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DIRECTOR-GENERAL OF UNESCO

Le Directeur général ouvre la Conférence « L’eau pour la paix, la paix pour l’eau »

Le Directeur général ouvre la Conférence « L’eau pour la paix, la paix pour l’eau »
  • © UNESCO/M. Ravassard

Le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura a ouvert, le 13 novembre 2008, conjointement avec le Président Jacques Chirac, une Conférence internationale intitulée « l’eau et la paix, la paix pour l’eau », organisée conjointement par l’UNESCO et la Fondation Chirac, avec le soutien de l’Agence française pour le Développement.

Deux tables rondes, l’une sur les eaux transfrontalières et la coopération, l’autre sur l’accès à l’eau dans les Etats fragiles, ont réuni des intervenants prestigieux tels que le premier Ministre de l’Autorité palestinienne, M. Salad Fayyad, M. Michel Camdessus, ancien Directeur général du FMI, Mme Lidia Brito, ancienne Ministre de l’éducation supérieure, des sciences et de la technologie du Mozambique, ou M. Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l’eau.*

Souhaitant la bienvenue aux participants, le Directeur général s’est adressé plus particulièrement au Président Chirac : « c’est une réelle satisfaction de constater combien votre engagement au service de la paix et du développement durable continue de nous inspirer au quotidien (…) Je ne doute pas que la Fondation Chirac sera amenée à jouer dans les années à venir un rôle d’explication et de mobilisation très important sur la scène internationale. L’UNESCO, pour sa part, est d’ores et déjà disposée à poursuivre sa coopération avec vous sur ces enjeux qui touchent à l’avenir de la planète ».

Mentionnant le fait que cette Conférence se tenait à quelques mois du Forum mondial de l’Eau (Istanbul, mars 2009), le Directeur général a souligné que cette Conférence était particulièrement opportune, puisqu’elle devait aborder deux préoccupations majeures de la communauté internationale : celle des eaux transfrontalières et de la coopération, et celle de l’accès à l’eau dans les Etats fragiles.

« Aujourd’hui, a rappelé le Directeur général, près de la moitié de la population mondiale dépend de ressources en eau provenant des 263 bassins transfrontaliers répertoriés sur Terre, et plus de 2 milliards de personnes dans le monde dépendent pour vivre des 274 aquifères transfrontaliers identifiés jusqu’à présent. Ceci signifie que plus de 90% de la population mondiale vit dans des pays qui partagent leurs ressources en eau avec d’autres pays. La question du partage de l’eau est donc décisive ».

M. Matsuura a ensuite décrit brièvement les efforts menés par l’UNESCO en faveur de l’élaboration du droit international sur les eaux partagées, de la collecte des données scientifiques, avec la publication de la première carte mondiale des réserves en eau souterraines transfrontalières, et en matière de coopération régionale, dans plusieurs régions du monde. « Pour soutenir de tels projets de coopération, il nous faut impérativement mener, de façon conjointe, des activités de formation et de renforcement des capacités. C’est de la sorte que nous saurons en effet former les cadres supérieurs en gestion de l’eau, capables de négocier, à un niveau technique et politique, la paix de demain. L’UNESCO est pleinement engagée dans cette voie, qui doit renforcer notre axe de coopération Nord-Sud. Je tiens ainsi à rappeler que c’est là également l’une des missions principales de l’Institut UNESCO-IHE de Delft pour l’éducation relative à l’eau, qui a formé pas moins de 15 000 diplômés depuis sa création, dont 95% sont issus des pays du Sud, et dont la plupart retournent ensuite dans leur pays d’origine pour travailler dans le secteur de l’eau » a poursuivi M. Matsuura.

« Promouvoir la paix autour de l’eau par l’éducation, la science et la culture, nécessite des processus inclusifs et ouverts, menés en coopération étroite avec tous les acteurs concernés. C’est pour cela que je me réjouis de voir cette table-ronde s’intégrer dans le processus de discussion politique qui nous mènera jusqu’au 5e Forum mondial de l’eau organisé à Istanbul en mars prochain, au cours duquel je lancerai le 3e rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau, intitulé L’eau dans un monde qui change », a conclu le Directeur général.

Répondant au Directeur général, le Président Chirac appelé l’attention sur le fait que les Objectifs du Millénaire en matière d’accès à l’eau, pourtant limités dans leur ambition, étaient en grand danger de ne pas respectés. Pour y remédier, il a proposé notamment qu’un mécanisme de taxe applicable au transport maritime soit mis à l’étude et que la part de 0,7% du PIB consacrée à l’aide au développement soit maintenue. « L’effondrement des crédits d’aide, dans la quasi-totalité des pays du Nord, est une honte, une faute morale et une erreur stratégique » a-t-il souligné. Le président Chirac a plaidé pour que «l’accès à l’eau, fonde, en fait et en droit, la cohésion de la communauté internationale ». Il a, enfin, remercié l’UNESCO d’accueillir la Conférence, et rappelé « la haute estime [qu’il avait] pour cette institution dont la mission est plus que jamais nécessaire au monde où nous vivons ».



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* Les autres participants étaient : Bert Diphoon, UN Habitat ; Noah Kinarti, membre de la délégation israélienne pour les négociations avec les Palestinien sur les questions de l’eau; Mohamed Merzoug, Haut-commissaire de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal; Denis Metzger, Président d’Action contre la faim ; Sunita Narain, Directrice du Centre pour la science et l’environnement, Inde; et Jean-Michel Severino, Directeur général de l’Agence Française de Développement.

  • Author(s):Office of the Spokesperson
  • Source:Flash Info N° 161-2008
  • 14-11-2008
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