UNESCO: United Nations Educational Scientific and Cultural Organization

The Organisation

THE ORGANIZATION

Liliosa Azara

Professeur en relations internationales, Université de Roma Tre
« L’utopie nécéssaire de L’UNESCO (1945-2005) »

L’UNESCO a représenté, depuis sa constitution, une utopie nécessaire, selon expression réussie de Jacques Delors. L’un des aspects excitants de l’UNESCO, même au niveau de l’opinion publique, figure dans le fait que tous le ses Etats membres ont le mêmes droits: son Conseil Exécutif n’a pas des membres permanents ; elle est la seule parmi les agences spécialisés des Nations Unies qui est pourvue d’un réseau des Commissions nationales.

L’une des caractéristiques particulières de l’UNESCO réside dans sa capacité, consolidée dans le temps, d’interagir avec la société civile, et ce à travers différentes formes de collaboration développées avec des acteurs individuels et collectifs du monde de l’éducation, des sciences et de la culture.

Un grand nombre d’ONG, de plus en plus représentatives de la conscience du monde, interagissent et collaborent avec l’UNESCO.

A partir de sa réflexion sur la “diplomatie des relations intellectuelles internationales”, selon l’expression de l’un de ses directeurs généraux, l’italien Vittorino Veronese, l’UNESCO propose une politique qui n’est pas hiérarchisée d’une manière statique dans le cadre d’une organisation mondiale ainsi qu’un ensemble d’interférences et interactions entre processus socioculturels, offrant ainsi un exemple concret de ce que Jürgen Habermas a défini comme “politique interne mondiale”

En retraçant l’histoire de l’UNESCO dans le contexte élargi des Nations Unies et, plus en général, des relations internationales durant les décades qui ont suivi la seconde guerre mondiale, il est tout à fait significatif, bien que non surprenant, que l’antagonisme URSS-USA, Est-Ouest, même dans les années de la guerre froide, n’ait pas été déterminant dans la stratégie ni dans la dynamique interne de l’UNESCO, alors que la dialectique Nord-Sud, quant à elle, a risqué de devenir un affrontement quasi paralysant pour l’Organisation.


Il apparaît clairement que dans le bilan positif des premières soixante années de son utopie nécessaire, l’UNESCO a été porteur d’une contribution fondamentale sur le plan de la réflexion théorique et sur l’application pratique des politiques, visant le développement d’une compréhension réciproque entre les peuples, avec leur histoire, leur traditions et leur valeurs spirituelles.

L’UNESCO continue à s’activer pour que les Etats et les nations, désormais conscients de leur interdépendance, de plus en plus forte, soient protagonistes de projets communs de développement dans le domaine de l’éducation, des sciences et de la culture, qui prévoient essentiellement la gestion pacifique et intelligente des conflits toujours possibles.

L’histoire des premières soixante années de l’UNESCO doit être nécessairement reconsidérée à l’intérieur des dynamiques complexes des relations internationales pendant la guerre froide, la détente et la transition de l’époque du bipolarisme à l’époque du monde unipolaire, suite à l’implosion et l’écroulement du communisme soviétique.

Une attention spécifique doit être accordée à l’émergence d’une nouvelle réalité: celle du Tiers Monde, qui passe de la phase de la décolonisation et de la constitution du Mouvement des pays non alignés à l’actuelle phase dramatique du perpétuel sous-développement.

Les recherches sur l’UNESCO appellent une approche multidisciplinaire et une conjonction de compétences d’étude: l’histoire politique, sociale, culturelle et religieuse du monde contemporain et le droit international dans le nouveau contexte du système des Nation Unies avec une sensibilité conjointe pour l’évolution des relations entre les Etats et les cultures dans les dynamiques complexes et imbriquées du siècle-monde à peine révolu.

Le recours à des disciplines différentes, de l’histoire au droit, de l’anthropologie à la littérature et au cinéma, est incontournable non seulement pour reconstruire, mais aussi pour comprendre les phénomènes tels que la diversité culturelle et l’interculture, qui sont au centre de la vie de l’UNESCO.

Dans son action l’UNESCO a du se confronter avec la dialectique Etat-nation versus gouvernement global: à ce propos la question écologique à fait tomber les voiles, comme l’a magistralement illustré Maurice Strong, dans la session d’ouverture du Sommet de la terre de Rio, en 1992, notamment en matière de sources d’énergie et de sauvegarde de l’environnement: il n’est plus en effet soutenable que la souveraineté soit exercée unilatéralement et individuellement par l’un ou l’autre des Etats.

Dans la gestion de l’UNESCO, les directeurs généraux ont joué un rôle très important, sur le plan de l’élaboration des programmes et des interventions pratiques. De Julian Huxley à Koïchiro Maatsura, des compétences professionnelles spécifiques, des background sociaux et culturels différents, des sensibilités idéologiques et religieuses, émanant de l’histoire des leur pays d’origine respectifs, ont constitué indubitablement une ressource pour la maturation du choix stratégique de la diversité culturelle, la voie, au même temps, majeure et obligée pour l’action globale de l’UNESCO.
___________________________________
* Le professeur Carlo Felice Casula a publié en 2005 avec madame le professeur Liliosa Azara, le livre “UNESCO 1945-2005. Un’utopia necessaria. Scienza, educazione e cultura nel secolo mondo (Città Aperta Edizioni, 2005)

Europe and North America Latin America and the Caribbean Africa Arab States Asia Pacific