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MUSEUM International N°244
 
Que peut encore l'Art?

Museum244 Fr Large.gifTable des matières

Éditorial Isabelle Vinson

Préface Eduardo Portella

La crise des valeurs

Art et résistance

 



La quête de la beauté contre l’arrogance de l’art, Masahiro Hamashita

Grâce aux incitations des politiques nationales et aux exigences d’une société de consommation, l’art connaît une prospérité record. Toutefois, l’importance qu’on lui accorde aujourd’hui trahit le manque d’attention prêtée à la beauté. L’esthétique, non la beauté, a la mainmise sur notre imagination, nos illusions et nos représentations, en un mot sur nos images (grec : phantasma). L’esthétique sous-tend toute la sphère de l’activité humaine, de l’investissement économique à la fabrication d’idoles médiatiques et à l’invention télévisée de séduisantes réalités virtuelles. Cet article soutient que l’art, pour être prégnant, devrait s’engager dans une quête de la beauté. Cependant, plus l’esthétique s’écarte de la réalité, plus il devient difficile pour l’art de cultiver une idée de la beauté. Retour Sommaire

Les arts : valeurs refuge ou accord futur ? Thierry Dufrêne

Le texte de Thierry Dufrêne a pour point de départ la phrase d’Hannah Arendt, selon laquelle « toute discussion sur la culture doit de quelque manière prendre comme point de départ le phénomène de l’art ». L’auteur avait mis l’accent sur la nécessité qu’a chaque culture de négocier avec les autres sa propre conception de ce qu’elle appelle beauté et rappelé la formule d’André Malraux, qui se déclarait incertain sur l’avenir de l’art contemporain, mais convaincu que « l’art des métamorphoses » avait commencé. Reprenant l’idée des métamorphoses, Thierry Dufrêne pose la question des bouleversements de l’art face à la crise des valeurs, l’accélération des techniques de communication, la marchandisation et la médiatisation croissantes. L’art est-il devenu une simple marchandise ? Même s’il est partout célébré, peut-on encore le voir, l’entendre et le comprendre ?Retour Sommaire

Les croque-morts des arts, José Sasportes

José Sasportes dresse un portrait de différents croque-morts de l’art pour défendre l’idée que l’UNESCO n’est pas une agence funéraire. Il s’est interrogé sur la question d’un épuisement de la confiance dans le pouvoir de l’art et de la capacité d’institutions comme l’UNESCO à le soutenir. De tout temps de grands esprits se sont inquiétés du devenir des arts. Des écrivains comme Tolstoï, Valéry ont exprimé des doutes sur l’art de leur époque, tout en reconnaissant son rôle essentiel (faire de l’utile avec de l’inutile d’après Paul Valéry). Force est de constater qu’en dépit du nombre croissant des manifestations artistiques et du développement de l’enseignement dans les sociétés modernes, au sein desquelles le rôle de l’art s’élargit à de multiples domaines, notamment thérapeutiques (art thérapie, musicothérapie, danse thérapie, etc.), il existe des zones d’ombre dans le paysage culturel. La multiplication des échanges, le mécénat et la diversification des soutiens financiers ne constituent pas une garantie de la vitalité des arts. Retour Sommaire

L’esthétique et la construction d’une éthique planétaire, Rafael Argullol

L’auteur essaye de formuler, à partir des réflexions développées au cours des différents articles de ce numéro de la revue, quelques conclusions, tout au moins de présenter une synthèse des échanges qui puisse éclairer la question du pouvoir éthique de l’expérience esthétique. Retour Sommaire

Décoloniser l’esprit : le travail de l’imagination créatrice, Rex Nettleford

L’article traite de la décolonisation des esprits dans les pays en voie de développement qui peinent à faire admettre leur dignité et leur différence, et à être ainsi reconnus au sein de la mondialisation. Dans ce contexte, l’art revêt une signification particulière en ce qu’il peut stimuler les résistances les plus profondes et s’opposer à la dilution des identités, des spécificités et des appartenances. Or l’enseignement de l’art est encore trop négligé dans nombre de ces pays. Si beaucoup d’artistes vivent aux Caraïbes, il faut encore développer l’acquisition des connaissances, des savoir-faire et du savoir-vivre ensemble pour libérer l’énergie créatrice. Retour Sommaire

Écrire dans l’urgence ou le partage inégal du sensible Tanella Boni

Tanella Boni conçoit la création littéraire comme une façon de résister à des situations d’extrême urgence, ainsi qu’aux problèmes économiques et politiques. Comment dire l’innommable et l’indicible, tel est le travail de l’écrivain. C’est aussi une lutte contre le temps, contre les évènements qui bousculent l’existence des êtres humains et parfois les écrasent. Dans le contexte « postcolonial » en Afrique, la littérature doit définir sa place en tant que forme de résistance contre l’oralité, qui est aussi très puissante. La francophonie est à la fois un soutien et un inconvénient car elle tend à installer dans un isolat les écrivains qui en font partie. Quant au pouvoir intrinsèque du travail d’écriture, étroitement lié à l’histoire individuelle et collective, à la mémoire, il tient au fait qu’il est à la fois l’expression de la singularité de l’écrivain et de son lien aux autres individus et aux autres cultures. Retour Sommaire

Art et résistance transculturelle Rachida Triki

Au sein d’une culture mondialisée dominée par les TIC, le vidéo-art, le photomontage, les installations et les événements médiatisés, la question de l’authenticité –  dans le sens d’une fidélité à soi-même – se pose en matière d’expression artistique. Comment procéder à une recréation de soi et du monde par la puissance subversive de l’art, en se préservant une marge de liberté ? Pour les œuvres des artistes non-Européens, notamment ceux des anciennes colonies comme les pays du Maghreb, les mêmes critères artistiques s’imposent quant aux formes d’expression. Les techniques nouvelles sont aujourd’hui bien maîtrisées par les artistes de ces pays, mais les stéréotypes postcoloniaux (mise en scène de la femme voilée, violences orientales), continuent à donner la part belle aux artistes qui répondent à cette attente. Ainsi, pour les artistes, créer revient à « résister », selon l’expression de Gilles Deleuze et de Félix Guattari. Les artistes tunisiens de la nouvelle génération et, parmi eux, beaucoup de femmes, semblent tourner le dos au problème identitaire pour mieux appréhender leur singularité. Leur imaginaire constitue un moteur de délocalisation des frontières et des identitarismes. Retour Sommaire

De l’autonomie à l’auto-transcendance de l’art africain contemporain : résistance, mutation et refondation Adriano Mixinge

Adriano Mixinge s’interroge sur les critères et les processus de légitimation de l’art africain, en relevant les spécificités de sa dynamique. L’existence d’une part, au sein des sociétés occidentales, d’instances de reconnaissance telles que les galeries et les musées, et le désir des artistes d’être acceptés de l’autre, par une audience internationale, conditionnent la mise en scène des expressions artistiques et des expositions consacrées à l’art africain. Dans le contexte postcolonial et de la mondialisation croissante, l’auteur analyse le parcours de l’autonomie à l’auto-transcendance de l’art africain comme une ‘traversée’, à travers la réflexion théorique et critique dont il est l’objet, et les nouvelles manières d’appréhender l’art et l’esthétique. En somme, pour l’art africain, « l’art peut encore tout ».  Retour Sommaire





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