"Lutter contre le trafic international illicite des biens culturels, c’est promouvoir le respect dû aux biens culturels, ainsi qu’à ceux qui en sont les dépositaires légitimes." Discours de M. Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO, 12 juin 2007
I- Exemples historiques de cas de retour et de restitution sous les auspices du Comité intergouvernemental
Le Comité intergouvernemental pour la promotion du retour de biens culturels à leur pays d’origine ou de leur restitution en cas d’appropriation illégale a apporté son soutien à plusieurs cas de restitution couronnés de succès:
Un autre cas est actuellement suspendu (concernant l'Iran et la Belgique dans l’affaire de la restitution des objets archéologiques de la Nécropole de Khurvin). Deux autres sont toujours pendants (la question des marbres de Parthénon, impliquant la Grèce et le Royaume-Uni, celle du sphinx de Bogazköy, concernant la Turquie et l'Allemagne).
II- Exemples récents de cas de retour et de restitution en dehors du cadre du Comité intergouvernemental
La Syrie a restitué à l'Irak environ 700 pièces d'antiquités, y compris des pièces de monnaie en or et des bijoux, qui avaient été volées après l'intervention des Etats-Unis.
La France a rétrocédé au Burkina Faso 262 pièces archéologiques volées, saisies fin 2007 par les douanes françaises au port de Rouen. Ces œuvres volées par un couple français sont constituées de 231 fragments de poterie, 8 poteries entières, 17 objets en pierre et 6 objets en bronze. Elles dateraient de 1000 à 1.300 ans avant l'ère chrétienne.
Conformément à la Convention de l’UNESCO de 1970, le gouvernement chinois avait demandé auprès du tribunal local danois la rétrocession de ces quelques 156 reliques culturelles. Les reliques datent d’une période comprise entre 2000 ans avant JC et la dynastie Ming (1368-1644). La récupération de ces objets démontre la résolution du gouvernement chinois à essayer de retrouver les objets sortis illégalement du pays.
Deux statues en marbre représentant Artémis et Apollon ont été restituées au Musée de Buthrote où elles avaient été volées dans les années 90.
Le département américain du ministère de l'Intérieur a procédé à la restitution du buste en marbre de l'empereur romain dérobé, de même que huit autres pièces archéologiques, au musée de Skikda en 1996.
La cour du district de Rhode Island a tranché en faveur des universités Concordia et McGill de Montréal et de l'université hébraïque de Jérusalem le différend qui les opposait à la baronne von Morsey Pickard. La restitution de la «Jeune fille sabine» de Winterhalter, acquise par son beau-père en 1937 lors de la vente forcée de la collection au galeriste juif Max Stern, est une décision significative dans la recherche des biens des juifs spoliés par le IIIe Reich.
94 objets de l'époque néolithique (figurines, sceaux, outils et fioles) volés en 1985 à Larissa ont été rapatriés vers la Grèce depuis l’Allemagne.
Après près de dix ans de négociation, un accord passé entre l'État péruvien et le département d'archéologie de l'université de Yale permet la restitution de plus de 350 objets en pierre, métal et céramique et des milliers de fragments.
Des sculptures en céramique, des objets en matière organique et un masque d'obsèques en cuivre ont été restitués au Pérou. Le succès de ce rapatriement est le résultat d’une étroite collaboration entre l'Institut National de Culture et le Ministère des Affaires étrangères.
Dans un protocole signé entre le directeur du musée et le ministre italien des Biens culturels, le Getty s'est engagé à restituer à l’Italie La Vénus de Morgantina et 39 autres pièces archéologiques de grande valeur (vases, amphores, fragments de fresque etc.) acquises de manière illicite.
Un torse en marbre en provenance de Gortyne dérobé en Crète en 1991, qui se trouvait sur la liste des biens culturels volés réalisée par Interpol, a été rapatrié de la Suisse vers la Grèce.
L’Italie a décidé de restituer 96 objets d’antiquités datant de 3.300 à 1.800 ans avant J-C (vases, pièces, assiettes etc.) issus du trafic illicite.
Deux statues en bois connues sous le nom de vigango exposées jusqu’à présent dans le Musée d'État de l'Illinois et dans celui de l'université de Hampton ont été restituées au village kenyan où elles avaient été volées en 1985.
L’Italie, où demeurait depuis près d’un siècle la statue en marbre blanc, accorde sa restitution à La Libye qui la réclamait depuis 1989.
Quelque 1 400 objets ethnographiques et archéologiques afghans, gardés depuis 1999 au Musée-en-exil d’Afghanistan (Bubendorf, Suisse) sous l’égide de l’UNESCO ont rejoint le 16 mars le Musée national d’Afghanistan à Kaboul. Voir le communiqué de presse et la galerie photo.
Le Getty a décidé de restituer une couronne funéraire hellénistique en or et une korê (statue représentant une jeune femme). Dans le cadre d’un arrangement à l’amiable, le Getty avait déjà restitué à la Grèce en mai 2006 un bas-relief de l'île de Thassos datant du sixième siècle avant notre ère et une stèle béotienne du quatrième siècle avant J.-C. Face aux accusations visant sa politique d'acquisition, le Getty a annoncé l'adoption d'une politique plus stricte, alignant sa réglementation sur les principes de la Convention de l'UNESCO de 1970.
Le Musée des beaux-arts a conclu un accord amiable avec l'Italie en vue de la restitution de 13 objets, dont une statue de marbre de l'impératrice Sabine datant de 136 après J.-C. et des vases anciens.
L’Université d'Heidelberg a remis au Ministre de la culture de la Grèce une petite pièce de marbre sculptée représentant un pied. Il s’agit du premier fragment des sculptures du Parthénon à revenir en Grèce depuis que des collectionneurs européens emportèrent, il y a quelque 200 ans, d'importantes parties de ce monument. Il est à relever que la pièce a été restituée dans le cadre d'un arrangement à l'amiable.
Revenant sur une position maintenue de longue date, le Met a décidé de restituer à l'Italie un vase grec vieux de 2 500 ans qui est considéré comme l'un des plus beaux du monde. Ajoutons que ce cratère du peintre grec Euphronios a été effectivement restitué à l’Italie en janvier 2008.