UNESCO Banner

DIRECTOR-GENERAL OF UNESCO

Le nouveau ministre de la culture d’Afghanistan en visite à l’UNESCO

Le nouveau ministre de la culture d’Afghanistan en visite à l’UNESCO
  • © UNESCO/M. Ravassard

M. Abdul Karim Khoram, ministre de la culture, de l’information, de la jeunesse et du tourisme de l’Afghanistan, a été reçu par le Directeur général, le mercredi 6 décembre 2006, dans le cadre de la visite qu’il effectue en France à l’occasion de l’inauguration de la grande exposition que le Musée Guimet consacre aux « Trésors retrouvés » d’Afghanistan.

M. Matsuura s’est « réjoui » de cette occasion de rencontrer le nouveau ministre, « quelques mois seulement après sa nomination à des fonctions qui couvrent plusieurs domaines de la coopération établie entre l’UNESCO et l’Afghanistan ». Au cours de cet entretien, le Directeur général et le ministre ont particulièrement évoqué les projets en cours dans les domaines de la culture et de l’information.

Le Directeur général a rappelé que l’engagement de l’UNESCO dans le domaine de la culture et de la préservation du patrimoine culturel, matériel et immatériel afghan était « ancien et constant » et que « au-delà des actions immédiates de préservation et de réhabilitation du patrimoine culturel endommagé par des années de conflit armé et de privations de liberté, l’UNESCO était un partenaire attentif et disponible dans le domaine du transfert et d’acquisition de capacités. »

« Nous sommes engagés à vos côtés, a-t-il déclaré- pour assurer les actions de formation dans les différentes disciplines culturelles, afin d’aider l’Afghanistan à disposer de professionnels et d’expertise notamment en matière de restauration, conservation, et de gestion des archives et des bibliothèques. ». A cet égard, M. Matsuura a rappelé les nombreuses initiatives de l’UNESCO pour mobiliser les ressources financières et la coopération internationale afin d’assurer la préservation du site des Bouddhas de Bamyan, des minarets de Hérat et Jam, la réhabilitation du Musée de Kaboul et d’aider le pays à rebâtir une politique culturelle globale. « Notre rôle, a-t-il rappelé, est de faire travailler ensemble experts internationaux et nationaux et de mobiliser des ressources extrabudgétaires qui permettent la mise en œuvre des projets prioritaires que le seul budget de l’UNESCO ne pourrait assurer ». M. Matsuura, à cette occasion a rendu hommage aux efforts financiers consentis par plusieurs Etats membres tels que les Etats Unis d’Amérique, la France, la Grèce, l’Italie, le Japon, la Suisse.

Le ministre de la culture, de l’information, de la jeunesse et du tourisme de l’Afghanistan a remercié le Directeur général et a souligné l’importance « cruciale » que revêt la coopération avec l’UNESCO non seulement dans le domaine de la culture mais aussi dans celui de l’information et de la liberté d’expression : « C’est une priorité pour mon pays. Nous devons impérativement et le plus rapidement possible élaborer et mettre en œuvre une stratégie culturelle car dans une situation de post-conflit et de reconstruction d’une identité nationale démocratique, après trois décennies de guerre, les avancées obtenues peuvent être remises en question si l’on ne veille pas à édifier un vrai projet culturel ».

Le Directeur général et le ministre ont également évoqué la question des biens culturels déplacés ou volés ainsi que le trafic illicite de pièces appartenant au patrimoine culturel afghan. A ce sujet, les actions menées par plusieurs organisations, fondations et institutions internationales ont été saluées. En réponse au Ministre qui lui faisait part de l’importance que son pays attache au patrimoine immatériel, M. Matsuura a invité l’Afghanistan à accélérer le processus de ratification de la Convention de 2003 afin de pouvoir bénéficier des financements et supports techniques accordés aux Etats parties à cette Convention pour la mise en œuvre de projets visant à la protection de ce patrimoine particulièrement vulnérable. Le Directeur général a également évoqué la Convention de 2005 qui vient compléter le dispositif juridique mis en place afin d’assurer une protection de la diversité culturelle.

M. Abdul Karim Khoram s’est déclaré très attentif à ces questions convaincu qu’il est de la nécessité « d’agir vite et de créer les conditions d’une véritable dynamique culturelle pour palier la destruction du quotidien dont souffrent les Afghans ». « C’est une vraie destruction du quotidien que les talibans ont fait subir à notre peuple, en détruisant les industries culturelles du livre, du cinéma d’auteur, les expressions artistiques qu’il s’agisse de musique de peinture ou de photographie. Nous avons des besoins urgents en la matière car réhabiliter et restaurer ce qui a été endommagé ou détruit ne suffira pas si nous ne mettons pas en place une stratégie nationale de la culture. Nous avons le devoir de voir loin. On ne garantira pas l’avenir de nos monuments en nous contentant de les restaurer sans construire l’avenir sur une réelle approche culturelle », a-t-il conclu.

Le Directeur général a remercié le ministre de la confiance que les autorités afghanes accordent à l’UNESCO et lui a renouvelé « la disponibilité de l’UNESCO à poursuivre son soutien à l’instauration d’un avenir démocratique fondé sur les valeurs inscrites au cœur du mandat de l’UNESCO.

  • Author(s):La Porte-parole
  • Source:Flash Info N°198-2006
  • 08-12-2006
Europe and North America Latin America and the Caribbean Africa Arab States Asia Pacific