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Milieu : formel et non-formel Niveau : maternelle, primaire, secondaire EICame (Equipo Interdisciplinario Capacitador en Mediación educativa) est une équipe interdisciplinaire de médiateurs en éducation. Les formations mises en place depuis 1998 ainsi que le programme de médiation scolaire (présentée à la Chambre des députés de la province du Chaco) représentent une initiative unique en Argentine. Les objectifs de cette ONG sont de diffuser des techniques de résolution de conflits, en particulier à travers la médiation et la négociation, au sein du milieu scolaire. Ils nous paraît intéressant de partager leur témoignage qui peut servir d’exemple et être adapté à d’autres réalités culturelles. Depuis 1998, des cours de médiation scolaire officiellement reconnus par le ministère sont dispensés aux instituteurs de tous niveaux, afin qu’ils prennent conscience de la présence du conflit ainsi que des attitudes liées, dans les écoles en Argentine. Les méthodes de résolution de conflits que nous leur proposons sont la négociation et la médiation. La méthode éducative de la « Résolution Alternative de Disputes », le RAD, peut être définie en tant que processus d’« éducation aux valeurs ». La paix, la solidarité, la coopération, la tolérance et l’acceptation de la diversité doivent d’abord être intégrées par les adultes, les formateurs et les enseignants, avant d’être transmises aux élèves. Nous partons du principe que les malaises et les conflits existeront toujours au sein des institutions « … dont la santé peut s’évaluer non pas par l’absence de conflits mais à partir de la capacité que l’institution à les reconnaître, les affronter et, dans le meilleur des cas, à les résoudre »*. Il s’agit pour chaque institution de définir ses propres moyens de gestion des conflits en fonction des réalités locales. Cette proposition a été élaborée et approuvée en tenant compte, entre outres, des engagements proposés par le Manifeste 2000 de l’UNESCO pour l’Année internationale de la culture de la paix, à savoir : 1. "Respecter toutes les vies" - 2. "Rejeter la violence" - 4. "Libérer ma générosité" - 4. "Ecouter pour se comprendre" - 5. "Préserver la planète" - 6. "Réinventer la solidarité" Nous pensons qu’une "prise de conscience" est fondamentale. Dans notre communauté, avoir des conflits est trop souvent considéré comme un tort ; un enseignant ayant des problèmes est facilement jugé comme un "mauvais" enseignant. Par exemple, combien de fois nous discriminons un instituteur récemment incorporé parce qu’il n’a "pas d’expérience" ou, à l’inverse, un enseignant de longue date parce qu’il "ne connaît rien aux réformes", ou encore un élève, parce qu’issu de tel ou tel milieu ? Nous avons tous entendu, un jour, ce genre de phrases : « Que peut-on attendre d’un garçon qui vient de ce quartier, de parents séparés ! » Nous devons prendre conscience du fait que nos paroles véhiculent souvent un contenu discriminatoire qui n’est pas toujours apparent au premier degré. C’est pourquoi nous considérons que l’auto-évaluation est un point essentiel pour la gestion des conflits, processus qui commence par la reconnaissance des responsabilités de chacun de nous dans la "co-construction" des attitudes violentes envers les autres. Pour cette raison, il nous a semblé opportun de créer dans l’école un lieu de partage de nos problèmes quotidiens afin d’analyser nos propres attitudes sans être jugés. Cette idée nous a démontré son efficacité car grâce à ce lieu il est possible d’assimiler progressivement les principes de la négociation et de la médiation que nous enseignons. Cependant, nous ne pouvons pas demander aux adultes d’apprendre aux élèves ce à quoi ils ne sont pas, eux-mêmes, suffisamment préparés. Il s’avère en effet que les instituteurs ne sont pas satisfaits de la manière dont ils gèrent leurs conflits et ils réclament certains outils, car ils doivent, en premier, connaître ces techniques et les appliquer pour la résolution des conflits qui naissent au sein de l’institution scolaire. La négociation et la médiation ont comme outils principaux le dialogue et l’écoute afin d’encourager la responsabilisation de chacun et la compréhension de l’autre. Ces pratiques sont promues aussi par le Manifeste 2000 de l’UNESCO qui invite à pratiquer la "non-violence active". Une des techniques fondamentales pour la gestion pacifique des conflits est de comprendre les sentiments de l’autre, interpréter sa culture et saisir ses différences, sans les considérer comme des défauts, pour ainsi réussir à "se mettre dans sa peau." La paix se construit chaque jour et nous sommes tous responsables de cette entreprise. Quelques éléments de négociation et de médiation …qui peuvent aussi être développés dans l’étude d’une discipline comme l’Histoire. En abordant, par exemple, la Révolution de Mai de 1810 qui engendra le processus d’indépendance de l’Argentine par rapport à l’Espagne, nous avons travaillé à partir de ces concepts en nous demandant : Une fois que la position de chaque partie a été définie et les demandes identifiées, nous nous sommes aussi posés les questions : pourquoi le voulaient-ils? quelles étaient leurs nécessités? Nous avons ensuite évalué les alternatives possibles dans ce moment précis et quel aurait été le cours de l’Histoire si celles-ci avaient été adoptées. Des méthodes similaires peuvent s’appliquer à d’autres matières telles que : Des exemples réussis de médiation à l’école Dans un collège de la ville de la Resistencia, Chaco, un conflit a surgi entre les élèves de dernière année au sujet de l’endroit où la fête de fin d’année devait avoir lieu, un groupe voulant l’organiser dans un club et l’autre ailleurs. Toutes les tentatives de négociation échouaient, la situation s’envenimait au point de provoquer des divisions entre les élèves pendant les heures de cours. Le choix du lieu devenait ainsi un argument de provocation entre les différents groupes et ceci avait largement dépassé la cause du conflit. Le recours à la médiation fut décidé par les enseignants pendant les heures de cours et l’on transforma le conflit en un moment pédagogique. L’enseignant commença en fixant les règles de base de la médiation c’est-à-dire, par exemple, ne pas agresser ou interrompre les autres. Après que chaque groupe eut donné ses positions, le travail consista à détecter leurs intérêts et leurs perceptions. En effet, le groupe A pensait que le groupe B ne cherchait qu’à imposer son pouvoir à l’ensemble du groupe, tandis que B soutenait que les autres avaient un intérêt personnel à organiser la fête dans un lieu déterminé. Ils avaient l’impression que c’était "toujours" à eux (B) de prendre les décisions de la classe à cause de la passivité du groupe A. Voici le témoignage de l’enseignant : « Nous avons travaillé en utilisant les techniques de communication pour arriver à ce que les deux parties s’écoutent, qu’elles puissent commenter leurs perceptions respectives en vue de définir des intérêts communs ou différents. Les intérêts, notés au tableau, ont servi de base pour lancer des idées et des discussions. A ce moment, l’heure de cours s’étant écoulée, chaque groupe a désigné deux représentants pour trouver un accord : finalement, les deux groupes ont convenu de réaliser la fête dans un troisième lieu où ils se rendraient tous. Dans ce cas, la médiation a été utilisée comme un processus d’apprentissage qui a permis à tous de modifier l’interprétation des intentions manifestées par le groupe adverse, ce qui améliora les relations au sein de la classe. » Une autre expérience a été réalisée dans une école maternelle à Chaco. Parmi les objectifs proposés par le projet, nous avons : Nous pouvons signaler les résultats suivants : C’est ainsi que certains cas de médiation spontanée entre élèves sont nés. Un jour, par exemple, lorsqu’ils jouaient au football, l’un des jeunes s’est fait exclure de la partie pour avoir joué trop brutalement. L’institutrice voulant intervenir, les enfants ont répondu : "on va arranger ça entre nous" et se sont mis de côté pour discuter seuls avec leur camarade. Celui-ci s’excusa et la partie reprit. Irma Zalazar de Porfirio, Teresita Noemí Codutti, Daniel F. Martínez Zampa, Equipo Interdisciplinario Capacitador en Mediación Educativa * IANNI, Norberto Daniel y PEREZ Elena, La Convivencia en la Escuela : un hecho, una construcción, Paidós, Buenos Aires, Febrero, 1998 Contact : EICaME Equipo Interdisciplinario Capacitador en Mediación Educativa Av. Italia 745 Tél. (03722) 42 18 22 - 15 64 37 41 Resistencia - Chaco – Argentina E-mail: abrjos@arnet.com.ar Web: www.mediacioneducativa.com.ar
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