des gorilles dans des pays comme le Nigeria, le Gabon, le Rwanda et l’Ouganda.

    Chimpanzés
    L’étude estime qu’environ 26 %, soit quelque 390 840 km2 de l’habitat actuel des chimpanzés peuvent être classés comme relativement peu touchés.

    Si la croissance des infrastructures se poursuit au rythme actuel, la zone restante en 2030 est évaluée à 118 618 km2 soit à peine 8 %. Cela représente 2,3 % ou 9 070 km2 de perte annuelle de l’habitat peu touché des chimpanzés dans des pays comme la Guinée, la Côte-d’Ivoire et le Gabon.

    Bonobos
    L’étude estime qu’environ 23 %, soit quelque 96 483 km2 de l’habitat actuel des bonobos peuvent être classés comme relativement peu touchés.

    Si la croissance des infrastructures se poursuit au rythme actuel, la zone restante en 2030 est évaluée à 17 750 km2 soit juste 4 %. Cela représente 2,8 % ou 2 624 km2 de perte annuelle de l’habitat peu touché des bonobos en République démocratique du Congo, le seul pays où l’on peut les trouver.

    Orangs-outangs
    L’étude estime qu’environ 36 %, soit quelque 92 332 km2 de l’habitat actuel des orangs-outangs peuvent être classés comme relativement peu touchés.

    Si la croissance des infrastructures se poursuit au rythme actuel, la zone restante en 2030 est évaluée à 424 km2 soit moins de 1 %. Cela représente 5 % ou 4 697 km2 de perte annuelle de l’habitat peu touché des gorilles des îles de Sumatra (Indonésie) et Bornéo (Indonésie – Kalimatan et Malaisie – Sarawak et Sabah).


    Plus sur le GRASP

    Une liste des partenaires du GRASP peut être trouvée sur www.unesp.org/grasp/partners.asp

    Pour plus d’information sur la réunion PNUE/UNESCO GRASP du 26 au 28 novembre à Paris, aller sur http://www.unesco.org/mab/grasp/prepIGM.htm"

    Les gouvernements, le secteur privé, les organisations non gouvernementales et le public peuvent faire des dons au GRASP par le biais du site : http://www.unep.org/grasp/Help.asp

    Le GRASP est enregistré à la Commission pour le développement durable comme partenaire depuis le Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg (SMDD, septembre 2002,). En tant que partenaire du SMDD, le GRASP s’efforce d’assurer la conservation des grands singes et de leur habitat, aujourd’hui et pour l’avenir, et aide ainsi à préserver l’existence d’écosystèmes variés et de populations d’animaux sauvages viables.

    Le plan de mise en œuvre du SMDD souligne que « la biodiversité, qui joue un rôle primordial dans le développement durable global et dans l’éradication de la pauvreté, est essentielle à notre planète, au bien-être des êtres humains et à la vie et à l’intégrité culturelle des individus ».

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    Source Communiqué de Presse No 2003 - 97
    Auteur(s) UNESCOPRESSE


     ID: 17343 | guest (Lire) Mise à jour: 05-10-2004 8:25 am | © 2003 - UNESCO - Contact