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Patrimoine culturel subaquatique

Traces d’exploitation marine, trappes et pièges fixes à poissons, ports

Traces d’exploitation marine, trappes et pièges fixes à poissons, ports
  • Ruines de bains romains en béton, Césarée © J. Cocks

L’humanité vit depuis l’antiquité près des mers, des fleuves et des lacs. Les vestiges de ports, de ponts et d’installations de pêche témoignent de ce rapport étroit.

Ports

De nombreux ports remontent à la plus haute antiquité, certains d’entre eux sont encore en activité, mais d’autres ont été abandonnés, voire même oubliés. Leurs digues, ouvrages de protection et bâtiments connexes peuvent toutefois donner encore une idée de leur taille. Par ailleurs, on trouve souvent des épaves de navires dans ces ports ou leurs environs.
Des exemples d’ouvrages portuaires submergés se trouvent dans les sites suivants :

  • Hedeby, Allemagne, où l’on trouve les vestiges d’un port de commerce viking détruit en 1050 après J.-C. ; 
  • Vestiges des anciens ports d’Ostie, près de Rome, et de Portus Iulius, dans la baie de Naples (Italie) ;
  • Les vestiges, à Istanbul, d’un très vaste port byzantin datant du IVe siècle avant J.-C. et comportant le plus ancien établissement humain de la ville, le plus ancien mur de la ville et au moins 22 épaves de navires, dont la première galère byzantine jamais découverte ; 
  • Vestiges bien conservés d’un petit port romain dans une baie de l’île de Brioni (Croatie) ; 
  • Vestiges du port of Césarée (Israël), fondé par le Roi Hérode en 22 avant J.-C. (et maintenant aménagé en parc subaquatique pour plongeurs en scaphandre autonome) ; 
  • Vestiges de la base navale phénicienne de Carthage, près de Tunis (Tunisie), datant de 814 avant J.-C. ; 
  • Vestiges du port phénicien de Tyr (Liban).

 

Ponts et autres structures

On peut encore trouver un certain nombre de structures aquatiques et de vestiges de ponts au fond de fleuves et de lacs, par exemple :

  • le plus vieux pont sur la Tamise (Angleterre), datant de 1400-1300 avant J.-C. ; 
  • un pont de bois de 120 mètres de long sur la rivière Shannon (Irlande), datant de 804 avant J. C. ; 
  • une fortification marine du XVIIIe siècle découverte dans la baie de Tallinn, en Estonie ; 
  • un pont submergé situé à 49 mètres de profondeur dans le Lac Murray, en Caroline du Sud (États-Unis).


Trappes et pièges fixes à poissons

Certaines populations anciennes utilisaient des pièges à poissons dont on retrouve des vestiges de nos jours. Il s’agit de certaines des plus anciennes technologies existant encore. Les pièges à poissons prennent des formes diverses, allant de bassins artificiels de rochers constitués par des murs bas construits avec des pierres de la plage, à l’aménagement complexe de murs de pierre de plusieurs centaines de mètres de long. Parfois, ces pièges sont également construits au moyen de pieux de bois recouverts de matériau végétal et placés au milieu d’un cours d’eau, dans un estuaire ou près de la côte. Les poissons étaient généralement poussés dans le réservoir où l’on pouvait les récupérer.
On trouve par exemple des vestiges d’anciens pièges à poissons et de parcs à palourdes aux emplacements suivants ou à proximité :

  • côte du Cap sud-ouest, Afrique du Sud ; 
  • baie de Caernarvon (nord du Pays de Galles), et Danemark (pièges à poissons de l’âge de pierre) ; 
  • îles du Pacifique et Hawaii (ou les pièges anciens de ce genre sont considérés comme sacrés) ; 
  • Canada (pièges réalisés par des tribus autochtones environ 7500-3500 ans avant J.-C.) ; 
  • Australie (pièges à poissons aborigènes du lac Condah et du fleuve Darling).

 

Instruments techniques

On a également trouvé au fond de la mer des traces qui témoignent du développement de la navigation et de  techniques témoignant de la compréhension qu’avaient les humains de l’univers. Les vestiges des mécanismes complexes qui ont été découverts sont des objets rares, mais plus remarquable encore :

  • plusieurs astrolabes ont été trouvés sur des épaves de navires. Ce sont des instruments astronomiques anciens utilisés pour localiser et prédire les positions du soleil, de la lune et des étoiles. Ils peuvent aider à calculer l’heure locale sur la base de la latitude d’un point donné ; 
  • la mystérieuse machine d’Anticythère a été trouvée sur une épave de navire découverte au large de la côte grecque. Calculateur scientifique complexe créé vers 100 avant J.-C., elle est considérée comme le plus ancien calculateur analogique connu du monde. On suppose que ce mécanisme servait à calculer des positions astronomiques ainsi que les éclipses de soleil et de lune.