Accueil - Services Média
UNESCOPRESSE
Communiqués de presse
Avis aux médias
A voir
Photobanque
Calendrier des événements
Relations presse

Porte-parole du DG
Flash Info
Courrier de l'UNESCO
Evénements culturels
Publications UNESCO
Services d' information
Documents UNESCO
Nations Unies
- Centre de nouvelles ONU
- Sites web du système

Version imprimable
Les médias peuvent utiliser et reproduire librement les materiaux publiés sous le nom UNESCOPRESSE

UNESCO
UNESCOPRESSE
7, Place de Fontenoy
75352 PARIS 07 SP, France

 

Contribuer au débat démocratique.  
23 nouvelles inscriptions sur le Registre Memoire du Monde des Collections Documentaires
Contact éditorial : Roni Amelan, Bureau de l’information du public, Section éditoriale, Tél. : +33 (0)1 45 68 16 50 - Email

01-09-2003 5:00 pm La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 et des documents relatifs à l’esclavage dans les Caraïbes font partie des 23 collections d’archives et de bibliothèques qui ont été sélectionnées pour inscription sur le Registre de la Mémoire du Monde au cours d’une réunion de trois jours du Comité consultatif international (CCI) du Programme de l’UNESCO Mémoire du Monde, qui s’est achevée samedi à Gdansk en Pologne.
Douze nouveaux pays rejoignent le Registre : Arabie saoudite, Barbade, Brésil, Chili, France, Kazakhstan, Luxembourg, Pays-Bas, Serbie et Monténégro, Tadjikistan, Thaïlande et Uruguay. Au total, il y a désormais 91 inscriptions sur le Registre de la Mémoire du Monde. Quarante-cinq pays ont maintenant des documents inscrits sur le Registre créé en 1997 pour conserver et promouvoir le patrimoine documentaire de valeur universelle.

Dans un message adressé aux participants de la réunion, le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, a fait part de sa détermination et de la volonté de l’Organisation d’« encourager et rassembler les efforts, à tous les niveaux, pour protéger livres, manuscrits, documents d’archives, matériels audiovisuels, e-patrimoine et traditions orales uniques et menacés grâce à l’utilisation des technologies actuelles qui permettent un meilleur accès et une diffusion plus grande ».

Le Programme Mémoire du Monde a été créé par l’UNESCO, il y a dix ans, pour conserver et promouvoir le patrimoine documentaire, dont une grande partie est menacée. Le Programme aide des réseaux de spécialistes à échanger des informations et à lever des fonds en faveur de la conservation, de la numérisation et de la diffusion documentaires. Les inscriptions sont décidées par le CCI qui regroupe 14 experts de renom nommés par le Directeur général de l’UNESCO.

Voici la liste complète des biens sélectionnés par le Comité consultatif international du Programme Mémoire du Monde de l’UNESCO :

Allemagne - Manuscrits enluminés de la période ottonienne réalisés au Monastère de Reichenau (Lac de Constance) pour l’empereur Otto III (983–1002) et pour son successeur Heinrich II (1002–1024). Cet ensemble - dispersé - de dix manuscrits qui ont survécu aux bouleversements de tout un millénaire, résume l’illustration des livres de la période ottonienne en Allemagne. Pendant cette période, l’illustration allemande s’est hissée pour la première fois au premier rang en Europe. Elle reflète la spiritualité de son temps et a été inspirée par les peintures de la fin de l’Antiquité, de la période carolingienne et de Byzance. Les enluminures des manuscrits de Reichenau comportent des miniatures de la vie du Christ qui ont influencé l’art des siècles suivants. De plus, les portraits des empereurs qui étaient intégrés dans les manuscrits liturgiques, ont été reconnus comme des œuvres d’art et des sources historiques de premier plan. Ils montrent le chef comme un protecteur de l’Eglise installé par Dieu lui-même. Les manuscrits sont conservés dans les fonds publics des bibliothèques de Munich, de Bamberg, de Darmstadt, Trier et Paris, ainsi que dans le trésor de la cathédrale d’Aix-la-Chapelle et dans le Musée d’archéologie du Frioul en Italie.

Arabie saoudite – Premières inscriptions (coufiques) musulmanes. Ces inscriptions très bien préservées se trouvent sur un bloc de grès rouge situé au sud de Qa’a al Muatadil, au nord-ouest de l’Arabie saoudite, sur une ancienne route commerciale et de pèlerinage reliant la ville des débuts de l’Islam, al-Mabiyat, à Madain Saleh. Il s’agit à ce jour de la plus ancienne inscription musulmane connue. Elle mentionne la date de la mort du second Calife de l’Islam, Omar bin al-Khattab et poursuit : « Au nom de Dieu, Moi Zuhair écrit la date de la mort d’Omar l’an quatre et vingt (Hégire) ». Le Calife Omar bin al-Khattab est mort la dernière nuit du mois de Dul-Hajj de l’an 23 de l’Hégire et a été enterré le jour suivant, premier jour du Muharram 24 (correspondant à 644 après J.C.)

Autriche – L’Atlas Joan Blaeu de Van der Hem de la Bibliothèque nationale autrichienne. Cette œuvre du XVIIe siècle a été décrite comme « le plus beau et le plus remarquable atlas jamais composé ». Réalisés de façon luxueuse par Laurens Van der Hem (1621–1678), un juriste d’Amsterdam, les 50 tomes de l’Atlas contiennent plus de 2 400 cartes, gravures, dessins, gravures architecturales et portraits, la plupart peints par des artistes renommés, ainsi qu’un ensemble de quatre volumes créés à l’origine pour la Compagnie hollandaise des Indes orientales. C’est une inestimable source d’information sur tout ce qui était connu au XVIIe siècle dans les domaines de la géographie et de la topographie, mais aussi de l’archéologie, de l’architecture, de la sculpture, de l’ethnographie, du folklore, de l’héraldique, de la technologie, de la navigation, des fortifications et de l’art de la guerre.

Barbade – Patrimoine documentaire des personnes des Caraïbes réduites en esclavage, un ensemble unique de documents conservés par le Musée et la Société historique de la Barbade, parmi lesquels des documents juridiques, des livres de comptes de plantations, des inventaires de propriétés et de cargaisons, des livres rares, des gravures originales et des tableaux, en rapport avec la vie des esclaves des Caraïbes aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. La collection est une source inestimable pour les universitaires étudiant l’histoire de la Barbade, décrite comme un modèle des économies de plantations aux Caraïbes et en Amérique du Nord. De tels documents ont une valeur toute particulière en raison de la perte de l’histoire familiale et de l’absence de « mémoire ancestrale » pour la majorité des populations caraïbes, africaines et afro-américaines, dont les ancêtres contrôlaient peu leur destinée ou leur destination. L’accès à ces documents peut aider à une meilleure compréhension de l’évolution politique et sociale des communautés des plantations du Nouveau Monde et de son impact sur les schémas sociaux modernes. Son étude pourrait aider à recouvrer le patrimoine de millions de personnes.

Brésil – La Collection de l’Empereur : Photographies étrangères et brésiliennes du Brésil du XIXe siècle. Il s’agit d’une collection unique, dont le nom vient de l’impératrice Teresa Cristina Maria, de 21 472 photographies, réunies au sein de la Bibliothèque nationale du Brésil par l’empereur Pedro II en 1891. Plus grande collection de photographies d’Amérique latine, elle offre un portrait fidèle du XIXe siècle, reflétant les habitudes, les mouvements intellectuels et industriels de l’époque. Elle comprend des œuvres des premiers photographes du monde et appartient au fonds de la Bibliothèque nationale du Brésil. La collection fait partie de l’histoire du peuple brésilien et reflète l’évolution de sa condition tout au long du XIXe siècle. Mais elle couvre aussi l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Nord et témoigne de nombreux domaines de l’activité humaine comme l’agriculture, l’archéologie, l’architecture et l’urbanisme, les arts vivants, les arts plastiques, l’astronomie, la biologie, la botanique, l’éducation, l’ingénierie, la guerre, l’immigration, la médecine et la santé publique, et l’ethnographie. La collection est constituée à la fois des négatifs et des positifs d’une grande variété de techniques et formats. Bien que la plupart des photos soient argentées sur gélatine, certaines sont colorées au soufre et/ou au sélénium (sépia), cuivre (rouge) et fer (bleu/vert).

Chili – Archives des Droits de l’Homme du Chili. Provenant de plusieurs collections, parmi lesquelles celles des organisations de droits de l’homme opérant pendant la dictature militaire (de 1973 à 1989), les archives réunissent notamment : des coupures de presse sur les atteintes aux droits de l’homme de 1974 à 1990 (arrestations, exécutions politiques, bannissements, torture et disparitions) ; des documents audiovisuels, un important registre photo de près de 1 000 personnes qui ont disparu pendant la dictature, des cassettes et des films vidéos qui racontent l’histoire des disparus ; les archives audiovisuelles de Teleanalísis (1984–1990) qui comprennent des reportages vidéos sur la défense des droits de l’homme de 1984 à 1990 ; et des documents sur la participation des organisations de défense des droits de l’homme à la vie sociale, politique et judiciaire du pays ; les documents numérisés rassemblés par la Commission Vérité et Réconciliation, les 3 877 cas de violation des droits de l’homme sur lesquels elle a enquêté, et les archives judiciaires des nombreux procès, appels et autres actions en justice concernant les disparus. L’objectif de l’inscription est d’empêcher que se poursuive la détérioration de la mémoire historique des violations des droits de l’homme et de la défense des droits de l’homme pendant la dictature militaire, mémoire figurant dans diverses archives des institutions nationales.

Chili – Jésuites d’Amérique. Le patrimoine culturel documentaire du Fonds des Jésuites d’Amérique, conservé par les Archives Nationales du Chili, contient des documents produits par les Jésuites ainsi que des inventaires de leurs vastes biens. Il comprend des livres de compte, des ordres royaux, des correspondances, des rapports et des informations abondantes sur leurs activités religieuses, éducatives et économiques. Le Fonds est indispensable pour l’étude de la continuité, dans l’Amérique hispanophone, du travail de la Compagnie de Jésus et du vaste réseau d’écoles et de missions qui ont éduqué tant l’élite que les populations indigènes qu’ils ont évangélisées. L’information contenue sur plus de 128 000 pages est intrinsèquement associée à l’histoire du Nouveau Monde et du grand empire espagnol des XVIIe, XVIIIe et début du XIXe siècles. Les documents sont divisés en sept parties correspondant chacune à un pays : Argentine, Bolivie, Chili, Colombie, Equateur, Mexique et Pérou. Dans une huitième section, plusieurs autres pays sont présents avec moins d’informations : Antilles, Espagne, Philippines, Panama et Venezuela. Ce Fonds documentaire est un témoignage unique de ce réseau serré d’influence et des interactions entre l’ancien et le Nouveau Monde.

Chine – Les anciens manuscrits de littérature Dongba des Naxi. Les 1 000 volumes de littérature Dongba conservés à l’Institut culturel Dongba de Lijiang (Chine) couvrent un vaste éventail de contenus et de sujets parmi lesquels la formation des cieux et du monde, la genèse de toutes choses et de l’espèce humaine, et la formation des groupes ethniques. Ils s’étendent de la période de l’« Age de Dieu » à celle de l’« Age de l’être humain » (de l’an 30 environ à la dynastie Tang). Il est rare de trouver des documents couvrant une aussi longue histoire et écrits en caractères primitifs. Il reste quelques maîtres capables de lire ces textes, écrits dans une écriture pictographique de plus de 2 000 caractères, plus primitive en termes de transcription phonétique et de calligraphie que les inscriptions sur les os ou les carapaces de tortue de la dynastie chinoise Chang. Il s’agit d’ailleurs de la dernière écriture de ce type encore vivante. Ces documents couvrent la politique, la philosophie, l’économie, les affaires militaires, la culture, l’astronomie, l’élevage, etc. Le peuple Naxi descend de l’antique tribu Qiang du Nord-Ouest de la Chine. Trois cent mille Naxis vivent aujourd’hui aux confins de la province du Yunnan, de la province du Sichuan et de la région autonome du Tibet.

France - La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789-1791. Conservé au Centre des Archives historiques nationales à Paris, ce texte a une portée universelle et constitue une référence pour les droits de l’homme. Il est constitué, en fait, de plusieurs documents liés à la proclamation et à l’entrée en vigueur de la Déclaration. Ces documents – comprenant la première version imprimée de la déclaration, conservée à la Bibliothèque nationale de France – doivent être mis en relation les uns avec les autres ; l’importance symbolique et politique de la Déclaration et son contexte historique ne peuvent être appréciés que si les documents sont considérés comme un tout. En comparant toutes les versions existantes, on s’aperçoit qu’il y a six versions différentes, du début des débats à la promulgation de la Constitution française de 1791 et non, comme les historiens et la mémoire collective le laissent entendre, un seul texte. Quoi qu’il en soit, deux versions seulement remplissent les critères de validité juridique ; toutes deux ont été adoptées par l’Assemblée nationale, ont reçu l’approbation royale, ont été promulguées par lettres patentes ou lois et, en fin de compte, ont été officiellement publiées. La version incluse dans le Registre est la première, c’est-à-dire la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen du 3 novembre 1789 avec une note signée et une lettre patente du roi Louis XVI approuvant le texte de la déclaration et divers décrets adoptés par l’Assemblée nationale entre août et novembre de cette année-là.

Kazakhstan – Collection de manuscrits de Khoja Ahmed Yasawi à la Bibliothèque nationale de la République du Kazakhstan. La collection de trois manuscrits en langue turque médiévale (chagatai) datant du XVIIe siècle préserve le patrimoine de Khoja Ahmed Yasawi et de ses successeurs qui ont eu une grande influence sur le développement de la culture spirituelle des Turcs anciens et ont assuré le développement et la promotion de la langue et de la littérature turques. L’œuvre créatrice du maître soufi du XIIe siècle Yasawi et de ses successeurs a aussi participé à l’essor de l’islam dans le monde turc. Ces manuscrits très fragiles, œuvres d’un homme considéré comme l’un des pères de la littérature turque et de ses successeurs, étaient inaccessibles jusqu’à la fin de l’ère soviétique.

Luxembourg – Family of Man. L’exposition photographique installée par le photographe Edward J. Steichen en 1955 pour le Musée d’Art moderne de New York (MoMA) a été donnée par le gouvernement des Etats-Unis au Grand-Duché du Luxembourg. Elle est conservée au Musée de Clervaux. L’exposition est constituée de 503 photographies prises par 273 photographes, tant professionnels qu’amateurs, célèbres ou inconnus, originaires de 68 pays. Elle a été décrite comme la « plus grande entreprise photographique jamais réalisée ». Cette réalisation gigantesque, avec ses dimensions culturelles et artistiques uniques, a eu une influence considérable sur les organisateurs d’autres expositions, a attisé l’intérêt du public pour la photographie et a prouvé de façon exceptionnelle sa capacité à communiquer un message humaniste à la fois courageux et provocateur. L’exposition Family of Man est devenue une légende dans l’histoire de la photographie. Elle est allée bien plus loin que la représentation traditionnelle de ce que devrait être une exposition et peut être considérée comme la mémoire d’une époque entière, celle de la Guerre froide et du Maccarthysme.

Mexique – Los Olvidados. Le négatif original en nitrate de cellulose du film de 1950 Los Olvidados du réalisateur espagnol Luis Buñuel, qui a longtemps travaillé au Mexique, a été perdu pendant 20 ans et est maintenant conservé à Mexico, dans les coffres de la Filmoteca de l’Université autonome nationale du Mexique (UNAM) où il a été déposé par son propriétaire actuel, Televisa S.A. Le film est un portrait intemporel d’enfants des bidonvilles. L’âge d’or du cinéma mexicain a influencé les mouvements cinématographiques de l’Ecole réaliste tels que le Nouveau Cinéma latino-américain, la Nouvelle Vague française, le réalisateur indien Satyajit Ray, des réalisateurs italiens comme Pier Paolo Pasolini, Paolo et Vittorio Taviani, et aussi Carlos Saura en Espagne. Le film, qui a permis à Buñuel de remporter le prix de la mise en scène au Festival de Cannes de 1951, a été hautement controversé quand il a été tourné car il montrait des enfants de la rue conduits au crime à cause de l’échec de la société à leur offrir une alternative. A sa sortie au Mexique, les projections durent être interrompues à cause des protestations mais après le Prix cannois, le film ressortit avec succès et gagna 11 prix de l’Académie mexicaine des Arts et des Sciences. Craignant que le film ne sorte pas en raison de son pessimisme, Buñuel tourna une autre fin plus optimiste pour Los Olvidados, fin qui est également conservée à la Filmoteca. Le négatif original est en mauvais état et nécessite une restauration afin d’être conservé pour les générations futures.

Pays-Bas : Archives de la Compagnie hollandaise des Indes orientales. Fondée en 1602, la Compagnie hollandaise des Indes orientales a été la plus grande des sociétés de commerce européennes opérant en Asie au début de l’époque moderne. Elle avait reçu l’autorisation du gouvernement hollandais de commercer entre l’Afrique du Sud et le Japon, de construire des fortifications, de nommer des gouverneurs, d’entretenir une armée et de conclure des traités en son nom. Statistiquement, elle éclipsa tous ses rivaux du commerce asiatique. Entre 1602 et 1796, la Compagnie envoya près d’un million d’Européens travailler sur le marché asiatique dans 4 785 bateaux, et convoya à la suite de cela plus de 2,5 millions de tonnes de marchandises asiatiques. Elle transporta aussi des cargaisons de documents. La plupart des papiers trouvés dans les archives de la Compagnie des Indes orientales furent produits par des cadres locaux de la compagnie, mais nombre d’entre eux ont été produits par des gens qui étaient en relation avec ces derniers : rois et aristocrates, commerçants et intermédiaires, armateurs et chefs de port. Les 25 millions de pages d’archives qui restent concernent des événements politiques, économiques, culturels, religieux et sociaux sur une large période. Ils sont conservés aux Pays-Bas, à La Haye, et dans les anciens centres administratifs de la Compagnie à Djakarta (anciennement Batavia), Colombo (Sri Lanka), Chennai (Inde) et Le Cap (Afrique du Sud). Ces archives exceptionnelles incluent des inscriptions sur pierre, des manuscrits sur des feuilles de palmier et de l’écorce, et des chroniques imprimées de tribunaux, des courriers commerciaux, des rapports de voyage, et des archives d’administrations civiles. S’étirant sur plus de 4 kilomètres de rayonnage, les archives de la Compagnie contiennent des données concernant l’histoire de centaines d’anciennes régions politiques et commerciales d’Asie et d’Afrique au XVIIe et au XVIIIe siècle. La collection a aussi une importance scientifique et les météorologues, par exemple, utilisent les milliers de rapports météos dans leurs recherches sur le phénomène El Niño. Ces archives comportent des milliers de cartes et de dessins dont un grand nombre sont les premières représentations jamais réalisées d’habitants, de maisons, de paysages, de flore ou de faune de ces régions.

Pays-Bas – Bibliothèque Ets Haim – Livraria Montezinos. Ce musée et bibliothèque spécialisée fait partie de l’Institut spécialisé d’enseignement et de recherche du Séminaire luso-juif Ets Haim (Arbre de vie). Les collections de la bibliothèque contiennent 30 000 ouvrages imprimés (de 1484 à nos jours) et 500 manuscrits (de 1282 au XXe siècle) concernant principalement les sciences humaines : tous les aspects des études et de l’histoire culturelle juives, mais aussi les sciences et les connaissances humaines. Soixante-cinq pour cent du contenu est en hébreu, le reste est en latin, en araméen, en grec, en néerlandais, en espagnol, en portugais, en français, en allemand, en anglais, en yiddish et dans d’autres langues. Les collections sont conservées dans la synagogue portugaise d’Amsterdam qui a été construite en 1675. Elles reflètent l’étendue de la culture juive séfarade, qui, en Espagne d’où elle est originaire, était caractérisée par son ouverture à son environnement d’abord islamique puis chrétien. En s’intégrant sans s’assimiler, les Juifs espagnols ont souvent été des médiateurs faisant connaître à l’Europe chrétienne les connaissances scientifiques du monde musulman. Dans cet esprit, le programme d’Ets Haim insistait sur une éducation juive solide combinée à une bonne connaissance de la littérature, de la philosophie, de la rhétorique et des sciences. L’institut formait ses étudiants pour qu’ils deviennent des dirigeants dans les différentes communautés séfarades en Europe, en Amérique, notamment dans les Caraïbes et à New York, et en Afrique du Nord. Avec un programme éducatif qui combinait une forte identité juive et une connaissance solide de l’environnement non-juif, Ets Haim a apporté une importante contribution à une société où plusieurs religions coexistaient pacifiquement. Des partitions musicales du XVIIe au XX siècle sont également conservées, parmi lesquelles figurent de nombreuses compositions vocales et instrumentales produites spécialement pour la synagogue portugaise d’Amsterdam.

Philippines – Archives sonores de la révolution philippine. La collection de 44 cassettes audio (61 heures et 33 minutes) et d’un mini-disc de 25 minutes, contient les émissions diffusées par des stations de radio privées, appartenant à l’Eglise et publiques pendant les quatre jours de 1986 où la dictature de Ferdinand Marcos a été renversée par un soulèvement populaire spontané et non violent. L’enregistrement radio brut de ces journées constitue une chronique sans fioriture d’un pays et de son peuple lors d’un moment crucial de son histoire. Les enregistrements racontent en détail les événements tels qu’ils ont été vécus dans les radios qui étaient devenues le principal moyen de communication reliant les rebelles militaires, les acteurs civils majeurs et les foules qui veillaient aux endroits stratégiques. Comme les enregistrements ne sont pas montés et sont spontanés, ils constituent une source inestimable pour toute recherche originale.

Pologne – La Confédération de Varsovie. Le parchemin raconte la Confédération de Varsovie qui, le 28 janvier 1573, a accordé la tolérance religieuse aux nobles polonais au sein d’un pacte consensuel destiné à maintenir l’ordre social et à préserver l’union entre la Pologne et la Lituanie. Ce document est unique car il témoigne d’un compromis démocratique entre parties égales (les catholiques et les représentants des luthériens, des calvinistes, des orthodoxes, des arméniens et des musulmans), et qu’il n’est pas un édit promulgué par un roi. La tolérance religieuse était particulièrement importante pour un pays qui était habité par des groupes ethniques différents. La Confédération a créé une base juridique pour un nouveau système politique et, en même temps, a assuré l’unité de l’Etat. Ce document peut être considéré comme une proto-constitution qui garantissait aux aristocrates liberté religieuse et libertés civiles telles que nous les connaissons. Plus de 200 sceaux sont apposés sur le parchemin, autant de témoignages d’engagement personnel des nobles envers la Confédération. Ils font partie du document enregistré.

Pologne – Les 21 revendications, Gdansk, août 1980. La naissance du syndicat Solidarnosc – un mouvement social général. Les 21 revendications sont les demandes faites par le Comité de grève en août 1980 à Gdansk, qui ont conduit à la création de Solidarnosc, le premier syndicat libre à l’intérieur du bloc communiste. Ces revendications politiques ont constitué une épisode clé de l’histoire du bloc communiste en cela qu’elles contenaient des demandes pour la création de syndicats libres, l’abolition de la censure et la libération des prisonniers politiques. L’acceptation par le Parti communiste de ces demandes a constitué une avancée remarquable, ouvrant la voie aux premières élections démocratiques dans le bloc communiste qui ont eu lieu en 1989. Les 21 revendications sont à la base d’un mouvement qui a par la suite provoqué d’autres événements dans d’autres pays de l’Est les aidant dans leur quête d’une transition pacifique vers la démocratie. C’est pourquoi les 21 revendications d’août 1980 sont un document de première importance : elles sont le témoignage d’un tournant historique de l’histoire qui n’a pas changé que la Pologne, l’Europe et le monde d’alors, mais aussi leur avenir. Des panneaux de bois portant les 21 revendications sont entreposés au Musée maritime polonais de Gdansk. Le fonds comprend également une collection de documents sur la naissance du mouvement Solidarnosc, conservés au Centre Karta à Varsovie. Cette collection rassemble des textes, des brochures, des bulletins, des affiches, des publications, etc., produits par Solidarnosc entre août 1980 et décembre 1981. Y figurent aussi des statuts et des manifestes (1981–1987) et des documents relatifs aux diverses actions de grève de soutien à Solidarnosc, ainsi que 2 000 heures d’enregistrements sonores des séances de création du mouvement.

Serbie et Monténégro – Archives Nikola Tesla. Elles constituent une collection unique de manuscrits, photographies, documentations scientifiques et brevets, indispensable à l’étude de l’histoire de l’électrification. Nikola Tesla (1856–1943), serbe de naissance, inventeur et scientifique américain, pionnier de l’électrification, a influencé de façon significative le développement technologique avec ses inventions du système polyphasé. Ce système est la clé de voûte de la production moderne électro-énergétique, de la transmission et de l’utilisation des courants électriques, ainsi que des communications. En plus de l’invention du moteur à courant alternatif, il a inventé la bobine Tesla – un transformateur à haute fréquence, qui est un élément essentiel des appareils haute fréquence actuels. Nikola Tesla a aussi été l’un des premiers à s’intéresser aux autres possibilités des courants, comme la possibilité du chauffage par induction, la production d’ozone, et les effets sur l’organisme humain. La technique de production de plasma qu’il a inventée a révolutionné ce secteur, qui est récemment devenu important à cause de la production des microprocesseurs informatiques. Ses inventions ont été fondamentales pour le développement de nombreuses technologies actuelles dans le domaine de la radio, des radars, de la télévision, des moteurs de toutes sortes et des ordinateurs. On lui doit également d’avoir prédit dès 1900 le problème de l’énergie qui émerge aujourd’hui. Les archives, à Belgrade, comprennent une collection de 160 000 pages de brevets, courriers scientifiques, articles scientifiques, manuscrits, dessins techniques, mesures scientifiques, documents personnels et papiers juridiques, ainsi que plus de 1 000 photographies originales des expériences et des inventions de Tesla. Cet ensemble a été apporté à Belgrade à la mort du scientifique à New York en 1943. Il comprend le plus grand rassemblement des inventions de Tesla et constitue une source essentielle d’information pour les chercheurs et les historiens des sciences.

Tadjikistan – Manuscrit du XIVe siècle. Ce manuscrit rare est un exemple exceptionnel de la littérature classique tadjiko-persane, considérée comme une réalisation brillante du patrimoine culturel mondial. Alors que les Européens de l’Ouest n’ont connu cette littérature qu’au XVIe siècle, elle a été appréciée dès le départ par les Indiens, Arabes, Arméniens, Géorgiens et Turcs. Le manuscrit contient les œuvres complètes (« Kulliyat ») du célèbre écrivain tadjiko-persan Ubayd Zakoni et les « Gazalliyt » du célèbre poète Hafiz Sherozi. Ce manuscrit d’Ubayd Zakoni et de Hafiz Sherozi est unique en son genre. Il a été transcrit seulement 35 ans après la mort d’Ubayd Zakoni et neuf ans après celle de Hafiz Sherozi. Le manuscrit est conçu de façon spéciale puisque les poèmes de Hafiz entourent le texte d’Ubayd Zakoni. Le manuscrit est conservé à l’Institut du Patrimoine écrit de l’Académie des sciences de la République du Tadjikistan à Douchanbe, et nécessite une sérieuse restauration. Il est le témoignage du développement spirituel et artistique du peuple tadjik d’Asie centrale, né de la rencontre de différentes cultures.

Tanzanie : Collection de manuscrits et de livres arabes. La collection de plus de 800 livres et manuscrits conservés par les Archives nationales est inestimable pour l’étude du patrimoine social et culturel de Zanzibar et de la région de l’Afrique de l’Est. Certains documents datent de plus de 300 ans, fournissant des données sur de nombreux sujets, et offrent un grand intérêt pour l’étude des divers aspects de l’Islam, de la littérature et de la rhétorique arabes, de l’histoire des idées à Zanzibar et en Afrique de l’Est. En même temps que leur contenu culturel, les manuscrits offrent un haut niveau artistique avec une calligraphie et des ornementations de très grande qualité. Ils sont conservés aux Archives nationales de Zanzibar, les plus anciennes et les plus riches archives de l’Afrique de l’Est, qui témoignent de l’importance administrative et commerciale de Zanzibar. La collection témoigne aussi du rôle de Zanzibar comme siège de l’enseignement et comme centre de la culture swahili dont la langue et l’islam ont été diffusés à une vaste région. La collection inclut des œuvres religieuses et laïques ainsi que des correspondances : manuscrits de la charia islamique et théologie, langue et grammaire arabes, livres de médecine incluant des travaux de médecine locale et de magie, astronomie, navigation, soufisme, esclavage, divination, journaux, poèmes, mémoires, magazines arabes et bien plus encore.

Thaïlande – L’inscription du Roi Ram Khamhaeng. L’inscription du roi Ram Khamhaeng (RK) de 1292 est une colonne de pierre de 114,5 centimètres de long avec quatre côtés comportant des inscriptions en langue thaï et écriture sukhotai. Elle est conservée au Musée national de Bangkok. Plus ancienne inscription connue en langue thaï, la RK a été découverte par le prince Mongkut du Siam, qui devint plus tard le roi Chomklao ou Rama IV, en 1833 dans la vieille ville de Sukhotai lors d’une visite qu’il effectuait alors qu’il était moine bouddhiste. Elle peut être divisée en trois parties : la première décrit l’histoire personnelle et les exploits du roi Ram Khamhaeng de sa naissance à son accession au trône, en utilisant le pronom « Je » ; la deuxième partie décrit les aspects physiques, politiques et sociaux de la ville de Shukotai en détail ; la troisième glorifie le roi comme inventeur de l’écriture thaï et chef d’un grand royaume. L’absence du pronom de la première personne dans les deux autres parties peut permettre de penser qu’elles ont peut-être été composées par les successeurs du roi. La valeur de l’inscription en tant que document historique s’est révélée pleinement quand elle a été utilisée, avec succès pour soutenir la proposition de la Thaïlande d’inscrire la ville historique de Sukhotai et des villes historiques associées sur la Liste du patrimoine mondial en 1991.

Turquie – Les œuvres d’Ibn Sina à la Bibliothèque Süleymaniye de manuscrits. Abu Ali al-Hussain Ibn Abdallah Ibn al-Hassan Ibn al-Ali Ibn Sina (980–1038), aussi connu sous son nom latin Avicenne, a été décrit comme possédant l’esprit de Goethe et le génie de Léonard de Vinci. Ibn Sina n’était pas seulement un grand médecin et scientifique mais aussi un philosophe. Ses contributions ont porté sur la psychologie, la géologie, les mathématiques, la chimie, l’astronomie et la logique. La collection de la Bibliothèque Süleymaniye est une collection complète de toutes les copies manuscrites, certaines datant du Xe siècle, des œuvres d’Ibn Sina qui nous sont parvenues. Tous ces manuscrits sont uniques et certains sont même encore plus précieux en raison de leurs styles calligraphiques, enluminures, miniatures, illustrations et reliures. La collection de manuscrits est très largement utilisée par les universitaires turcs et étrangers. Elle rassemble près de 600 œuvres d’Ibn Sina, certains étant des essais courts, sur la philosophie, la logique, la philosophie religieuse, le mysticisme, la linguistique, la littérature, les mathématiques, la physique, la chimie, la médecine, la politique, la géographie et l’astronomie. L’encyclopédie médicale « Al Qanun fi’l Tibb » (Les canons de la médecine) a été traduite en latin et dans d’autres langues occidentales et a été enseignée entre 1400 et 1600 comme texte médical majeur dans les différentes écoles médicales d’Europe.

Uruguay – Disques originaux de Carlos Gardel – Collection Horacio Loriente (1913–1935). Cette collection de 800 disques originaux avec leurs pochettes originales en papier de Carlos Gardel est la plus complète d’Uruguay. Elle conserve la carrière complète du « zorzal criollo » (rossignol créole) argentin né français. Les disques produits à Buenos Aires, Paris et New York, incluent les 29 genres musicaux et les différents styles qui constituaient le répertoire de Gardel, préservant la voix unique et le talent artistique du chanteur et acteur de cinéma qu’il fut. Le tango, dont Carlos Gardel est un maître, s’est développé au même moment, de la même façon, dans les deux ports principaux du Rio de la Plata : Buenos Aires et Montevideo. Gardel a fait connaître le tango au monde entier. A la suite de son succès en Europe et aux Etats-Unis, des académies de tango ont ouvert à Paris, Buenos Aires et Montevideo de son vivant. De nos jours, on en trouve partout dans le monde : à travers le continent américain, dans presque toutes les villes européennes, au Japon et à Hawaï. Aujourd’hui, 60 ans après sa mort et 90 ans après ses premiers enregistrements, Gardel a toujours de nombreux admirateurs, et 34 247 sites internet (selon un seul moteur de recherche) lui sont consacrés.

Pour plus d’information sur Mémoire du Monde consulter :
http://portal.unesco.org/ci/






Source Press Release No 2003 - 53
Auteur(s) UNESCOPRESS


 ID: 14264 | guest (Lire) Mise à jour: 08-09-2003 9:22 am | © 2003 - UNESCO - Contact