Accueil - Services Média
UNESCOPRESSE
Communiqués de presse
Avis aux médias
A voir
Photobanque
Calendrier des événements
Relations presse

Porte-parole du DG
Flash Info
Courrier de l'UNESCO
Evénements culturels
Publications UNESCO
Services d' information
Documents UNESCO
Nations Unies
- Centre de nouvelles ONU
- Sites web du système

Version imprimable
Les médias peuvent utiliser et reproduire librement les materiaux publiés sous le nom UNESCOPRESSE

UNESCO
UNESCOPRESSE
7, Place de Fontenoy
75352 PARIS 07 SP, France

 

Contribuer au débat démocratique.  
Les filles se heurtent encore à de fortes discriminations dans l'accès à l'école
Contact éditorial : Sue Williams: Bureau de l’information du public, Section éditoriale
A New Delhi (du 5 au 13 novembre), tél. : +33 (0)6 14 69 53 72
A Paris : tél. +33 (0)1 45 68 17 06 - e-mail : s.williams@unesco.org
Roni Amelan: Bureau de l’information du public, Section éditoriale. Tél. : +33 (0)1 45 68 16 50 - Email
Contact audiovisuel : Christine Carbonnel-Saillard: Bureau de l’information du public, Section audiovisuelle. Tél. : +33 (0)1 45 68 00 68 - e-mail : c.carbonnel@unesco.org

05-11-2003 2:00 pm Paris/New Delhi (Inde)- Malgré les progrès, lents mais réels, enregistrés au cours des années 1990, les filles se heurtent encore à de « fortes discriminations » en matière d’accès à l’école dans la plupart des pays en développement. Tel est le constat auquel aboutit un rapport mondial lancé aujourd’hui à New Delhi.GMRe_insid.jpg

La parité entre les sexes en matière d’éducation reste une perspective lointaine dans 54 pays, dont 16 pays d’Afrique subsaharienne, le Pakistan et l’Inde, souligne le Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous *, l’étude la plus complète sur les tendances de l’éducation dans le monde. En Chine, pays le plus peuplé du monde, les garçons vont être bien plus nombreux que les filles dans les écoles secondaires pendant encore des années.

« Bien qu’ils ne soient pas vraiment surprenants, ces résultats sont inquiétants », a déclaré Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO. « La parité entre les sexes en matière d’éducation est une priorité parce que l’inégalité devant l’éducation constitue une grave atteinte aux droits de l’homme fondamentaux mais aussi un obstacle important au développement social et économique ».

L’égalité des sexes dans l’éducation est l’un des six objectifs** du Programme Education pour tous, que 164 gouvernements ont fait leur lors du Forum mondial sur l’éducation (Dakar, Sénégal, avril 2000). Ils se sont fixés comme première étape vers cette égalité la réalisation d’ici 2005 de la parité entre les sexes (même taux de scolarisation pour les garçons et les filles) dans l’enseignement primaire et secondaire.

Le Rapport analyse les efforts réalisés dans toutes les parties du monde en vue de scolariser davantage de filles. Dans le primaire, les effectifs de filles ont augmenté plus rapidement que les effectifs de garçons au cours de la décennie qui s’est terminée en 2000. Au niveau mondial, l’indice de parité entre les sexes (IPS) est passé de 0,89 à 0,93 (un IPS de 1 indiquant la parité entre filles et garçons). Mais 57 % des 104 millions d’enfants non scolarisés dans le monde (estimation concernant les enfants en âge de fréquenter l’école primaire) sont des filles, ce qui montre que la discrimination reste un problème grave. Sur les 128 pays pour lesquels des données sont disponibles pour l’année 2 000 (année de référence), 52 ont déjà atteint l’objectif de parité entre les sexes ou y parviendront dans l’enseignement primaire et secondaire d’ici 2005.

Parmi les pays qui ont les moins bons résultats en termes d’accès des filles à l’école primaire, selon le Rapport, figurent le Tchad (IPS de 0,63), le Yémen (0,63) la Guinée-Bissau (0,67), le Bénin (0,68), le Niger (0,68), l’Ethiopie (0,69), la République centrafricaine (0,69), le Burkina Faso (0,71), la Guinée (0,72), le Mali (0,72), le Libéria (0,73) et le Pakistan (0,74) (voir le tableau 5 de l’annexe statistique du Rapport). Le taux de scolarisation des filles dans ces pays atteint au mieux les trois quarts de celui des garçons. L’Inde, avec un IPS de 0,83 au niveau du primaire, fait à peine mieux.

Alors que la situation se traduit en général par un déséquilibre au détriment des filles, le Rapport souligne que la balance penche parfois en faveur des filles à cause du trop grand nombre de garçons qui ne terminent pas leurs études secondaires. C’est le cas au Bangladesh (1,05), au Danemark (1,05), au Mexique (1,05), en Nouvelle-Zélande (1, 06), au Bahreïn (1,07), en Islande (1,07), en Fédération de Russie (1,07), à Trinité-et-Tobago (1,07), en Colombie (1,10), aux Philippines (1,10), en Malaisie (1,11), dans les Emirats Arabes Unis (1,12), au Royaume-Uni (1,17), au Suriname (1,18) et en Suède (1,26) (voir le tableau 7 de l’annexe statistique du Rapport).

« Investir dans l’éducation des filles offre un gros retour sur investissement », déclare Christopher Colclough, le Directeur du Rapport. « L’éducation aide à augmenter de façon significative la productivité [des femmes], augmentant ainsi les revenus du foyer et réduisant la pauvreté. Cela améliore aussi le bien-être individuel et social. Quand des parents, en particulier des mères, sont éduqués, leurs enfants - tant garçons que filles - sont en meilleure santé, mieux nourris et ont de plus grandes chances d’aller à l’école et d’y réussir. Investir dans l’éducation des filles est aujourd’hui l’un des meilleurs moyens de garantir que les générations futures seront éduquées ».

La nécessité de contribuer aux revenus de la famille constitue une des raisons les plus courantes pour lesquelles les enfants ne fréquentent pas l’école, explique le Rapport. Selon les estimations les plus récentes, il apparaît que « 18 % des enfants âgés de 5 à 14 ans sont économiquement actifs, ce qui représente 211 millions d’enfants, dont à peu près la moitié de filles ». Ce chiffre doit encore être majoré car de nombreux enfants remplissent des tâches domestiques, et cela se fait parfois au détriment de leur participation ou de leurs résultats scolaires. « Ces enfants sont beaucoup plus souvent des filles que des garçons », déclare Christopher Colclough.

Le coût des études constitue un autre grand obstacle : malgré les instruments relatifs aux droits de l’homme, qui font obligation aux Etats d’offrir un enseignement primaire gratuit et obligatoire, des frais de scolarité continuent d’être demandés dans au moins 101 pays du monde, sous forme de droits d’inscription, d’achat de manuels, d’uniformes scolaires obligatoires et de contributions communautaires. Dans six pays africains, dit le Rapport, « les parents prennent à leur charge près du tiers des dépenses totales afférentes à la scolarité dans le primaire ».

Il y a de nombreux autres obstacles à l’éducation des filles, notamment le mariage précoce, le sida, la guerre et la violence dans les écoles. Au Népal, par exemple, 40 % des filles sont mariées avant d’avoir 15 ans. En Afrique australe et dans les Caraïbes, les taux d’infection par le sida sont 4 à 7 fois plus élevés pour les filles de 15 à 19 ans que pour les garçons, une « disparité liée à la généralisation de l’exploitation, des abus sexuels et des pratiques discriminatoires », explique le Rapport. On estime à près de 100 000 le nombre de filles ayant participé directement à des conflits dans au moins 30 pays pendant les années 1990, en tant que combattantes, cuisinières, porteuses, espionnes, domestiques ou esclaves sexuelles, et la grande majorité des 25 millions de personnes déplacées (estimation) du monde sont des femmes et des enfants. Le Rapport cite une étude récente d’Afrique du Sud qui montre que la menace de violence à l’école y est « un des défis majeurs auxquels est confronté l’apprentissage ».

Les pratiques quotidiennes dans la salle de classe peuvent aussi jouer sur la participation des filles à l’éducation, souligne le rapport, se référant à une étude des pays de l’Afrique subsaharienne qui montre que les filles sont, en général, plus souvent appelées à exécuter des tâches telles que nettoyer les sols ou aller chercher de l’eau. La faible présence d’enseignantes (qui pourraient notamment devenir un modèle pour les filles) est aussi un facteur négatif. En Inde, « près de 90 % des écoles à enseignant unique, qui représentent au moins 20 % de toutes les écoles, ont un enseignant homme et 72 % des écoles à deux enseignants ne comptent pas de femme ».

Le Rapport rappelle également que parité ne veut pas dire égalité. Il donne pour exemple les pays d’Europe, d’Amérique latine et d’Asie où l’infériorité des garçons sur le plan des performances scolaires ne s’est pas encore traduite par une infériorité dans les domaines économique et politique. Les femmes doivent atteindre de plus hauts niveaux de performance « afin de réussir dans la compétition pour les emplois, pour l’égalité des rémunérations et pour les postes décisionnels ».

Le Rapport de cette année comporte également un Indice du développement de l’EPT (IDE) qui fournit une vue d’ensemble des progrès réalisés par les pays vers les quatre objectifs de Dakar qui se prêtent le plus facilement à des mesures quantitatives : l’enseignement primaire universel, l’alphabétisation des adultes, la qualité de l’éducation (taux de survie en dernière année du primaire) et la parité entre les sexes. Ce premier indicateur présente des données de 94 pays (année 2000) : la plupart des pays membres de l’OCDE sont absents (données disponibles incomplètes) mais 50 à 80 % des pays d’Afrique subsaharienne, des Etats Arabes, d’Asie de l’Ouest et du Sud, de l’Amérique latine et des Caraïbes y figurent.

De tous ces pays, seuls 16 - la plupart en Europe centrale et de l’Est, en Amérique latine et dans les Caraïbes - ont atteint ou sont proches d’atteindre les quatre objectifs énumérés ci-dessus, avec un IDE de 0,95 ou plus. Quarante-deux pays, tous dans des régions en développement, ont des IDE compris entre 0,80 et 0,94, qui les mettent à portée des objectifs de l’EPT à condition qu’ils poursuivent sur leur lancée. Trente-six autres pays ont des valeurs d’IDE inférieures à 0,80 ce qui signifie qu’ils ont encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre les objectifs de Dakar. Vingt-deux de ces pays qui ont les plus bas IDE sont situés en Afrique subsaharienne, mais y figurent aussi le Bangladesh, l’Inde, le Népal et le Pakistan.

Le Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous est préparé par une équipe internationale indépendante basée au siège de l’UNESCO à Paris (France). Il fait partie du suivi du Forum mondial sur l’éducation de Dakar, et bénéficie des avis d’un comité éditorial international. Il est financé par l’UNESCO et un certain nombre d’agences bilatérales.


* « Rapport mondial de suivi sur l’EPT 2003/2004, Genre et éducation pour tous : le pari de l’égalité ». Editions de l’UNESCO, France 2003
Le Rapport est accessible à l’adresse : www.efareport.unesco.org

** Plus de 160 pays participant au Forum mondial sur l’éducation se sont engagés à atteindre les objectifs suivants en 2015 :
  • Développer et améliorer la protection et l’éducation de la petite enfance, notamment des enfants les plus vulnérables et défavorisés
  • Education primaire universelle
  • Répondre aux besoins éducatifs de tous les jeunes et de tous les adultes en assurant un accès équitable à des programmes adéquats ayant pour objet l’acquisition de connaissances ainsi que de compétences nécessaires dans la vie courante
  • Améliorer de 50 % les niveaux d’alphabétisation des adultes
  • Eliminer les disparités entre les sexes dans l’enseignement primaire et secondaire d’ici à 2005 et instaurer l’égalité dans ce domaine en 2015
  • Améliorer sous tous ses aspects la qualité de l’éducation.


    B-Roll disponible auprès de Christine Carbonnel-Saillard: Bureau de l’information du public, Section audiovisuelle. Tél. : +33 (0)1 45 68 00 68 - e-mail : c.carbonnel@unesco.org






  • Source Communiqué de Presse No 2003 - 91
    Auteur(s) UNESCOPRESSE


     ID: 17039 | guest (Lire) Mise à jour: 06-11-2003 4:42 pm | © 2003 - UNESCO - Contact