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| l'Année des Nations Unies pour le patrimoine culturel
31-12-2001 - - Au-dessus de la porte du Musée de Kaboul, ravagé par plus de vingt années de guerre, des mains anonymes ont placardé il y a quelques jours cette maxime : « Une nation est vivante lorsque sa culture reste vivante ». Ce geste symbolique donne un sens profond à la résolution adoptée le 21 novembre 2001 par l’Assemblée générale des Nations Unies proclamant l’année 2002 « Année des Nations Unies pour le patrimoine culturel ». |
Le patrimoine culturel d’un peuple est la mémoire de sa culture vivante. Il s’exprime par une multiplicité d’expressions tant matérielles (monuments, paysages, objets) qu’immatérielles (langues, savoir-faire, arts du spectacle, musique…). Mais il est aussi multiple dans ses origines. En retraçant sa propre filiation culturelle, en connaissant les influences plurielles qui ont sillonné son histoire et façonné son identité, un peuple est mieux à même de construire des relations pacifiques avec les autres peuples, de poursuivre le dialogue initié souvent depuis les temps immémoriaux, et de forger son propre avenir.
Chérir le patrimoine culturel, en prendre soin comme d’un trésor que nous ont légué nos ancêtres, et que nous avons le devoir de transmettre aussi intégralement que possible à nos propres enfants, est donc preuve de sagesse.
C’est pourquoi il nous faut poursuivre l’action normative, et, à l’instar de la Convention du patrimoine mondial culturel et naturel, qui fêtera cette année son 30e anniversaire, concevoir des instruments à même de protéger efficacement l’ensemble du patrimoine culturel.
Mais aujourd’hui, le grand défi lancé à l’UNESCO, désignée chef de file de cette Année par les Nations Unies, est de faire prendre conscience aux pouvoirs publics, au secteur privé, à la société civile dans son ensemble, que le patrimoine culturel est non seulement un instrument de paix et de réconciliation, mais aussi un facteur de développement. Nombreux sont les exemples o? une nouvelle gestion du patrimoine culturel a favorisé l’essor économique en créant des débouchés pour les populations locales, qu’il s’agisse d’artisanat, de tourisme culturel ou d’émergence de nouveaux métiers, ainsi que de nouvelles formes de créativité.
Il nous faut donc inciter tout citoyen à devenir acteur de la conservation et de la mise en valeur du patrimoine de l’humanité. C’est par une prise de conscience collective, une mobilisation et une action accrues aux valeurs du patrimoine, en particulier avec la participation des jeunes, que cette année 2002, Année des Nations Unies pour le patrimoine culturel, prendra toute sa dimension.
D’o? l’importance d’associer le patrimoine culturel aux politiques de développement. D’o? l’importance de démontrer aussi, comme en Bosnie-Herzégovine, dans le Caucase ou au Cambodge, combien ce symbole identitaire puissant peut être fédérateur d’une réconciliation nationale. S’il est réhabilité dans les esprits non seulement comme témoignage d’un passé commun et assumé, mais aussi comme socle d’un avenir partagé.
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Source |
Message du Directeur général
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