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DIRECTOR-GENERAL OF UNESCO

Transfert de propriété illicite des biens culturels et retour à leur pays d’origine

Transfert de propriété illicite des biens culturels et retour à leur pays d’origine
  • © UNESCO/M. Ravassard

Le Directeur général, M. Koïchiro Matsuura, a organisé le 12 juin une réunion d’information sur l’action menée par l’UNESCO concernant l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels ainsi que leur retour à leur pays d’origine.

« Le pillage efface irrémédiablement le contexte de la découverte, c’est-à-dire une partie essentielle du témoignage historique d’un objet ou d’un site archéologique. Mais ce sont les communautés touchées qui subissent le plus grand dommage, perdant ainsi leur patrimoine culturel, une partie de leur histoire et, pour les objets destinés au culte, de leur tradition religieuse.

Evoquant la Convention de 1970, qui compte aujourd’hui 112 Etats Parties, il a souligné l’avancée très importante qu’elle a marqué en fixant les normes juridiques et administratives minimales que les Etats parties doivent appliquer pour juguler le commerce illicite des biens culturels.

Il a également souligné l’importance de la Convention d’UNIDROIT sur les biens culturels volés ou illicitement exportés, entrée en vigueur le 1er juillet 1998, et la nécessité de procéder massivement à sa ratification.

« Convaincu que la lutte contre le trafic illicite est un axe fondamental de notre action en faveur du patrimoine culturel, je n’ai eu de cesse, depuis mon arrivée, de promouvoir ces instruments, en particulier la Convention de 1970. En effet, j’ai été très surpris qu’après presque trente années d’existence, des pays clés concernant le trafic des biens culturels comme le Japon, la Suisse, la Grande-Bretagne ou certains pays nordiques, n’en soient toujours pas Parties. Et c’est donc avec grande satisfaction que j’ai accueilli, au cours de ces six dernières années, 22 nouvelles ratifications, dont cinq d’Afrique et d’Afrique du Nord, trois d’Amérique latine et des Caraïbes, six d’Asie et du Pacifique et huit d’Europe. », a-t-il ajouté, se réjouissant que le Japon, le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark, la Suisse, la Norvège et d’autres pays importants l’aient désormais ratifiée.

Après avoir exposé les nombreuses activités de promotion entreprises par l’UNESCO au cours des derniers mois, ainsi que les nombreux partenariats développés, en particulier avec l’ICOM, INTERPOL, l’Organisation mondiale des douanes ou l’Union africaine, il a souligné que l’action de formation des capacités pour les musées dans les pays en développement était devenue un axe important de l’action de l’UNESCO.

Il a conclu son intervention en réitérant l’engagement de l’UNESCO à agir pour que la lutte contre le trafic illicite soit renforcée, estimant que le Comité intergouvernemental pour le retour et la restitution, qui vient d’achever sa 14e session, les 5 et 6 juin derniers, sera appelé à jouer un rôle accru dans ce domaine.

« Force est de constater que l’UNESCO ne ménage pas ses efforts pour que la Convention de 1970 et la Convention d’UNIDROIT portent tous leurs fruits et que la lutte contre le trafic illicite de biens culturels ne connaisse pas de répit. Il s’agit pour nous d’instruments normatifs majeurs car ils sont à la base d’une coopération internationale concrète et productive dont les Etats membres de l’Organisation doivent être les bénéficiaires prioritaires. »

« L’UNESCO, avec votre soutien, est prête à poursuivre un travail encore loin d’être achevé, notamment sous forme de projets et de financements extrabudgétaires, pour nous permettre de continuer à former des juristes, conservateurs, gardiens de musées, douaniers, etc. Chacun, aux côtés des OIG et des ONG, acteurs du marché de l’art, négociants, directeurs de musées, collectionneurs privés, juristes, mais aussi le public, doit assumer la part qui lui revient dans la lutte contre le trafic de biens culturels. Il en va de la responsabilité de la communauté internationale, et plus particulièrement des Etats membres de l’UNESCO, de démontrer que la culture doit être l’objet de toutes les attentions. Lutter contre le trafic international illicite des biens culturels, c’est promouvoir le respect dû aux biens culturels, ainsi qu’à ceux qui en sont les dépositaires légitimes. »

  • Author(s):Office of the Spokeswoman
  • Source:Flash Info N° 083-2007
  • 16-06-2007
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