UNESCO: United Nations Educational Scientific and Cultural Organization

The Organisation

THE ORGANIZATION

Aimée Gnali

« RELATIONS AVEC LES NATIONAUX »

Boursière de l'Unesco de 1965 à 1967, j'ai travaillé au projet Unesco Ecole Normale Supérieure d'Afrique Centrale (ENSACC), à Brazzaville, en tant que professeur congolais (1967-1971), avant d'être recrutée par l'Unesco comme spécialiste du programme chargée des projets opérationnels au siège de l'Unesco, à Paris (1971-1978), puis administrateur de programmes d'éducation en Afrique (Breda) à Dakar (1978-1992). J'ai ainsi pu observer les experts sur le terrain de l'intérieur, avant de les suivre à distance en superviseur ou "évaluateur", d'un œil d'autant plus intéressé qu'en tant qu'Africaine, je me sentais concernée par les résultats des stratégies éducatives proposées par les ministres africains et mises en œuvre par les experts de l'Unesco.

Les relations entre experts et nationaux sur le terrain sont principalement influencées par l'enjeu du projet et le leadership conjoint directeur national/conseiller technique principal (CTP), lui-même influencé par la personnalité de l'un et de l'autre, détermine le climat de travail au sein du projet.

Le directeur national vit une situation des plus inconfortables : il dirige un projet décidé par son gouvernement auquel une assistance internationale a été accordée pour exécuter le projet, mais c'est le CTP qui en rend compte aux instances internationales. La tentation n'est–elle pas grande pour le CTP de gérer purement et simplement l'aide internationale : experts, équipements, bourses, finances ?

Que devient alors le directeur national, s'il ne fait pas le poids ? Surtout si la contrepartie gouvernementale n'est pas assurée comme il se doit. Il n'est pas toujours aisé de disposer d'un budget national propre ni de trouver des homologues. Comment intégrer les experts dans une équipe nationale, sans homologues ?

Dans les projets sans enjeu véritable, comme les projets de recyclage des enseignants ou même les écoles normales supérieures (ENS), l'absence d'une contrepartie solide ne se fait pas trop sentir et les relations sont généralement cordiales, avec la bonne volonté des uns et des autres. Mais lorsqu'il s'agit de projets de réforme de l'enseignement, qui dicte les orientations ? Qui décide de la pertinence des stratégies et des méthodes à mettre en œuvre par rapport aux prévisions du document de projet (prodoc) qui sert de base au projet ? Si les nationaux s'approprient le projet et le prennent en mains, le dialogue et la coopération peuvent s'instaurer au sein du projet et les relations entre experts et nationaux sont harmonieuses. En cas de rejet ou d'indécision de la part des nationaux, qui assume la responsabilité du projet ? Sans l'adhésion des nationaux, peut-il encore y avoir projet ? Pour qui ? L'enjeu, c'est-à-dire l'option décidée par le gouvernement pour le projet est donc fondamental pour la bonne marche de celui-ci. Mais est-ce toujours bien un enjeu national ?

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