UNESCO: United Nations Educational Scientific and Cultural Organization

The Organisation

THE ORGANIZATION

Dina Karam

Parcours universitaire : titulaire d’un(e)
- Maîtrise en Sciences Politiques (Université Saint Joseph de Beyrouth)
- Master en Droit de l’Homme et Démocratisation (Université de Malte)
- DEA en Sciences Politiques (Université Saint Joseph de Beyrouth)
- Actuellement effectue une thèse de doctorat en sciences politiques sur le multilatéralisme, et à ce titre participe à un atelier de recherche sur le principe de réflexion et d’action sur le même sujet.
Ses travaux universitaires reposent sur les droits de l’homme dans les institutions internationales en méditerranée.

Mon intervention intitulée: « De l’Elitisme à l’Education Pour Tous » éclaire la question de l’égalité démocratique en montrant comment le concept d’égalité des chances a contribué à l’élaboration et l’application d’un ensemble de réformes législatives et de dispositifs d’action publique grâce à l’action de l’UNESCO et de ses partenaires par le biais du programme « Education Pour Tous ».
« De l’élitisme à l’éducation pour tous »

Introduction :

Parler de l’histoire de l’UNESCO, c’est parler de l’histoire de l’éducation tout d’abord ; c’est l’hypothèse d’une Ecole de masse où les inégalités sociales se réduisent.

Le Préambule de l’Acte constitutif de l’UNESCO fut le premier traité international à évoquer l’égalité des chances en matière d’éducation.
“Les Etats signataires de cette Convention, résolus à assurer à tous le plein et égal accès à l’éducation…”, mais également la Convention relative à la lutte contre la discrimination dans le domaine de l’enseignement (1960) et la Convention relative aux droits de l’enfant (1989), la Convention sur l’enseignement technique et professionnel (1989) reconnaissent le “droit égal d’accès à l’enseignement”.

Que voulaient dire les auteurs de l’Acte constitutif de l’UNESCO lorsqu’ils se sont engagés à susciter une coopération véritable entre les états membres?
L’Acte constitutif est une prose oratoire ; une plaidoirie ; une pièce à l’éloge de l’Egalité avec un grand E consistant, comme la Liberté en une sorte de philosophie. Le problème central chez les auteurs de l’Acte constitutif est celui du bien-être de l’homme dans la société quelle que soit l’époque, car l’homme ne se réalise que dans l’histoire. Comment remédier à des sociétés inégales, injustes ? La problématique qui se pose est celle de l’égalité d’accès à l’éducation.
Pour donner les mêmes chances à chacun il faudrait évoquer les capacités de chacun. Le mot chance est du domaine du hasard, de la probabilité, de l’éventualité. « Chance » vient du latin cadere (tomber) qui implique le succès ou l’insuccès soit la possibilité de se produire par hasard.
Pour les auteurs de l’Acte constitutif de l’UNESCO, il s’agit donc de la foi en l’égalité des chances face aux aléas du destin.

Il y a donc une relation de renforcement mutuel : liberté de l’éducation et accès à l’éducation. C’est tout naturellement autour de la question de l’éducation que se concentre le débat sur l’égalité des chances. L’inégalité réside dans l’accès à l’école, qui fait obstacle à l’égalité des droits.

Quels sont les cadres juridiques efficaces pour garantir la liberté de l’éducation ? Quelles initiatives peut-on prendre pour augmenter l’accès à l’éducation ? D’autre part, pourquoi démocratiser l’éducation ? Quelles inégalités, dans le domaine de l’éducation ? Pourquoi des inégalités subsistent-elles ? Y-a-t-il une diminution des inégalités du fait de l’action de l’UNESCO ? L’inégalité peut-elle justifier le droit à la différence ? L’hypothèse d’une augmentation des inégalités est-elle significative ?
Nous en sommes très largement au stade des questions.

Notre analyse se situe à deux niveaux : d’une part, à travers la construction sociale du problème ; d’autre part, dans une perspective historique à travers les efforts de la communauté internationale.
Nous traitons du droit à l’égalité des chances : les chances d’accès au savoir, aux soins de santé, au travail, à un logement décent. Il est courant d’opposer les inégalités liées à la naissance, qui seraient injustes, à celles qui seraient liées au “mérite”, qui seraient justes. Il s’agit de la carrière scolaire d’un élève qui doit dépendre seulement de ses résultats scolaires antérieurs.
La prétention à l’égalité doit désigner la lutte contre les discriminations de fait et de droit. Les principes de non-discrimination et d’égalité des chances sont donc en question.
La question de l’égalité ou de l’inégalité des chances se pose malheureusement encore et toujours.

La construction sociale du problème
Dans la société démocratique, les individus sont égaux au regard de leur statut juridique. Un des objectifs fondamentaux de la démocratie est de réduire les inégalités et d’assurer le bien-être au plus grand nombre. C’est dire qu’une société démocratique ne se réduit pas simplement au régime politique qui la caractérise. L’égalité des droits s’est construite de façon progressive.
L’égalité des chances est présentée comme une position intermédiaire entre égalité de droit – qui paraît trop formelle – et égalité de situation – qui paraît trop difficile à atteindre. L’égalité des chances suppose une intervention du gouvernement. Le gouvernement garantit un minimum social, soit sous la forme d’allocations familiales, soit en instaurant la gratuité de l’enseignement… L’UNESCO se focalise surtout sur la recherche de l’efficacité. Ses fondements viennent principalement de la philosophie morale, et plus particulièrement de ce qu’on appelle les « théories de la justice ».

Les théories de la justice (Rawls, Sen…) peuvent-elles nous aider à définir l’injustice en éducation ? Les théories de la justice en effet, s’interrogent depuis Platon jusqu’à Sen, sur ce qu’est une situation juste.

Les efforts de la communauté internationale Le souci de démocratiser l’éducation s’est manifesté au début des années 60, lorsque l’UNESCO organisa des conférences régionales, respectivement à Karachi pour l’Asie en 1960, à Addis-Abeba pour l’Afrique en 1961, à Santiago pour l’Amérique Latine et à Tokyo pour le Japon en 1962.
Il ne faut pas passer sous silence certaines réalisations fort importantes.
L’UNESCO a contribué à la démocratisation de l’accès à l’éducation. Il est peu de domaines en dehors de l’éducation où la communauté internationale affirmés avec autant de constance et de régularité son engagement théorique en faveur d’un accès plus égal.

Grâce aux conférences l’EPT représente une nouvelle étape de l’émergence du droit international à l’éducation. C’est toute la question de la conciliation entre liberté individuelle et bien-être collectif qui est posée comme problématique de nombreuses réunions internationales.
Jomtien et Dakar forment un processus qui a mis en avant sur la scène internationale la question de l’éducation en tant que droit fondamental.
Le Cadre d’action de Dakar tire une certaine force juridique du fait que ses principaux éléments figuraient dans des textes comme l’Acte constitutif de l’UNESCO et les instruments internationaux existants. Ce document engage les Etats à réaliser les objectifs d’une éducation de base de qualité pour tous d’ici à l’an 2015 qui s’impose comme « moment clef » pour l’avenir du droit à l’éducation et de la lutte contre les inégalités. Mais l’UNESCO n’est pas seule responsable de la réduction de l’analphabétisme, la responsabilité incombant aussi à tous ses partenaires (UNICEF, OIT, UNFPA et la Banque mondiale).

Conclusion
La raison d’être de l’UNESCO est donc de promouvoir l’éducation, la formation et le développement sans but lucratif en donnant à l’enseignement de masse la possibilité pour l’application d’une réelle démocratisation.
Au cœur de l’action de l’UNESCO figure la lutte contre toute forme de discrimination. L’UNESCO est un organisme héritier, un passeur d’héritage, un centre de transmission des savoirs. L’UNESCO n’apporte pas une aide médicale ou alimentaire, mais soigne les esprits avec une assistance éducative.
L’UNESCO en soit est une valeur. L’UNESCO est une oeuvre d’art qui n’a pas à se justifier, acquérant sa valeur à travers la vision du monde qu’elle propose. Ce monde est un produit de l’esprit.
Enfin, aussi symbolique que soit cette journée elle doit contribuer à affirmer notre volonté d’une action continue et d’envisager de nouvelles perspectives d’avenir.

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Bibliographie

- Brock Brigitte, Whose education for all ? Falmer Press, 2000.
- Grugeon Elizabeth and Peter Woods, Education for all : multicaltural perspectives in the primary school. London, Routledge, 1990.
- Jacobs Lesley, Pursuing equal opportunities : the theory and practice of egalitarian justice. Cambridge University Press, 2004.
- Koubi Geneviève et Guglielmi Gilles, L’égalité des chances : analyses, évolutions et perspectives. La Découverte, 2000.
- Lévesque Mireille, Jalbert Henri, L’égalité des chances en éducation. Pour qui sont les chances en éducation ? Québec : Le Conseil, Direction des communications, 1980.
- Marshall Catherine, Re-framing educational politics for social justice. Boston : Pearson/Allyn and Bacon, 2005.
- Miller David, Principles of social justice. Harvard University Press. 1999.
Verma Gajendra, Education for all : a landmark in pluralism. London ; New York : Falmer Press, 1989.

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