Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
Performances des élèves: Une enquête de l'OCDE et de l'UNESCO pointe les disparités régionales

Paris – Les élèves finlandais sont parmi les meilleurs du monde pour la lecture alors que ce sont les élèves du Japon, de Chine-Hong Kong et de République de Corée qui arrivent en tête pour les mathématiques et les sciences, selon une enquête portant sur les jeunes de 15 ans dans 43 pays. Au contraire, les élèves de plusieurs pays d’Amérique latine se trouvent nettement en queue de classement dans ces trois domaines, même si l’on tient compte des niveaux plus faibles des revenus nationaux.

Telles sont quelques-unes des conclusions d’un nouveau rapport publié conjointement par l’OCDE et l’UNESCO, intitulé Literacy Skills for the World of Tomorrow et fondé sur des données rassemblées dans le cadre du Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (PISA). Ce nouveau rapport sera présenté lors d’une conférence de presse qui réunira le 1er juillet à 11h (10h00GMT) au Centre d’information des Nations Unies, Millbank Tower, Millbank, Londres, le Sous-Directeur général de l’UNESCO pour l’éducation, John Daniel, et Andreas Schleicher, Directeur de la Division des indicateurs et des analyses de l’éducation à l’OCDE.

Le PISA mesure à quel point les enfants de 15 ans sont préparés à répondre aux défis des sociétés du savoir d’aujourd’hui, en effectuant des tests de connaissances et en faisant remplir des questionnaires sur leur milieu à un échantillon - 4 500 à 10 000 – d’élèves dans chacun des pays participants. C’est la plus vaste et la plus rigoureuse initiative internationale à ce jour pour, à la fois, évaluer la performance de l’élève et rassembler des données sur lui, sa famille et des facteurs institutionnels qui peuvent aider à expliquer des différences de performances. Ainsi, elle offre aux décideurs politiques une fenêtre d’observation sur les résultats scolaires à travers le temps et un moyen d’évaluer les forces et les faiblesses de leurs systèmes éducatifs.

Ce dernier rapport compare et analyse les données collectées en 2002 dans 15 pays et économies, principalement à revenus moyens – Albanie, Argentine, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine-Hong Kong, Indonésie, Israël, Lettonie, Liechtenstein, ex-République yougoslave de Macédoine, Pérou, Roumanie, Fédération de Russie et Thaïlande – avec les données collectées en 2000 dans 28 des 30 pays membres de l’OCDE* qui furent publiés pour la première fois en 2001. (La Slovaquie qui a rejoint l’OCDE en décembre 2000 n’a pas participé à la première partie de la collecte des données PISA ; les données collectées aux Pays-Bas n’ont pas été publiées faute d’un taux de réponse satisfaisant).

Au sein des économies hors OCDE, les élèves de Chine-Hong Kong émergent comme de réels champions, réalisant des scores globaux d’aptitude à la lecture équivalents à ceux des élèves des meilleurs pays de l’OCDE (après la Finlande, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, et l’Irlande). Et, avec les élèves du Japon et de la Rép. de Corée, ils sont en général devant les autres pays pour les connaissances mathématiques et scientifiques.

A l’inverse, les élèves de l’Amérique latine sont loin derrière. Le Pérou a la plus grande proportion d’élèves (80 %) au niveau 1 ou en dessous, ce qui indique que les élèves ont de sérieuses difficultés à utiliser la lecture comme moyen de progresser et d’élargir leurs connaissances et leurs compétences dans d’autres domaines. Le Brésil et le Chili enregistrent aussi des performances sensiblement plus faibles que de nombreux autres pays de l’enquête, avec environ la moitié de leurs élèves en niveau 1 ou en dessous. Parmi les autres pays à score particulièrement faible, figurent l’Albanie, l’Indonésie et l’Ex-République yougoslave de Macédoine, où bien plus de la moitié des élèves maîtrisent, au mieux, seulement les épreuves de lecture les plus élémentaires.

Dans les différents pays étudiés par le PISA, la différence entre les capacités de lecture d’élèves issus de familles riches et d’élèves issus de familles pauvres est la plus grande en Argentine, aux Etats-Unis, au Chili, en Israël, au Portugal, au Mexique, au Pérou, et au Brésil.

Dépenser en moyenne plus par élève tend à donner de meilleures performances dans les trois domaines de connaissances retenus, mais ne le garantit pas. L’Italie dépense à peu près deux fois plus par élève que la République de Corée, mais alors que la Corée fait partie des pays qui obtiennent les meilleurs résultats dans les trois domaines de connaissance, l’Italie obtient des résultats notablement inférieurs à la moyenne de l’OCDE.

Le rapport PISA relie ces tendances à la qualité des systèmes éducatifs nationaux, qui, dit-il, peuvent être plus essentiels pour les résultats scolaires que la richesse du pays ou de la famille. Selon les auteurs, les systèmes éducatifs efficaces, bien structurés, peuvent aider à vaincre nombre d’obstacles socio-économiques qui affectent les capacités à apprendre des enfants.

« Les données du PISA montrent que le milieu d’origine de l’élève est une source réelle de disparité du résultat de l’apprentissage dans de nombreux pays », disent les auteurs. « Cependant, le fait que certains pays soient capables d’atteindre des niveaux moyens excellents en connaissances de base avec peu de disparités entre les élèves quel que soit leur milieu d’origine tend à prouver que qualité et égalité dans les résultats éducatifs n’existent pas nécessairement aux dépens l’une de l’autre. Au contraire, les exemples du Canada, de la Finlande, de Chine-Hong Kong, du Japon, de la Rép. de Corée et de la Suède montrent qu’il est possible de parvenir en même temps à la qualité et à l’égalité en matière d’éducation ».

Le rapport souligne également le taux relativement élevé de redoublement en Amérique latine. Au Brésil, par exemple, 25,1 % des élèves du primaire et 15 % des élèves du secondaire redoublaient leur classe dans l’année de l’enquête (1999). Quelque 7 % des élèves du secondaire redoublaient au Pérou et en Argentine.

Analysant les différences entre garçons et filles dans les trois domaines étudiés, le PISA a trouvé que les filles avaient de meilleurs résultats que les garçons en lecture dans tous les pays. Les garçons, cependant, ont plutôt de meilleurs résultats que les filles en mathématiques, sauf en Albanie. Il y a moins de différences entre les sexes dans le domaine des connaissances scientifiques. Parmi les autres différences significatives entre les sexes, le rapport montre que dans presque tous les pays étudiés, les filles ont des aspirations plus élevées pour leurs futures professions que les garçons. Des données citées dans le rapport tendent à prouver que les aspirations professionnelles des élèves de 15 ans constituent souvent de bons repères pour jauger leur performance à venir.

Le manque de résultats des garçons en lecture est attribué en majeure partie à un manque d’implication. 58 % des garçons environ, contre 33 % des filles, disent ne lire que pour obtenir l’information dont ils ont besoin. A l’opposé, 45 % des filles et seulement 30 % des garçons déclarent passer au moins 30 minutes par jour à lire par plaisir.

Le PISA a trouvé que les pourcentages de filles et de garçons scolarisés était globalement les mêmes, avec un léger avantage aux filles dans les pays n’appartenant pas à l’OCDE. Ce résultat est très encourageant, sachant que les deux tiers des 113 millions d’enfants non scolarisés sont des filles. C’est en Bulgarie, en Indonésie, en Ex-République yougoslave de Macédoine et au Pérou que l’on trouve les plus fortes proportions de garçons en âge secondaire scolarisés à ce niveau.

L’enquête confirme également l’importance de l’éducation parentale – et particulièrement du niveau éducatif atteint par les mères des élèves – dans les résultats des enfants. Dans tous les pays, les élèves dont les mères ont reçu une éducation secondaire de second cycle complète ont de meilleurs scores en lecture, en mathématiques et en sciences que ceux dont les mères n’ont pas atteint ce niveau. La différence est plus marquée dans l’ex-République yougoslave de Macédoine, en Bulgarie, en Argentine et en Albanie et moins évidente dans les économies asiatiques.


* Pays membres de l’OCDE : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, Etats-Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Rep. de Corée, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Suède, Suisse, Turquie.



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Communiqué de Presse No 2003 - 36
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Date de publication 01 Jul 2003
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