United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization

Le Directeur général signe l’Accord établissant le Centre international pour la promotion des droits de l’homme à Buenos Aires (Argentine)

Le Directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, a signé, le vendredi 13 février 2009 à Buenos Aires (Argentine), dans ce qui fut l’Ecole supérieure de mécanique de la Marine (ESMA), le principal centre de détention illégale sous la dictature, l’Accord d’établissement du premier Centre international pour la promotion des droits de l’homme en tant que centre de catégorie 2 placé sous l'égide de l'UNESCO.

L’Accord a été signé avec le Ministre des relations extérieures du commerce international et du culte, M. Jorge Enrique Taiana, en présence de la Présidente de la République argentine, Mme Cristina Fernandez de Kirchner, du Ministre de l’éducation M. Juan Carlos Tedesco et du Secrétaire aux droits de l’homme M. Eduardo Luis Duhalde.

La cérémonie s’est déroulée sous les ovations d’une nombreuse assistance comprenant des représentants du gouvernement argentin, du corps diplomatique, de la presse écrite et des médias, ainsi que des militants des droits de l’homme, en particulier des collectifs de survivants et associations de mères, grand-mères et fils de disparus.

« J’ai soutenu de tout cœur la proposition du Gouvernement argentin d’établir dans cet Espace de mémoire un centre international placé sous les auspices de l’UNESCO, a déclaré le Directeur général, afin que les atrocités du passé ne se reproduisent plus jamais.» « Il est important que le patrimoine documentaire argentin en matière des droits de l’homme, inscrit en 2007 au registre de la Mémoire du monde de l’UNESCO, repose dans cet Espace de mémoire afin de contribuer à la reconstruction de la mémoire individuelle et collective », a-t-il poursuivi.

« La cérémonie d’aujourd’hui revêt une signification particulière en ce qu’elle conclut la commémoration du 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, a précisé M. Matsuura. Je suis pleinement convaincu que l’objectif de cette campagne, ‘ Dignité et la justice pour tous ‘, sera celui de ce Centre, qui servira de catalyseur pour édifier des sociétés inclusives et respectueuses de la dignité humaine ».

La Présidente Cristina Fernandez de Kirchner a voulu voir dans la création de ce Centre international « la reconnaissance de la lutte menée par des milliers d’Argentins pour rétablir la vérité, la mémoire et la justice. » Il représente, a-t-elle ajouté, « le chant victorieux » des victimes de la dictature.

Durant son intervention, la Présidente a annoncé, sous les applaudissements, qu’une fille de disparus avait été identifiée le jour-même. « Le droit à la mémoire n’est pas individuel mais collectif », a-t-elle affirmé, en demandant que tous les pouvoirs, y compris les médias, se joignent à la recherche de l’identité des personnes qui ignorent toujours leurs origines familiales.

Plus de 5 000 personnes auraient été torturées et pour la plupart exécutées à l’Ecole supérieure de mécanique de la marine (ESMA) entre 1976 et 1983. De nombreuses détenues y ont donné le jour, avant de disparaître, à des enfants dont l’identité, pour beaucoup, n’est pas encore reconnue.

Transformé en 2004 en Musée de la mémoire, cet espace accueillera en 2010 le Centre international de promotion des droits de l’homme, qui permettra de mener, sous les auspices de l’UNESCO, des actions de formation, de recherche, d’information et de sensibilisation en matière de droits de l’Homme.

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Author(s): Office of the Spokesperson - Source: Flash Info N° 022-2009 -  Publication Date: 18-02-2009

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