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Projection à Paris du documentaire de Rithy Panh 'S21, La Machine Khmère Rouge'

Paris – Le nouveau film de Rithy Panh, « S 21, la machine khmère rouge », qui repose sur les témoignages de victimes et de bourreaux du génocide cambodgien sera projeté en avant-première à Paris mardi 27 mai, au Cinéma des Cinéastes*.


Le documentaire du réalisateur cambodgien, coproduit par la chaîne de télévision franco-allemande ARTE et par l’Institut national de l’audiovisuel (INA) a reçu le soutien de l’UNESCO dans le cadre de son Programme pour un contenu créatif. Il vient d’être présenté en sélection officielle au Festival de Cannes et sera programmé par ARTE le 2 juin prochain à 22h30.
Dans ce film, une dizaine d’anciens Khmers rouges, dont des gardiens de prison, des responsables d’interrogatoires, un médecin et un photographe, sont confrontés à deux victimes. Celles-ci comptent parmi les rares qui ont survécu à la machine exterminatrice qu’était le redoutable camp « S 21 », le centre de détention de Phnom Penh où, entre 1975 et 1977, furent torturées, interrogées et exécutées près de 17 000 personnes. Les tortionnaires écoutent, dans un silence lourd de culpabilité, les demandes d’explications des victimes.
Poeuv était l’un des gardiens. Dès l’âge de 12 ans, il a travaillé au « S 21 ». Face à la caméra, il détaille les gestes quotidiens qu’il faisait pour empêcher les prisonniers, désespérés par tant de souffrances, de se libérer de leurs menottes et de se défenestrer.

Vann Nath, peintre officiel de la prison, faisait en revanche partie des milliers de victimes. Avec un extraordinaire courage physique et psychologique, il retourne, pour la première fois en vingt ans, sur le site du S 21, saisissant ce que Rithy Panh qualifie d’opportunité de « rappeller qui était victime, qui était responsable et qui exécutait les ordres ».

Né à Phnom Penh en 1964, Rithy Panh fut interné, à l’âge de 11 ans, dans un camp de travail ainsi que des milliers de ses compatriotes. Il réussit à s’échapper quatre ans plus tard et s’établit en France en 1980. Pour le cinéaste, ce documentaire est une tentative pour « assumer notre histoire collective afin de ne pas laisser cette lourde responsabilité aux générations futures. Un jour viendra où nos enfants reprendront confiance dans le monde qui les entoure. Ce jour-là, les fantômes arrêteront enfin de tourmenter les vivants. »

* Projection à 20h00, au Cinéma des Cinéastes, 7, avenue de Clichy, 75017 Paris.
A 21h45, débat en présence du réalisateur, Rithy Panh, suivi d’un cocktail.

Les journalistes sont priés de confirmer leur présence au numéro de téléphone suivant: 01 45 68 17 07.



 
Auteur(s) UNESCOPRESSE
Source Avis aux médias No. 2003-44
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Date de publication 21 May 2003
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