UNESCO | Education - Le projet chinois de l’école de l’eau pour un Yangtsé vivant, conférence à Bonn, 31 mars au 2 avril
Mars 2009

Le projet chinois de l’école de l’eau pour un Yangtsé vivant, conférence à Bonn, 31 mars au 2 avril
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Le projet visant à sauver le fleuve chinois Yangtsé constitue l’une des initiatives qui sera présentée lors de la Conférence mondiale de l’UNESCO sur l’éducation pour le développement durable, qui aura lieu à Bonn (Allemagne) du 31 mars au 2 avril.

Il est l’un des 25 projets d’EDD du monde entier qui seront présentés lors de l’exposition installée sur le site de la conférence. L’école de l’eau « Living Yangtze » fait partie du programme international des écoles de l’eau, parrainé par l’entreprise autrichienne Swarovski, qui intègre enfants et communautés pour restaurer durablement les écosystèmes du fleuve le plus connu de Chine.



Avec un bassin versant couvrant 1,8 millions de kilomètres carrés, le fleuve Yangtze est vital pour la majorité de la population chinoise, ainsi que pour des espèces rares et endémiques telles que le panda géant, la grue à cou noir et le léopard des neiges.

La pression anthropique et le développement économique rapide ont très vite transformé le fleuve en un dépotoir recueillant 60 % de la pollution du pays et constituant à lui seul la plus importante source de pollution de l’océan Pacifique, selon l’organisation non gouvernementale chinoise, Shangri-la Institute for Sustainable Communities (SISC).

Sun Yao, élève du primaire dans le Sichuan (une province du sud-ouest de la Chine), a vécu toute sa vie près d’un affluent du Yangtze, la rivière Baicao. Cette rivière fournit de l’eau potable aux 6 600 habitants de la ville de Piankou, dans le comté de Beichuan, l’une des zones les plus sévèrement touchées lors du tremblement de terre de mai 2008, responsable de la mort de 80 000 personnes.

Dans les années 1980, la rivière « était si claire que vous pouviez en voir le fond », se souvient Zeng Wenjun, un habitant de la ville d’une quarantaine d’années. « Le poisson Qingbo (« Eau claire ») qui vivait exclusivement dans cette rivière avait un goût incomparable. Malheureusement, il a disparu aujourd’hui. »

Sun Yao et ses camarades de classe ont commencé à se sentir concernés du fait de l’odeur infecte des « montagnes de détritus » s’étendant sur 10 kilomètres de rivière : panneaux de polystyrène, tasses, restes de repas, seringues médicales et sacs en plastique. Au printemps 2008, ils ont intégré le projet supervisé par le SISC, qui a pour partenaires le ministère de l’Éducation chinois et l’UNESCO.

Les élèves de l’école primaire centrale de Piankou ont commencé à évaluer la qualité de l’eau et les tests préliminaires ont montré à quel point elle était déjà très polluée. Sur la base des résultats de plusieurs analyses effectuées dans et autour de Piankou, Sun et ses camarades de classe ont proposé un projet de redéploiement des 15 poubelles des deux artères principales « de manière plus scientifique » et de création d’un système d’enlèvement des ordures.

À leur grande surprise, la municipalité a approuvé leur proposition et un projet de traitement des eaux usées, basé sur les principes de fonctionnement des écosystèmes des terres humides, est en cours de discussion. Par ailleurs, les élèves ont envoyé des questionnaires aux communautés de Piankou : 89 % des répondants ont déclaré qu’il était nécessaire de traiter la pollution de la rivière.

« La valeur de ce projet réside dans son modèle d’intégration qui implique largement les communautés, plutôt qu’une solution technique ciblant un problème mineur. Nous encourageons ce processus d’apprendre en faisant, pour qu’un changement tangible des mentalités et des comportements aient des effets sur la politique gouvernementale, en promouvant une participation publique plus large dans la protection à long terme de l’environnement, » explique Dorjie, coordinateur du programme SISC.

En 2009, le projet -qui implique plus de 50 000 élèves dans 27 écoles primaires et secondaires du Sichuan et des provinces adjacentes- s’étendra à la capitale chinoise Beijing, dont il est notoirement connu qu’elle manque d’eau. Un projet semblable est prévu pour le deuxième cours d’eau le plus long de Chine, le Fleuve jaune.

Cinq ans après le lancement de la Décennie des Nations Unies pour l'éducation au service du développement durable, dont l'UNESCO est l’agence chef de file, la Conférence mondiale de l’UNESCO sur l’éducation pour le développement durable a pour objectif de mettre en lumière la pertinence de l’EDD pour l’éducation dans son ensemble; de promouvoir les échanges internationaux sur l’EDD, tout particulièrement entre pays du Nord et du Sud ; de faire l’inventaire des réalisations de la Décennie et de développer des stratégies pour les années à venir. Cette conférence est organisée par l’UNESCO et le ministère fédéral allemand de l’Education et de la Recherche, en coopération avec la Commission allemande pour l’UNESCO. (Source: Le Courrier de l’UNESCO)

 

Site de la conférence de Bonn : exposition de projets d’EDD

Bureau de l’UNESCO à Beijing (en anglais)

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