Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
Message du Directeur général de l’UNESCO à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale - 21 mars 2003

Le 21 mars, Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, est l’une des plus anciennes journées internationales célébrées par les Nations Unies. Elle fut instituée en 1966 suite à un événement tragique ayant profondément choqué les consciences : le massacre par le régime raciste d’Afrique du Sud de jeunes écoliers qui manifestaient contre les lois de l’apartheid, système abject institutionnalisant le racisme et la discrimination au mépris de toutes les avancées morales et éthiques de l’humanité.

Malgré le démantèlement de l’apartheid en Afrique du Sud et l’abandon des politiques ségrégationnistes dans d’autres pays, le racisme et les discriminations n’ont hélas pas disparu. Des millions d’hommes et de femmes continuent encore aujourd’hui à souffrir, voire à perdre leur vie, du fait de la couleur de leur peau, de leur origine ethnique, de leur religion ou de leur statut social. A cela s’ajoutent de nouvelles formes de discrimination, liées au progrès des sciences et au phénomène de la mondialisation, qui menacent des acquis que nous croyions irréversibles.

C’est pour répondre à ces menaces que la communauté internationale a jugé nécessaire de convoquer en 2001, à Durban (Afrique du Sud), la Conférence mondiale sur le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée.

Troisième conférence de cette importance après celles de 1978 et de 1983, elle marque également la troisième décennie des Nations Unies consacrée au problème du racisme et de la discrimination, qui s’achèvera en 2004.

La Conférence de Durban a permis d’examiner des questions cruciales non seulement pour la protection des droits fondamentaux de l’homme mais aussi pour la compréhension, la coexistence et l’entente entre les individus et les peuples. Le racisme y a pour la premier fois été reconnu comme un fléau qui affecte toutes les sociétés, sans exception, et comme un facteur de conflit aux conséquences dramatiques et souvent incontrôlables. La Déclaration et le Programme d’action de Durban, adoptés par consensus, offrent aux Etats, aux organisations internationales et aux acteurs de la société civile, de nouvelles perspectives pour renouveler leur engagement dans la lutte contre le racisme et les autres formes de discrimination.

Le long combat que mène l’UNESCO contre ces fléaux a été unanimement salué à cette occasion. Pour répondre aux recommandations spécifiques qui nous ont été adressées, nous avons décidé de d’élaborer une nouvelle stratégie en vue de renforcer l’action de l’UNESCO dans ce domaine.

Pour maintenir la dynamique insufflée par le processus de Durban et faire connaître ses acquis, nous comptons désormais marquer de manière exceptionnelle cette journée du 21 mars 2003. Cette année, plusieurs événements importants (ateliers avec les jeunes, projection de films, rencontres avec des acteurs engagés contre le racisme, débats et spectacles) sont prévus au Siège de l’UNESCO durant toute la journée.

J’invite tous ceux qui peuvent venir à se joindre à cette célébration pour échanger leurs expériences et exprimer leur soutien à toutes les victimes du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance.

C’est ensemble et par une lutte sans relâche sur tous les fronts que nous pouvons combattre ces germes qui prennent naissance dans l’esprit des hommes, et qui s’épanouissent sur le terreau de la précarité économique, de l’exclusion sociale et du désespoir psychologique.



 
Auteur(s) La Porte-parole
Source La Porte-parole
Date de publication 21 Mar 2003
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