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DIRECTOR-GENERAL OF UNESCO

Lutte contre l’illettrisme et sauvegarde du patrimoine culturel au cœur de la visite officielle du Directeur général en Mauritanie (9-11 janvier 2007)

Le Directeur général de l’UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, s’est rendu en visite officielle en République Islamique de Mauritanie du 9 au 11 janvier, afin de discuter avec les responsables du pays de la coopération engagée avec l’UNESCO dans les domaines de compétence de l’Organisation.

Cette visite s’inscrivait notamment dans le contexte d’une cérémonie officielle de remise de prix à des « trésors humains vivants » et de la signature d’un accord financé par le Fonds-en-dépôt japonais en faveur du programme d’appui au développement de l’éducation en Mauritanie (PADEM).

Lors de sa visite, M. Matsuura a été reçu par le chef de l’Etat, le Colonel Ely Ould Mohamed Val, auquel il a notamment fait part de sa satisfaction de voir la Mauritanie actuellement engagée sur la voie d’une transition démocratique, pacifique et pluraliste. M. Matsuura s’est également déclaré très satisfait des efforts entrepris par la Mauritanie pour participer aux côtés de l’UNESCO à la promotion des objectifs de l’Education pour tous, en particulier à travers l’initiative pour l’alphabétisation : Savoir pour pouvoir (LIFE), et la mise en place d’un Programme national de développement du système éducatif (PNDSE), cadre global de réforme éducative. Puis il a rendu hommage à la mise en œuvre par les autorités de politiques efficaces de sauvegarde durable des patrimoines culturels, matériels et immatériels, concrétisées par la ratification de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et la mise en place d’un système novateur de Trésors Humains Vivants, destiné à mieux valoriser les individus, groupes et communautés détenteurs de ce patrimoine.

M. Matsuura s’est, par ailleurs, entretenu avec le Premier ministre du pays, M. Sidi Ould Boubacar, ainsi qu’avec les principaux ministres du gouvernement, afin de discuter de l’approfondissement de la coopération entre l’UNESCO et la Mauritanie, notamment dans les domaines de l’éducation, de la culture et de la promotion de médias pluralistes. Dans ce contexte, outre la visite de la Bibliothèque Nationale, de la Maison du Livre, de l’Institut pédagogique national et du siège de Radio Mauritanie, M. Matsuura a procédé le 11 janvier à la signature avec le ministre des affaires économiques et du développement, M. Mohammed Ould El Abed, en présence de Madame Mehla Mint Ahmed, ministre de la culture, de la jeunesse et des sports, et présidente de la Commission nationale mauritanienne pour l’UNESCO, de M. Cheikh Ahmed Ould Si Ahmed, ministre de l’enseignement fondamental et secondaire, ainsi que de M. Yahya Ould Sid El Moustaph, ministre de l’alphabétisation et des affaires islamiques, d’un accord financé par le Fond-en-dépôt japonais en faveur de l’alphabétisation, de la qualité de l’éducation, de l’éducation fondamentale et de l’amélioration des capacités nationales en matière d’évaluation et de suivi. « A l’heure où la Mauritanie s’efforce de relever les multiples défis de la paix et de la concorde civile, ce projet étroitement lié à la mise en place d’une réforme éducative globale permettra, je l’espère vivement, de mieux répondre au défi impérieux d’une alphabétisation de qualité pour tous, fondement nécessaire d’un développement juste et durable», a ainsi déclaré le Directeur général.

Mettant l’accent sur l’importante coopération culturelle nouée entre l’UNESCO et la Mauritanie, M. Matsuura a participé à Nouakchott le 11 janvier, aux côtés du chef de l’Etat et de la ministre de la culture, de la jeunesse et des sports, à une cérémonie de remise de diplômes à six « trésors humains vivants », dépositaires de savoir-faire remarquables dans les domaines de la pêcherie et du chant. Rendant hommage à l’adoption par la Mauritanie d’une législation sur la reconnaissance et protection de ces dépositaires, M. Matsuura a rappelé combien la transmission de génération en génération était un élément clé de la viabilité du patrimoine culturel immatériel : « ce patrimoine, en tant que patrimoine vivant, doit être valorisé et transmis par les communautés et les groupes, leur procurant un sentiment d’identité et de continuité », a-t-il notamment souligné, avant de préciser : « C’est pourquoi, avec l’entrée en vigueur de la Convention, il est important de continuer à développer des initiatives nationales et régionales qui assurent la protection des détenteurs et la transmission de leurs connaissances et savoir-faire. Toutes ces initiatives que vous lancez seront autant d’expériences qui s’ajouteront à celles déjà existantes et qui pourront être portées à l’attention du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel chargé de la mise en œuvre effective de la Convention ».

M. Matsuura, parallèlement à ses entretiens bilatéraux, a pu s’entretenir avec la coordinatrice résidente du système des Nations Unies et l’ensemble de l’équipe pays des Nations Unies afin de discuter de la situation politique du pays et des perspectives futures de collaboration entre les différents programmes et agences du système.

Enfin, le Directeur général s’est rendu sur le site de Tichitt, ville inscrite en 1996, aux côtés de celles de Ouadane, Chinguetti et Oualata, sur la Liste du patrimoine mondial de l’humanité. S’exprimant en présence de la Ministre de la culture, de la jeunesse et des sports, ainsi que des autorités de la ville, de la région et des responsables de la Fondation nationale pour la sauvegarde des villes anciennes de Mauritanie, M. Matsuura a lancé un appel solennel à la sauvegarde de ces villes anciennes, ou ksours, symboles universels du commerce transsaharien et de la culture islamique. « Tichitt, cité-relai entre l'Afrique du Nord et l'Afrique noire, joyau de l’architecture médiévale et riche de milliers de manuscrits anciens qui témoignent de son immense rayonnement culturel et religieux, est aujourd’hui vidée d’une grande partie de sa population, fragilisée à l’extrême par la sécheresse l’avancée du désert. Il faut sauver cette ville de mémoire, symbole d’universalité, avant qu’il ne soit trop tard», a-t-il notamment lancé.

  • Author(s):Office of the Spokeswoman
  • Source:Flash Info N° 003-2007
  • 15-01-2007
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