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Mémoire et Universalité : de nouveaux enjeux pour les musées

Le lundi 5 février 2007, le Directeur général de l’UNESCO a ouvert le débat public de Museum International consacré aux thèmes de la mémoire et de l’universalité auquel participaient les plus grands spécialistes et acteurs internationaux dans le domaine des politiques de sauvegarde et de promotion du patrimoine culturel.

En marge de cette manifestation, M. Koïchiro Matsuura, s’est entretenu avec les Directeurs du British Museum de Londres, Neil MacGregor, du Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, Mikhail Piotrovsky et du Musée du Louvre de Paris, Henri Loyrette. Au cours de cet entretien, la question de la coopération entre l’UNESCO et ces trois musées, ainsi que l’aide que l’Organisation et ces prestigieuses institutions peuvent apporter en terme de mise en valeur du patrimoine culturel des pays en développement ont été évoquées.

A la suite de cet entretien, le Directeur général a ouvert le débat public en soulignant « la très grande importance » du thème retenu pour cette rencontre, thème qui « requiert de chacun d’entre nous attention et invention, mais plus encore, ouverture d’esprit et de cœur », a-t-il déclaré.

Se réjouissant que la communauté internationale se soit dotée des moyens de mettre un terme aux « pratiques violentes et indignes de l’humanité » que constituaient les transferts massifs d’œuvres au cours des périodes de conflits ou d’occupation coloniale, M. Matsuura a toutefois estimé que le cadre de législations mis en place qui « ne cesse de produire des effets positifs (…) ne suffit pas ». « Nous ne pouvons nous contenter de parler de légalité, quand d’autres parlent de légitimité, quand certains lancent des appels pour la reconstruction des mémoires culturelles, mémoires doublement brisées par l’histoire et par les déplacements de patrimoine ». Le Directeur général a insisté sur la nécessité de « garantir la diffusion universelle du sens des valeurs liées aux œuvres et en garantir l’accès dans les meilleures conditions, et avec la même conviction », a-t-il ajouté.
M. Matsuura a rappelé à cet égard, l’établissement par l’UNESCO en 1978 du Comité pour la promotion du retour des biens culturels à leur pays d’origine, dont l’efficacité a été renforcée en 1999 par la création d’un Fonds international destiné à aider les pays à mettre en place les opérations nécessaires au retour des œuvres. « Le Comité intergouvernemental reste à ce jour l’unique mécanisme de discussion au niveau international », a-t-il précisé.

Le Directeur général s’est enfin réjoui de la présence à ce débat public de représentants (*) de différentes régions, pratiques et expériences, ainsi que celle des trois communautés essentielles pour l’élaboration des politiques du patrimoine : les universitaires, les professionnels et les politiques. En conclusion, Koïchiro Matsuura a invité les participants à « avoir à cœur (…) d’inventer de nouvelles voies de collaboration ».



*Participaient au débat : Henri Loyrette, Président-Directeur du Musée du Louvre, Neil MacGregor, Directeur du British Museum, Mikhail Piotrovsky, Directeur du Musée de l’Ermitage, Alissandra Cummins, Présidente du Conseil international des Musées (ICOM), Bernice Murphy, Présidente du Comité de déontologie de l’ICOM, Alain Godonou, Directeur de l’Ecole du patrimoine africain (Bénin) Richard West, Directeur du National Museum of the American Indian (Etats-Unis), Hongnam Kim, Directeur du National Museum of Korea (République de Corée), Juan Antonio Valdés, de l’Université de San Carlos (Guatemala) et Krzystof Pomian, du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), France.

Author(s): Office of the Spokeswoman - Source: Flash Info N° 015-2007 -  Publication Date: 07-02-2007

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