Edito - octobre 2003
«De toutes les crises d’origine sociale ou naturelle auxquelles les êtres humains sont confrontés, c’est celle de l’eau qui est le plus au cœur de notre survie et de celle de notre planète Terre ». Ainsi s’exprimait le directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, à l’occasion du lancement, en mars 2003, du Rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau, une évaluation approfondie de cette ressource réalisée conjointement par les 23 agences, programmes et commissions des Nations unies concernés par les problèmes de l’eau.
En fonction de divers facteurs tels que la croissance démographique et les choix politiques, on estime que deux à sept milliards de personnes seront, dans une soixantaine de pays, confrontées au manque d’eau d’ici le milieu du siècle. Alors que, chaque jour, 6 000 enfants meurent déjà de maladies transmises par l’eau, la qualité de l’eau va continuer à se détériorer dans les années à venir, en raison du rejet quotidien dans les fleuves et les rivières de deux millions de tonnes de déchets.
Présenté à la veille du Troisième Forum mondial de l’eau (Kyoto, Japon, mars 2003), le Rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau a stigmatisé l’inertie des politiques face à cette crise montante. De tous les objectifs que les conférences internationales, les unes après les autres, se sont fixés pour améliorer la gestion de l’eau, « aucun n’a vraiment été atteint », rappelle le Rapport.
L’UNESCO, avec le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies, pilote les efforts de tout le système des Nations unies pendant cette Année internationale de l’eau douce. L’organisation a notamment illustré sa détermination à aider les pays en développement à mieux faire face au problème de l’eau en intégrant récemment l’Institut spécialisé de Delft (Pays- Bas), sous le nom d’Institut UNESCO-IHE d’éducation relative à l’eau. Reconnu depuis longtemps comme une institution scientifique de très haut niveau, cet institut va devenir un centre de formation de professionnels de l’eau, un lieu ressource pour les instituts de formation des pays en développement et en transition dans les domaines de l’eau, de l’environnement et des infrastructures ainsi qu’un réseau mondial d’échanges entre tous les partenaires, publics et privés, du secteur de l’eau dans les 190 États membres de l’organisation.
Informer, éduquer, former des professionnels, créer des compétences : c’est une question de survie.
Michel Barton
Photo de couverture © Ed Kashi/Rapho, Paris
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