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Débat sur l'élaboration d'une Convention internationale contre le dopage dans le sport à la Conférence générale de l'UNESCO
Contact éditorial : Jasmina Sopova: Bureau de l'information du public, Section éditoriale. Tél: +33 (0)1 45 68 17 17 - Email

30-09-2003 2:30 pm Une proposition d’élaborer une Convention internationale contre le dopage dans le sport est à l’ordre du jour de la Conférence générale de l’UNESCO. Si la proposition est adoptée, cet instrument normatif, le premier à avoir à la fois une portée intergouvernementale et universelle et un caractère contraignant, devrait voir le jour avant les Jeux Olympiques d’hiver à Turin (Italie) en 2006. « Le dopage risque de tuer le sport, comme il tue les sportifs », tel a été le message de la Table ronde ministérielle qui s’est tenue en janvier dernier à l’UNESCO. A cette occasion, les représentants de 103 pays ont demandé à l’Organisation de coordonner la préparation et l’adoption d’une Convention internationale contre le dopage dans le sport, en coopération avec les organisations compétentes du système des Nations Unies, le Comité international olympique (CIO), l’Agence mondiale antidopage (AMA) et le Groupe consultatif intergouvernemental contre le dopage dans le sport.

A l’invitation du Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, quinze experts, représentants de plusieurs pays et organisations internationales sportives, se sont réunis les 24 et 25 juin, au siège de l’organisation. Ils ont étudié la possibilité et les modalités d’élaboration de ce nouvel instrument normatif. Si la Conférence générale entérine ce projet, le groupe d’experts élaborera un avant-projet de Convention qui sera présenté à une réunion intergouvernementale que le Directeur général convoquera au début de 2004, ainsi qu’à la Quatrième Conférence internationale des Ministres et des hauts fonctionnaires responsables de l’éducation physique qui se tiendra à Athènes, en août 2004. Le rapport définitif et le projet de Convention seront alors soumis à la 33e session de la Conférence générale de l’UNESCO, en octobre 2005.

Le dopage - recours à des produits ou méthodes potentiellement dangereux pour la santé en vue d’améliorer artificiellement les capacités physiques d’un sujet – est aussi vieux que le sport de compétition lui-même. Selon l’AMA, on peut faire remonter la première preuve de dopage au IIIe siècle avant notre ère, aux Jeux Olympiques de l’Antiquité, dont les concurrents avaient recours à des extraits de champignons et de plantes pour stimuler leurs performances. Plus près de nous, Thomas Hicks avait remporté le marathon olympique de 1904 à Saint Louis grâce à de l’œuf cru, des injections de strychnine et du brandy.

Les premières interdictions du dopage ont vu le jour dans les années 1920, mais elles sont longtemps restées lettre morte, faute de contrôles. Ce sont des scandales, tels que les décès des cyclistes Knud Enemark Jensen (JO de Rome, 1960) et Tom Simpson (Tour de France, 1967), ou l’internement dans un service psychiatrique d’Eric de Vlaeminck (1975), ainsi que des accidents de plus en plus nombreux de sportifs amateurs, dus au dopage, qui ont incité les fédérations sportives internationales à multiplier les tests et à renforcer la lutte contre ce fléau.

Dès 1978, l’UNESCO a adopté une Charte internationale de l’éducation physique et du sport, qui insiste sur « la sauvegarde des valeurs éthiques et morales » et la protection de l'éducation physique et du sport contre « toutes les dérives », telles que « la violence, le dopage et les excès commerciaux ». La même année, l’Organisation a mis en place un Comité intergouvernemental de l’éducation physique et du sport, qui a notamment pour mission « de promouvoir la coopération internationale dans le domaine de l'activité physique et du sport, en vue de renforcer la paix, l’amitié, la compréhension et le respect mutuel entre les peuples ».

En 1984, le Conseil de l’Europe a adopté la Charte européenne contre le dopage dans le sport, recommandant aux Etats membres et aux institutions sportives nationales de mettre en œuvre des règlements antidopage, des programmes éducatifs et des laboratoires d’analyse et de recherche. A partir de 1988, année particulièrement marquée par les affaires de dopage (notamment celles de Ben Johnson aux J.O. de Séoul ou de Pedro Delgado au Tour de France), le monde du sport et les pouvoirs publics se mobilisent davantage. En septembre, la Première Conférence mondiale permanente contre le dopage dans le sport (Ottawa, Canada) aboutit à l’élaboration de la Charte internationale olympique. L’année suivante, le Conseil de l’Europe adopte la Convention contre le dopage, ouverte également à la signature d’Etats qui ne sont pas membres. A ce jour, elle a été ratifiée par 40 Etats. En 1992, le Conseil des Communautés européennes adopte le Code antidopage dans les activités sportives, document d’information et de sensibilisation destiné à alerter les acteurs du monde sportif sur les responsabilités de chacun face au problème du dopage.

A l’exception de ces deux derniers textes, les instruments normatifs actuels privilégient la répression et les contrôles dans la lutte antidopage, méthodes qui se sont avérées d’une efficacité limitée, selon les spécialistes. C’est pourquoi la recommandation sur le dopage et la violence dans le sport adoptée à la Troisième Conférence internationale des ministres et hauts fonctionnaires responsables de l’éducation physique et du sport de l’UNESCO (MINEPS III), qui s’est tenue à Punta del Este (Uruguay) en 1999, insiste sur le rôle de l’éducation et de l’information dans ce domaine. La même année, l’Agence mondiale antidopage a été fondée, avec pour principale mission de promouvoir et coordonner la lutte contre le dopage sur le plan international. Elle a adopté en mars dernier, à Copenhague, un Code mondial antidopage. Il s’agit du premier instrument qui harmonise les règlements concernant le dopage dans tous les sports et dans tous les pays. A l’heure actuelle, 81 gouvernements ont signé la Déclaration de Copenhague, par laquelle ils s’engagent à mettre en application le Code.

Cependant, la composition mixte de l’AMA, fondation de droit privé suisse (pour moitié intergouvernementale et pour moitié composée d’organisations volontaires sportives) ne peut pas conférer au Code un caractère juridique de droit public contraignant, pas plus que la Charte internationale olympique contre le dopage qui émane d’une organisation à caractère non-gouvernemental et dont les dispositions ne s’appliquent qu’aux disciplines olympiques. Les autres textes sur la lutte contre le dopage, qu’ils soient nationaux, régionaux ou internationaux, n’ont pas, eux non plus, de portée juridique intergouvernementale universelle.

D’où la nécessité, selon les experts, d’une Convention internationale contre le dopage dans le sport, sur laquelle la Conférence générale de l’UNESCO se prononcera dans les prochains jours. « Plus qu’un instrument répressif, ce texte devra accorder la place qu’elles méritent à l’éducation et à l’information, notamment auprès des jeunes, sur les méfaits du dopage, tant sur le plan physique qu’éthique », selon Koïchiro Matsuura, pour qui « le dopage est un des plus grands dangers qui menacent, pervertissent et discréditent le sport alors qu’il reste, pour l’écrasante majorité des personnes, une irremplaçable source de perfectionnement de soi, en même temps qu'une magnifique école de convivialité et de solidarité ».

A sa 32e session, la Conférence générale de l’UNESCO devra également se prononcer sur la proclamation d’une Année internationale de l’éducation physique et du sport.






Source Communiqué de Presse No 2003 - 68
Auteur(s) UNESCOPRESSE


 ID: 15857 | guest (Lire) Mise à jour: 30-09-2003 1:27 pm | © 2003 - UNESCO - Contact