Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
Brèves descriptions des 24 nouveaux sites de la Liste du patrimoine mondial

Vingt-quatre nouveaux sites ont été inscrits aujourd’hui sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, dont, pour la première fois, des sites de Gambie, Kazakhstan, Mongolie, et Soudan. Ces inscriptions ont été décidées par le Comité du patrimoine mondial, réuni depuis le 30 juin au siège de l’Organisation dans le cadre de sa 27e session, sous la présidence de Vera Lacoeuilhe (Sainte-Lucie). La liste du patrimoine mondial compte désormais 754 sites de “valeur universelle exceptionnelle”, dont 582 culturels, 149 naturels et 23 mixtes.



Les nouveaux sites naturels sont :

Parc national de Purnululu, Australie

Ce site de 239 723 hectares, situé dans l’Etat d’Australie occidentale, contient le massif très découpé des Bungle Bungle, composé de grès quartzique du Dévonien érodé pendant 20 millions d’années. Il en reste un ensemble de tourelles et de cônes en forme de ruches aux flancs raides, dont la surface est striée de bandes horizontales de croûte gris foncé de cyanobactéries (organismes photosynthétiques unicellulaires). Ces exceptionnels karst à cônes de grès doivent leur existence à l’interaction de plusieurs phénomènes géologiques, biologiques, climatiques et d’érosion.

Aires protégées des trois fleuves parallèles au Yunnan, Chine
Elles se composent de sept groupes d’aires protégées contenues dans le Parc national des trois fleuves parallèles, dans le nord-ouest montagneux de la province du Yunnan. Ce site de 1,7 million d’hectares comprend des secteurs du cours supérieur de trois des grands fleuves d’Asie : le Yangtze, le Mékong et le Salween, qui coulent à travers des gorges pouvant atteindre 3 000 mètres de profondeur et sont bordés de pics glacés qui dépassent 6 000 mètres. Le site, épicentre exceptionnel de la biodiversité en Chine, pourrait être la région tempérée la plus riche en diversité biologique du monde.

Bassin d’Ubs Nuur, Fédération de Russie/Mongolie
Ce bassin fermé (1 068 853 hectares), le plus septentrional d’Asie centrale, tire son nom de l’Ubs Nuur, un grand lac peu profond et très salé, qui joue un rôle important pour les oiseaux migrateurs, les oiseaux d’eau et les oiseaux marins. Le site, divisé en 12 parties, comprend les principaux biomes de l’Eurasie orientale. L’écosystème steppique entretient une riche diversité d’oiseaux et les déserts un certain nombre de gerbilles, gerboises et putois marbrés rares. Les montagnes sont d’importants refuges pour le léopard des neiges (menacé), l’argali et le bouquetin d’Asie.

Monte San Giorgio, Suisse
Cette montagne boisée de forme pyramidale (1 096 mètres) se trouve au sud du lac de Lugano, dans le Canton du Tessin. Le site, d’une superficie de 849 hectares, est le témoin le mieux connu de la vie marine au Trias (il y a 245-230 millions d’années). L’étendue actuelle des découvertes s’élève à plus de 10 000 spécimens de fossiles représentant de nombreuses espèces. Parmi les squelettes complets, dont certains mesurent plus de six mètres de long, on note des ichthyosaures, des nothosaures, des placodontes et le remarquable saurien « à cou de girafe », Tanystropheus.

Parc national de Phong Nha-Ke Bang, Viet Nam
Ce paysage de plateaux karstiques et de forêt, vaste et impressionnant, s’étend jusqu’à la frontière de la République démocratique populaire lao. Il est très divers du point de vue géologique et offre des phénomènes spectaculaires, dont de nombreuses grottes et rivières souterraines s’étendant sur plus de 65 km. La réserve est en grande partie recouverte d’une forêt tropicale présentant un haut niveau de biodiversité et de nombreuses espèces endémiques. Des recensements préliminaires de la faune ont notamment permis d’identifier 461 espèces de vertébrés.

Les nouveaux sites culturels sont :
Le paysage culturel et les vestiges archéologiques de la vallée de Bamiyan, Afghanistan

Ce site illustre les développements artistiques et religieux qui, du Ier au XIIIe siècle, ont caractérisé l'ancienne Bactriane, intégrant diverses influences culturelles pour former l'école d'art bouddhique du Gandhara. Il contient plusieurs ensembles monastiques et sanctuaires bouddhistes, ainsi que des édifices fortifiés de la période islamique. Il témoigne également de la tragique destruction des deux Bouddha debout par les Talibans, qui a ébranlé le monde en mars 2001.

Le paysage culturel de Mapungubwe, Afrique du Sud
Adossé à la frontière nord de l’Afrique du Sud avec le Zimbabwe et le Botswana, le site est un vaste paysage de savane situé au confluent du Limpopo et de la Shashe. Mapungubwe est devenu le plus grand royaume du sous-continent avant son déclin au XIVe siècle. Ce qui survit, ce sont les vestiges quasiment intacts des sites des palais, de même que toute la zone de peuplement en dépendant, ainsi que deux capitales antérieures. L’ensemble offre un panorama inégalé du développement de structures sociales et politiques sur quelque 400 ans.


Quebrada de Humahuaca, Argentine
Le bien suit la ligne d’un itinéraire culturel majeur, le long de la spectaculaire vallée du Rio Grande, depuis sa source dans les hauts plateaux désertiques et froids des Hautes Andes à sa confluence avec le Rio Leone, quelque 150 km plus au sud. La vallée offre des preuves importantes de son utilisation comme voie commerciale majeure depuis 10 000 ans. Elle présente notamment des traces des chasseurs-cueilleurs préhistoriques, de l’empire inca (XVe-XVIe sièles) et des combats républicains pour l’indépendance (XIXe-XXe siècles).

Quartier historique de la ville portuaire de Valparaiso, Chili
La ville coloniale de Valparaíso offre un exemple intéressant de développement urbain et architectural de la fin du XIXe siècle en Amérique latine. Dans son cadre naturel en forme d’amphithéâtre, la ville se caractérise par un tissu urbain vernaculaire adapté aux collines, en opposition au dessin géométrique employé en plaine, où se détache une grande diversité de clochers d’églises. La ville a préservé d’intéressantes infrastructures du début de l’ère industrielle, comme les nombreux funiculaires à flanc de colline.

Ensembles Monumentaux Renaissance deUbeda et Baeza, Espagne
Les deux petites villes d’Ubeda et Baeza, dans le sud de l’Espagne, ont acquis leur forme urbaine à la période mauresque, au IXe siècle, et après la Reconquista au XIIIe siècle. Le XVIe siècle a été le témoin d’importants changements, les villes faisant l’objet de travaux de rénovation inspirés par les débuts de la Renaissance. Ces initiatives urbanistiques s’inscrivaient dans le cadre de l’introduction en Espagne des idées humanistes venues d’Italie; elles ont également exercé une influence importante sur l’architecture d’Amérique latine.

Citadelle, vieille ville et forteresse de Derbent, Fédération de Russie
Elles faisaient partie du limes nord de l’empire perse sassanide, qui s’étendait à l’est et à l’ouest de la mer Caspienne. Les fortifications en pierre se composaient de deux murailles parallèles formant une barrière du front de mer jusqu’à la montagne. La ville de Derbent s’élevait entre ces deux murailles et elle a en partie conservé son tissu médiéval. Le site a gardé une grande importance stratégique jusqu’au XIXe siècle.

Ile James et sites associés, Gambie
L’île James et les sites associés témoignent des principales époques et facettes de la rencontre entre l’Afrique et l’Europe le long du fleuve Gambie, un continuum qui s’étend de la période pré-coloniale et pré-esclavagiste à l’indépendance. Ce site est d’une importance toute particulière pour son association avec les débuts et l’abolition du commerce d’esclaves, mais aussi en tant que témoignage des fonctions de la première voie d’accès aux terres intérieures d’Afrique.

Abris sous-roche du Bhimbetka, Inde
Les abris sous-roche du Bhimbetka se trouvent au pied des monts Vindhyan, au sud du plateau de l’Inde centrale. Cinq groupes d’abris sous-roche naturels sont situés au sein d’énormes affleurements de grès, au-dessus d’une forêt assez dense. Ils présentent des peintures qui semblent commencer au mésolithique pour se poursuivre jusqu’à la période historique. Dans les vingt-et-un villages qui entourent le site vivent des populations dont les traditions culturelles rappellent celles qu’évoquent les peintures rupestres.

Takht-e Sulaiman, Iran
Le site archéologique de Takht-e Sulaiman, dans le nord-ouest de l’Iran, est situé dans une vallée, au milieu d’une région de montagnes volcaniques. Il comprend le principal sanctuaire zoroastrien, en partie reconstruit sous la période des Ilkhans (Mongols), au XIIIe siècle, ainsi qu’un temple dédié à Anahita de la période sassanide (VIe et VIIe siècles). Le site a une forte valeur symbolique. La conception du temple du feu, celle du palais et la disposition générale du lieu ont eu une influence significative sur le développement de l’architecture islamique.

Assur (Qala’at Cherqat), Iraq
La cité antique d'Ashur se trouve sur les rives du Tigre, dans le nord de la Mésopotamie, dans une zone géo-écologique particulière, à la frontière entre l’agriculture avec et sans système d’irrigation. La ville est née au troisième millénaire avant J.-C. Elle fut, du XIVe au IXe siècle avant J.-C., en tant que première capitale de l'empire assyrien, une ville-Etat et un carrefour commercial international. Elle était aussi la capitale religieuse des Assyriens, associée au dieu Ashur. La ville fut détruite par les Babyloniens mais renaquit de ses cendres à l'époque parthe, au Ier et IIe siècles.

La ville blanche de Tel-Aviv-le mouvement moderne, Israël
Tel-Aviv fut fondée en 1909 et s’est développée sous le mandat britannique en Palestine (1920-1948). La ville blanche fut construite à partir du début des années 1930 et jusqu’en 1948, selon le plan de Sir Patrick Geddes, reflétant les principes de l’urbanisme organique moderne. Les bâtiments furent conçus par des architectes qui immigrèrent après avoir été formés et avoir exercé leur métier en Europe. Dans ce nouveau contexte culturel, ils réalisèrent un ensemble exceptionnel d’architecture du mouvement moderne.

Sacri Monti du Piémont et de Lombardie, Italie
Créés à la fin des XVIe et XVIIe siècles, les neuf monts sacrés d’Italie du Nord sont des groupes de chapelles et autres éléments architecturaux consacrés à divers aspects de la foi chrétienne. En plus de leur sens spirituel symbolique, ils sont d’une grande beauté, grâce à l’intégration habile des éléments architecturaux dans les paysages naturels avoisinant - collines, forêts et lacs. Ils comptent une multitude de magnifiques œuvres d’art - peintures murales et statues.

Le mausolée de Khoja Ahmad Yasawi, Kazakhstan
Situé dans la ville de Yasi, aujourd’hui appelée Turkestan, le mausolée fut construit à l’époque de Tamerlan, de 1389 à 1405. Dans ce bâtiment, dont certaines parties restèrent inachevées, les maîtres constructeurs perses expérimentèrent de nouvelles solutions architecturales et structurelles, qui furent ensuite adoptées pour la construction de Samarkand, capitale de l’empire timuride. Actuellement, c’est l’une des constructions les plus grandes et les mieux préservées de la période timuride.

Missions franciscaines de la Sierra Gorda de Querétaro, Mexique
Elles ont été édifiées pendant la dernière phase d’évangélisation de l’intérieur du Mexique (milieu du XVIIIe siècle) et sont devenues une référence pour la poursuite de l’évangélisation et de la colonisation de la Californie, de l’Arizona et du Texas. La façade des églises, richement décorée, est d’un intérêt tout particulier car elle représente un exemple des efforts créatifs conjoints des missionnaires et des Indios. Les peuplements ruraux qui se sont développés près du site ont conservé leur caractère vernaculaire.

Eglises en bois du sud de la Petite Pologne, Pologne
Elles représentent des exemples exceptionnels des différents aspects des traditions de construction des églises médiévales dans la culture catholique romaine. Utilisant la technique des rondins de bois disposés horizontalement, répandue en Europe du Nord et de l’Est depuis le Moyen Age, ces églises étaient construites par les familles nobles et devinrent un symbole de prestige. Elles ont constitué une alternative intéressante aux constructions de maçonnerie pratiquées dans les centres urbains.

Le quartier juif et la basilique Saint-Procope de Trebic, République tchèque
L’ensemble du quartier juif, du vieux cimetière juif et de la basilique Saint-Procope de Trebic évoque la coexistence des cultures chrétienne et juive du Moyen Age au XXe siècle. Le quartier juif est un témoignage exceptionnel des différents aspects de la vie de la communauté qui y résidait. La basilique Saint-Procope, construite à l’intérieur d’un monastère bénédictin au début du XIIIe siècle, est un témoignage remarquable de l’influence du patrimoine architectural de l’Europe de l’Ouest dans cette région.

Jardins botaniques royaux de Kew, Royaume-Uni
Ces jardins composent un jardin paysager historique dont les éléments illustrent des périodes caractéristiques de l’art des jardins du XVIIIe au XXe siècles. Ils abritent des collections botaniques (plantes conservées, vivantes et documents) qui ont été enrichies de manière considérable au cours des siècles. Depuis leur création, en 1759, les jardins de Kew contribuent de manière significative et ininterrompue à l’étude de la diversité des plantes et à l’économie botanique.

Gebel Barkal et les sites de la région napatéenne, Soudan
Il s’agit de plusieurs sites archéologiques couvrant une région de plus de 60 km de long, dans la vallée du Nil. Tous les sites sont de culture napatéenne et méroïtique, de l’époque du second royaume de Kush. La culture napatéenne date de 900 à 270 avant J.-C., et la culture méroïtique de 270 avant J.-C. à 350 après J.-C. Les sites comprennent des tombeaux avec et sans pyramide, des temples, des bâtiments d’habitation et des palais.

Monts Matobo, Zimbabwe
Le site montre une profusion de formes rocheuses s’élevant au-dessus du bouclier de granit qui couvre la plus grande partie du Zimbabwe. Ces grands blocs de roche offrent des abris naturels en abondance et sont associés à l’occupation humaine depuis le début de l’âge de pierre jusqu’au début des temps historiques, puis de façon intermittente. Ils abritent une collection de peintures rupestres exceptionnelles. Les monts Matobo exercent une forte attraction sur la communauté locale, qui utilise toujours les lieux sacrés et les sanctuaires en étroite liaison avec les activités traditionnelles, sociales et économiques.

Le Comité a également étendu un site naturel et deux sites culturels déjà inscrits :

Complexe de conservation de l’Amazonie centrale, Brésil
Ce site de plus de six millions d’hectares, qui comprend le Parc national Jaú, inscrit en 2000, forme la plus grande zone protégée du bassin amazonien et l'une des régions les plus riches de la planète sur le plan de la biodiversité. On y trouve notamment un exemple d’écosystèmes de varzea, des forêts d’igapó, des lacs et des cours d’eau qui forment une mosaïque aquatique où évolue la plus grande diversité de poissons électriques du monde. Le site abrite des espèces menacées clés, comme l’arapaima géant, le lamantin de l’Amazone, le caïman noir et deux espèces de dauphins d’eau douce.

Tombes impériales des dynasties Ming et Qing, Chine
Ces tombes ont été inscrites sur la Liste du patrimoine mondial en 2000. Le bien inscrit cette année en tant qu’extension se compose de deux ensembles funéraires distincts des empereurs de la dynastie Ming : la tombe Xiaoling du fondateur de cette dynastie et les tombes de treize autres empereurs Ming. Ces tombes offrent un témoignage exceptionnel des croyances et traditions chinoises depuis le XIVe siècle et sont des exemples inestimables de l’architecture et des arts appliqués conçus selon les préceptes chinois de la géomancie (fengshui).

Site archéologique de Panama Viejo et district historique de Panama, Panama
Ce bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1997. Le site archéologique de Panama Viejo, qui a été ajouté cette année en tant qu’extension, englobe les ruines de la première implantation européenne et les vestiges préhispaniques. Il témoigne de la plus ancienne ville européenne fondée sur le continent américain (1519), avant d’être abandonnée et déplacée ailleurs. Aujourd’hui, il en reste des ruines impressionnantes. De plus, des vestiges plus anciens remontant à mille ans avant l’arrivée des Européens ont été mis au jour sur ce site.



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Communiqué de presse n°2003-41
Site Web 1 (URL) World Heritage Center Website
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Date de publication 03 Jul 2003
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