CULTURE

Egypte - Mobilité internationale

Mesures pour encourager la mobilité des artistes
a) bourses et aides financières à la mobilité des artistes

Pour la mobilité internationale, les fonds internationaux (tels que YATF, la Fondation Ford, le fonds Cimetta) sont indispensables. Les échanges internationaux reposent surtout sur le soutien de l’Europe (l’Union Européenne, les Etats membres et les fondations). Ils s’adressent la plupart du temps aux étudiants et aux artistes égyptiens qui se déplacent à l’étranger, ainsi qu’aux artistes étrangers invités en Égypte.

Il arrive que les créateurs étrangers recherchent des artistes égyptiens pour des festivals par eux-mêmes et sans passer par l’institutionnel. Quand un artiste s’est produit à l’étranger, sa mobilité devient un vecteur de reconnaissance professionnelle et de crédibilité locale. La notoriété internationale joue un rôle important dans la reconnaissance de l’artiste dans son pays d’origine.

Dans les échanges avec l’étranger, toutes les formes de mobilité sont utilisées par les artistes: bilatérale, régionale et internationale. Les pays cibles de la mobilité bilatérale sont l’Allemagne et les États-Unis (pour lesquels on peut obtenir des visas de longue durée) et les pays qui ne demandent pas de visas d’entrée (ex. Syrie, Malaisie, Yémen…). Il y a aussi les pays arabes, à l’exception de la Palestine.


b) facilités d’obtention de visas et de permis de séjour
L'artiste étranger ne peut exercer sans l'agrément préalable de la corporation locale. En Égypte, outre cette soumission formelle, l'artiste étranger doit payer au syndicat local entre 20 % et 40 % du montant de son contrat.

Dans le cadre d’une mobilité Nord-Sud par exemple, cette règle pourrait constituer un handicap. Les formalités sont lourdes (preuves à fournir sur la situation économique, une assurance maladie, invitation officielle…). Le problème de visa se pose surtout pour les artistes indépendants.

Parfois l’action des centres culturels étrangers peut aider à l’obtention des visas, comme par exemple ProHelvetia (coopération suisse) qui facilite l’entrée en Suisse.
En plus des facilités de visa, les éléments qui encouragent les artistes à se diriger vers certains pays sont :
- les capacités linguistiques
- la structuration du secteur et la présence d’interlocuteurs
- le travail de l’institut culturel en Égypte qui les poussent à être mobiles

Tous ces obstacles administratifs peuvent parfois influencer la production artistique comme par exemple :
• les institutions internationales cessent d’inviter certains artistes qui rencontrent des problèmes de visa
• perte de temps liée aux formalités administratives
• perte de confiance en soi des artistes
• repli identitaire et artistique lié à la limitation de la mobilité par les barrières
• sans la mobilité des artistes, il devient difficile pour le Nord de connaître la réalité des pays du Sud, et de combattre les préjugés et le discours idéologique
• sans garantie d'obtention de visa, les artistes ne peuvent s'engager sur des participations à des festivals étrangers. La création ainsi que la diffusion sont donc directement touchées par les problèmes de mobilité.

Hormis les problèmes des visas, les barrières à la mobilité sont d’ordre:
• Politique : mesures de sécurité contre le terrorisme, la concurrence entre les états arabes qui rend très difficile l'entrée dans des certains pays pour les personnes qui ont un passeport arabe, les fonds arabes de mobilité ne soutiennent que la mobilité Sud-Sud
• Financier : manque de financement et problèmes économiques aussi pour la circulation des œuvres, les coûts liés aux visas
• Structurel : dans la mobilité Sud-Sud : manque d’infrastructures et de ressources humaines pour accueillir les œuvres artistiques (ex. : commissaires, experts dans les productions artistiques des pays du Sud, producteurs d’activités organisées autour des expositions), soutien de la majorité des fonds à des artistes et non à la mobilité collective (compagnies ou production).


Source : Etude sur le profil des professionnels artistiques et culturels en Méditerranée non européenne, Fonds Roberto Cimetta, décembre 2007.





© 2008 - UNESCO