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DIRECTOR-GENERAL OF UNESCO

Réponse au débat de politique générale de la 35e Session de la Conférence générale de l’UNESCO

Réponse au débat de politique générale de la 35e Session de la Conférence générale de l’UNESCO
  • © UNESCO/A. Wheeler

« Le rythme de nos travaux est pris, et le ton est donné : la conjoncture mondiale, à bien des égards incertaine et préoccupante, justifie plus que jamais la confiance que nous devons avoir en la permanence de nos valeurs et la pertinence de notre mission » : c’est en ces termes que le Directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, a introduit sa réponse au débat de politique générale de la 35e session de la Conférence générale, le 12 octobre 2009.

Le Directeur général a rappelé que ce débat avait permis à plus de 183 orateurs, dont 139 ministres et vice-ministres, de s’exprimer et que le Président du Monténégro, Filip Vujanovic et le Premier Ministre de Malaisie, Najib Tun Razak, avaient participé à l’ouverture de la session. Le Forum ministériel plénier, tenu le 8 octobre, et auquel près de 80 ministres avaient participé, avait été marqué par l’intervention du Président Abdullah Gül de Turquie, plaidant pour un « multilatéralisme nouveau et revivifié ». Le Directeur général a noté que nombre d’orateurs avaient mis en évidence le rôle qui est attendu de l’UNESCO, à savoir: une coopération plus étroite avec les institutions supérieures de recherche et d’enseignement, notamment les universités ; l’inclusion systématique des nouvelles technologies de l’information dans les politiques du savoir ; et enfin, le renforcement des capacités des Etats dans les domaines de l’analyse et de l’évaluation, de la collecte de données statistiques, ainsi que du suivi des politiques nationales.

Dans le domaine de l’éducation, le Directeur général est revenu sur les principaux points que la table ronde ministérielle avait permis de préciser (voir Flash Info N°194-2009*), renforcement des liens entre l’éducation et le monde du travail, notamment en améliorant le programme pour l’enseignements et la formation techniques et professionnels (TVET) et en lui accordant la priorité ; éducation de qualité, afin de développer les capacités d’analyse des élèves ; rôle des nouvelles technologies en particulier pour la formation des enseignants ; lacunes en matière d’éducation scientifique, notamment nombre insuffisant d’enseignants et d’étudiants dans ce domaine. Le Directeur général a, dans ce contexte, mentionné le succès du prix UNESCO-L’Oréal pour les Femmes et la Science et annoncé que deux des prix Nobel de cette année, en chimie et en médecine, étaient d’anciennes lauréates de ce prix. Quant au rôle éthique de l’éducation pour promouvoir les valeurs de droits de l’homme et de respect pour l’environnement, il est au cœur de la Décennie de l’éducation en vue du développement durable, a rappelé le Directeur général.

Revenant au débat de politique générale proprement dit, M. Koïchiro Matsuura a résumé les cinq principales conclusions qu’il en tirait:

Premièrement, la nécessité de renforcer l’appui aux secteurs sociaux pour sortir de la crise et jeter les bases d’un développement durable équitable à long terme, à savoir l’importance d’investir dans les sciences, de promouvoir la culture, et, surtout, de maintenir le rôle central de l’éducation. A cet égard, le Directeur général s’est félicité du niveau d’engagement des pays en développement en faveur de l’éducation et des promesses de certains pays donateurs d’accroitre leur aide en faveur de l’éducation de base, tout en soulignant que davantage de pays devraient d’engager dans cette voie.

Deuxièmement, le fait que l’UNESCO devait faire davantage pour s’attaquer aux impacts du changement climatique, en particulier dans les Etats les plus menacés, à commencer pas les petits Etats insulaires en développement, améliorer la prévention des catastrophes naturelles, en s’assurant que les systèmes d’alerte atteignent les populations locales. Le Directeur général a également noté que de nombreux orateurs avaient plaidé pour une approche holistique de la question, incluant les aspects sociaux, éthiques et politiques.

Troisièmement, la priorité que l’UNESCO se doit d’accorder aux populations les plus pauvres et vulnérables, notamment dans les pays frappés par la crise mondiale actuelle. Le Directeur général a rappelé que le choix de l’Afrique et de l’égalité entre les sexes comme priorités globales dans le projet de 35C/5 répondait à cet objectif, ainsi que l’accent mis sur des actions plus ciblées au profit de la jeunesse (comme l’a souligné le Forum sur la Jeunesse), des pays les moins avancés et des petits Etats insulaires en développement. En outre, le Directeur général a insisté sur les pays en situation de post-conflit et post-désastre, qui requièrent une attention toute particulière.

Quatrièmement, le soutien à la vision de l’UNESCO sur la contribution de la culture au développement. A cet égard, le défi pour l’UNESCO est d’assister les Etats membres, de renforcer les capacités et de veiller à ce que la culture soit prise en compte des les exercices de programmation commune des équipes des Nations Unies. Il s’agit également, dans le futur, d’améliorer les synergies entre les différentes conventions et leur mise en œuvre pas les Etats parties. Le Directeur général a également noté les liens inextricables entre dialogue et respect de la diversité pour le maintien de la cohésion sociale. S’agissant du dialogue interconfessionnel et interreligieux, le Directeur général a précisé qu’il serait pris en compte dans le contexte de l’Année 2010, Année internationale du rapprochement des cultures, dans laquelle l’UNESCO s’est vue confier un rôle de chef de file.

Enfin, cinquièmement, la nécessaire revitalisation de la coopération internationale. A cet égard, le Directeur général a considéré « l’attribution au Président Barack Obama du Prix Nobel de la Paix « pour ses efforts extraordinaires en vue de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples » comme un symbole d’espoir, en ce qu’il rend honneur aux vertus du multilatéralisme et à ceux qui sont engagés, partout dans le monde, dans la recherche inlassable du dialogue et de la paix. Un tel message rejaillit sur notre organisation, dont le rôle principal reste plus que jamais, comme vous l’avez abondamment souligné, de construire des dialogues durables au service d’une paix juste, a poursuivi le Directeur général, (…) la coopération internationale doit servir la solidarité et la réduction des écarts entre le Sud et le Nord. Nous devrons poursuivre nos efforts avec le soutien de la communauté internationale, car les attentes sont immenses dans les pays en développement ».

Répondant au soutien manifesté par les orateurs à la présence de l’UNESCO au niveau des pays, le Directeur général a estimé qu’elle devrait être accrue, étant le pendant indispensable de notre mandat global, et que le défi des années à venir serait de trouver le juste équilibre entre ces deux niveaux. Le socle de partenaires, publics et privés, dont l’UNESCO dispose et qu’elle peut mobiliser efficacement au service des Etats membres contribuera à son action. « Ces réseaux d’expertise, de savoir et de connaissance constituent en eux-mêmes des instruments décisifs de coopération a estimé le Directeur général, permettant l’émergence de véritables sociétés du savoir, démocratiques, pluralistes et inclusives ».

Enfin, le Directeur général a fait part de son émotion et de sa gratitude devant les nombreuses expressions de soutien de son action à la tête de l’UNESCO au cours des dix dernières années.

  • Author(s):Office of the Spokesperson
  • Source:Flash Info N° 197-2009
  • 14-10-2009
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