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Les ministres, entre autres, de la Zambie, de la Gambie, du Mali, de la Namibie, du Nigeria, de Côte d'Ivoire et des Comores, représentant leurs pays respectifs à cette réunion de suivi du Forum mondial sur l'éducation à Dakar en 2000, ont observé que l'éducation utilise la langue pour transmettre des images."L'enseignement de la langue maternelle à l'école primaire est extrêmement important en raison des processus cognitifs intervenant au niveau de la phase de formation. Il reste un outil puissant de transmission de la connaissance et d'amélioration de l'éducation. Après tout, aucun pays ne peut se développer en utilisant une langue étrangère que son peuple ne comprend pas bien", a déclaré M. Andrew Mulengua, le ministre zambien de l'Education. M. Mulenga, qui a dit que son pays utilisait la langue maternelle comme langue d'instruction durant les quatre premières années d'école, a soutenu qu'il s'agit d'un outil puissant qui peut être utilisé en vue d'améliorer la qualité de l'éducation. Cette session avait été convoquée pour étudier les différentes façons d'améliorer la qualité de l'éducation en Afrique et savoir si la langue maternelle a un rôle à jouer dans le développement de la petite enfance. Selon M. John Mutorwa, le ministre namibien de l'Education, l'alphabétisation ne progressera pas totalement dans l'organisation traditionnelle africaine tant qu'elle ne sera pas introduite par le biais de la langue maternelle. "Nous pensons tous d'abord dans nos langues maternelles avant d'interpréter les scènes, expériences, faits et chiffres, et même les enfants, à qui on apprend de nouveaux concepts pour la première fois, ne peuvent les comprendre que si cela est fait dans un contexte culturel familier", a fait remarquer ce dernier. "Pourquoi tant d'élèves redoublent leurs classes ?", a demandé M. Michel Amani Nguessan de Côte d'Ivoire. "Les images auxquels les élèves sont exposées sont étrangères et en conséquence de cela ils ratent leurs examens. Toutefois, lorsqu'on leur enseigne dans leur langue maternelle, les parents seront aussi en mesure de contribuer à l'éducation de leurs enfants", a-t-il argumenté. Les ministres des Comores et du Mali ont soutenu la position ivoirienne. Pour M. Mamadou Lamine Traoré du Mali, il est temps que les écoles africaines s'adaptent à leurs environnements respectifs. Il a suggéré des réformes impliquant la reconstruction de l'orientation culturelle du système d'éducation. "L'Afrique est le seul continent du monde où les enfants vont à l'école et sont obligés de parler une langue qui est totalement différente de celle de leurs familles", a-t-il souligné. "J'attends avec impatience le moment où l'usage de la langue maternelle sera commune à toute l'Afrique", a déclaré Mme J. Ibrahim, coordonnatrice de l'Education pour tous (EPT) pour le Nigeria. Toutefois, le ministre ougandais de l'enseignement primaire, M. Namirembe Bitamazire, a prévenu des dangers qu'il y a à se ruer sur l'usage de la langue maternelle à l'école sans tenir compte de la capacité des enfants envoyés à l'école. "Certains enfants sont mal nourris, d'autres malades, tandis que d'autres sont traumatisés à tel point qu'ils ne peuvent pas se concentrer dans l'apprentissage. C'est là que la capacité de l'enfant se heurte aux demandes pour une éducation de qualité", a-t-elle expliqué. Par ailleurs, les ministres tiendraient une session spéciale jeudi pour discuter de la question de la langue et de la politique de la langue, dans laquelle le débat sur la langue maternelle devrait jouer un rôle important. Par Tervil Okoko Un des envoyés spéciaux de la PANA |
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