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Le dilemme de la langue maternelle
Toutes les études le montrent : on apprend mieux dans sa langue maternelle. Encore faut-il qu’elle soit enseignée à l’école, ce qui n’est pas le cas de la plupart des idiomes minoritaires. Plus sensibles qu’hier aux vertus du multilinguisme, certains pays essaient aujourd’hui de favoriser un apprentissage en plusieurs langues. Mais les obstacles, aussi bien politiques qu’économiques, restent nombreux.
L’affaire avait fait grand bruit. En 1998, les électeurs de Californie (Etats-Unis) adoptaient par référendum l’usage obligatoire de l’anglais comme langue unique dans les écoles publiques.
Malgré l’opposition d’une coalition d’organisations de défense des droits civiques, la désormais célèbre « proposition 227 » était approuvée par plus de 60 % des votants.
Conséquence : les enfants d’origine étrangère habitant cet Etat n’ont plus la possibilité de suivre un enseignement dans leur langue maternelle, l’espagnol dans la plupart des cas.
La proposition 227 prévoit en effet qu’après un an d’enseignement intensif de la langue anglaise, tous les enfants soient plongés dans le système éducatif général.
L’histoire peut sembler anecdotique. Elle ne l’est pas. Elle révèle d’abord le caractère passionnel de tout ce qui touche à la langue. Elle s’inscrit aussi à rebours d’un mouvement qui, depuis plusieurs décennies, va plutôt dans le sens d’une reconnaissance de la langue maternelle et, plus largement, des vertus du plurilinguisme.
« Les enseignants connaissent pourtant la valeur d’un apprentissage dans la langue maternelle depuis des années », note Nadine Dutcher, consultante au «Center for Applied Linguistics» de Washington (Etats-Unis).
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