UNESCO: United Nations Educational Scientific and Cultural Organization

The Organisation

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Cédric Viale

M. Cédric VIALE travaille principalement sur les questions autochtones à travers l’anthropologie juridique.
Ce vaste champ d’étude à cheval sur des sujets juridiques d’une haute technicité et les sciences sociales ayant l’homme comme sujet d’observation est le domaine de travail de ce jeune universitaire.
Ses recherches l’ont amené à s’intéresser entre autres aux activités de l’UNESCO et de faire part de ces études sur le sujet en Islande et en France où il enseigne, en Italie, au Japon, au Canada notamment.
Ces capacités dans ce domaine lui ont permis de se voir qualifier d’expert par son jury de thèse et de collaborer en tant qu’expert aux travaux d’une mission diplomatique près l’ONU et l’OMPI.
Professeur associé, Institut Catholique Supérieur de la Roche sur Yon, France
« Politique de l’UNESCO : quand le relativisme culturel change les concepts des droits de l’Homme. »

Le travail de l’UNESCO a permis à de nombreuses populations de faire entendre leur voix sur la scène internationale. L’une des conséquences de l’action de l’institution parisienne est à mettre au crédit du relativisme culturel. En effet, l’évolution des concepts du droit international des droits de l’Homme passe par une ouverture d’esprit, elle-même due en partie à l’acceptation de l’autre.
Le fait que l’UNESCO ait œuvré à faire découvrir les cultures des civilisations non-étatiques a amené les ensembles définis par ces civilisations à se faire accepter et plus encore à avoir droit de cité. Les populations autochtones restent à ce titre un exemple remarquable de succès.
Leur acceptation internationale admise, une seconde étape s’offrait à eux : la participation des représentants autochtones à des réunions multilatérales importantes est devenue une habitude.
Pour ne prendre que les représentants autochtones, leur participation régulière aux rencontres multilatérales, ont su influencer l’orientation que prennent les droits de l’Homme. Leurs cultures est en effet un facteur important dans l’interprétation de ces normes : le droit ne s’articule pas uniquement autour de textes mais aussi autour de techniques dont l’interprétation fait partie. Aussi, la place de choix que l’UNESCO donne à la culture, à son développement, à sa diffusion, est fondamentale pour les autochtones.
Ainsi, des notions aussi simples que celles de « famille », « vie », « médecine » prennent un relief particulier dès lors que l’idée que s’en font les nombreuses populations indigènes de la planète est entendue. La dimension cosmique de la vision autochtone, les particularités mythologiques, les conceptions philosophiques et bien d’autres éléments qui constituent un domaine aux confins de la culture et de la science autochtones jouent désormais un rôle dans l’interprétation des normes qui touchent directement ou moins directement les peuples premiers.
Cette ouverture de la communauté internationale aux populations autochtones permet par le biais de droit et notamment du droit international des droits de l’Homme de réviser le concept même d’Homme, d’Humain.
L’Homme juridique du milieu du XXème siècle n’a pas changé de physique, d’apparence il ne correspond cependant plus à l’Homme du XXIème siècle. Les textes majeurs des droits de l’Homme n’ont pas changé depuis des décennies. Cependant, le travail de l’UNESCO joint aux événements politiques majeurs ayant eu lieu sur la planète, ont permis de développer une vision de l’Homme bien différente de celle perçue il y a six décennies.
L’UNESCO, de part son travail de production d’instruments juridiques, mais aussi grâce à la promotion constante de la diversité culturelle a permis de donner une autre dimension à la conception de l’Homme. A partir de travaux variés de l’organisation de la place Fontenoy, nous envisageront les apports fondamentaux de celle-ci pour les droits de l’Homme et d’une manière plus générale pour l’Homme. La contribution proposée se basera sur la technique du relativisme culturel chère à Claude Lévy-Strauss. Pour démontrer que les efforts de l’UNESCO ne produisent pas que des effets dans son cadre strict, nous nous pencherons aussi sur les influences mutuelles des différentes institutions de la famille onusienne.
L’effet de ces travaux se fait sentir dans des domaines aussi variés que ceux traités par l’O.M.S. (reconnaissance de « chaman » et « medecin-man »), par l’O.I.T. (Convention n° 169, le traité référence en matière de questions autochtones, seul instrument contraignant en la matière), l’OMPI (le Comité Intergouvernemental de la propriété intellectuelle relative aux ressources génétiques, aux savoirs traditionnels et au folklore se penche depuis 2001 sur les problèmes culturels en rapport avec le droit de la propriété intellectuelle). Loin de se limiter à une sphère restreinte, l’acceptation de la culture, de la vision du monde autochtone remet en cause certaines bases du droit et notamment son premier bénéficiaire, l’Humain. En effet, au-delà de la dimension physique, l’Homme se définie par différentes autres approches intellectuelles parmi lesquels se trouve le droit. Celui-ci inhérent aux sociétés humaines est basé sur une histoire, une approche culturelle et idéologique propre à chacune de ces sociétés. Dès lors, avec le temps, plus nombreuses sont les sociétés, les avis pris en compte dans les négociations de textes internationaux, plus les concepts de bases tel qu’ « Homme » ou ceux qui sont propres à ce dernier, sont amenés à évoluer : quand les cultures fait évoluer le droit…

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