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MUSEUM International N°219-220
 
Face à l’histoire : musée et patrimoine en période de conflit et post-conflit

9-220.gifTable des matières

Editorial

Les Guerres et leurs conséquences

Etat des lieux en Afghanistan

Le patrimoine dans la tourmente: L'Iraq


 

Acheter ce numéro à/aux  Editions UNESCO



Editorial

Nous souhaitions que ce numéro soit un jalon dans la réflexion sur les destructions patrimoniales et leurs répercussions dans l'arène internationale, ainsi que sur leur identification à la perte d'identité culturelle et de ses symboles. Nous avions pour ambition de réfléchir à leurs significations, d’une part, dans la longue durée historique - dans la ligne des travaux de Dario Gamboni[1]- et, d’autre part, dans la dynamique des conflits de la dernière décennie du XXe siècle et de leurs composantes culturelles – à la lumière des acquis du second Rapport mondial sur la culture de l’UNESCO.[2] L'histoire évènementielle récente a rattrapé cette intention première.

         La préparation de ce numéro de Museum International a été longue, triste et difficile.

Longue, car le thème figure depuis plusieurs années déjà dans le plan de publication de la revue. Il y a trois ans, lorsque nous travaillions à la nouvelle approche éditoriale, nul ne contestait le fait que la communauté des musées et du patrimoine venait de traverser une période difficile. La dernière décennie du XXe siècle avait apporté son fardeau de destructions et, avec lui, nombre de questions nouvelles sur le rôle du patrimoine dans les conflits. Après la destruction des Bouddhas de Bamiyan, on pouvait croire qu’un sommet avait été franchi et que la réaction unanime de l’opinion internationale témoignait d’une limite indépassable dans la conscience du rôle instrumental du patrimoine durant les conflits. Le temps était venu, pensions-nous, de mener une réflexion élargie et prospective sur les contextes et les raisons de ces destructions.

         Mais le pillage du musée national de Bagdad et la disparition d’un nombre très élevé de témoignages culturels, symboles de civilisation et d’histoire millénaire de l’Iraq, brisèrent cette analyse. L’exercice de réflexion patiemment élaboré pour le présent numéro butait devant le triste inventaire des exactions commises et répertoriées sur la liste des destructions,  des pillages, des vols et des disparitions  de patrimoine culturel dans une échelle d’intensité qui semblait à nouveau sans limite. Dans ce contexte, nous nous devions de modifier le contenu du numéro sur les conflits pour répondre aux demandes légitimes d’information sur le rôle de l’UNESCO et de la communauté des experts dans le sauvetage et la protection du patrimoine culturel en Iraq, mais aussi en Afghanistan.

         Cet exercice se révéla difficile. En premier lieu parce que la plupart des experts les mieux informés étaient engagés dans des opérations d’urgence sur le terrain. Seulement un très petit nombre d’entre eux - que nous remercions au nom de l’UNESCO – purent répondre positivement à notre invitation. En second lieu, la situation était-elle assez claire, notamment en Iraq, pour que les contributions soient un peu plus que des condamnations unanimes des évènements, certes toujours nécessaires, et des exposés des mesures d’urgence ? Enfin, la large couverture médiatique des situations de terrain en Afghanistan et en Iraq par la presse internationale – grand public et spécialisée – mettait en question l’intérêt du numéro lui-même.

Cependant l’UNESCO, avec le soutien des organisations non gouvernementales spécialisées, est la principale agence intergouvernementale dans le monde qui œuvre à  la sauvegarde du patrimoine culturel. Elle a, de ce fait, la responsabilité d’informer l’opinion publique internationale, d’expliquer et de  faire connaître les objectifs et les modalités de ses opérations de sauvegarde aux États membres et à leurs communautés professionnelles. Raison essentielle de la publication de ce numéro, la responsabilité d’informer s’accompagne d’une obligation de réflexion en forme de question : quelle expérience peut-on tirer de l’histoire récente pour la conception et la formulation des programmes de protection des musées et du patrimoine dans les situations de conflit et de post-conflit ?

Les destructions patrimoniales contemporaines, bien qu'elles s'inscrivent dans une longue pratique au cours de l'histoire, sont l'indice d'un infléchissement du rapport entre les sociétés et les témoignages des cultures. Si la décennie écoulée a été marquée par des destructions du patrimoine à une échelle symbolique inégalée depuis plusieurs siècles, elle est aussi celle où ont eu lieu des élargissements de sens et des innovations qui ont entraîné un profond renouvellement des catégories du patrimoine ; l'émergence et l'affirmation de la notion de patrimoine immatériel sont l’épitomé de ces transformations. Faut-il voir un lien entre ces deux faits? Cela signifie-t-il que l'attention particulière portée à la physicalité des objets dans le cadre d’une patrimonialisation importante, et même excessive pour certains, a encouragé les destructions matérielles?

Ce lien de causalité, s’il existe, est sans aucun doute difficile à démontrer. L'hypothèse mérite cependant que l'on s'y intéresse pour tenter de comprendre quels sont les ressorts  qui amènent à détruire ce que l’on s’efforce dans le même temps de conserver dans ses aspects les plus divers. Car il est incontestable qu’on a beaucoup conservé au cours de la deuxième moitié du siècle dernier, à grand renfort de technologie et en prenant appui sur une connaissance pointue des matériaux et des environnements. A-t-on pour autant suffisamment encouragé la compréhension et l'accès au sens, esthétique, historique et culturel, du patrimoine?

L'adoption à l'unanimité, au cours de la même session de la Conférence générale de l'UNESCO[3], de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel[4] et de la Déclaration concernant la destruction intentionnelle du patrimoine culturel, ne résulte pas d'un hasard de calendrier. Elle est le signe de la nécessité reconnue par l'ensemble de la communauté internationale de travailler sur les significations éducatives, politiques et sociales du patrimoine. Ces deux textes signalent un point de convergence dans la pratique et l’histoire du patrimoine.

Il est important de souligner que l'adoption d'une convention dont l’objet recouvre les pratiques, les représentations mentales, les connaissances et les savoir-faire, permet à nombre de pays de présenter leurs témoignages culturels à un niveau d’égalité absolue avec ceux des pays de tradition occidentale, principalement monumentale et archéologique. Mais la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ouvre aussi, et en parallèle à cette affirmation fondamentale de la diversité des contenus du patrimoine, à d’autres possibilités, parmi lesquelles celle d’une refondation des politiques patrimoniales à partir du sens et des fonctions sociales.

Pour l’heure, le patrimoine, dans les situations de conflit et de post-conflit,  est l’objet d’une tension contradictoire entre « sanction » et « réconciliation ». La Déclaration concernant la destruction intentionnelle du patrimoine culturel vient renforcer un corpus déjà fort de deux conventions et de deux protocoles qui établissent les contraintes juridiques en vue de la protection du patrimoine culturel. Par ailleurs, l’expérience acquise par l’UNESCO sur le terrain au Cambodge, en Europe du Sud-Est, en Afghanistan, au Moyen-Orient et au Timor oriental (aujourd’hui Timor-Leste), autorise la mise en place d’un programme de préservation du patrimoine culturel ayant pour objectif le dialogue et la réconciliation communautaire. La question de savoir comment un élément du patrimoine dont la destruction aura suscité une condamnation par la communauté internationale pourra devenir, en situation de post-conflit, l’objet d’un programme de réconciliation reste néanmoins ouverte. Si le patrimoine ne peut pas être comparé aux sujets des grands débats de l’Histoire et des droits de l’homme - tels les génocides -, il n’est pas pour autant un objet neutre des politiques de la mémoire. L’historien David Lowenthal voit justement dans son absence de neutralité la raison essentielle de son caractère irréconciliable avec l’Histoire[5].

Une brèche dans cette contradiction pourrait s’ouvrir en travaillant à partir de la notion « d’immatériel du matériel », c’est à dire à partir du contenu historique, du sens et de la symbolique des usages lors de l’élaboration des programmes de préservation ayant pour objectif le dialogue et la réconciliation. Cela signifie en contrepartie que l’on accorde moins d’attention à la matérialité du patrimoine ou qu’un investissement intellectuel et financier au moins égal soit fait pour les expressions immatérielles qui y sont liées. L’utilisation des arts vivants comme élément déclencheur d’une conscience patrimoniale a fait ses preuves dans des situations de post-conflit pendant lesquelles le patrimoine culturel a joué un rôle fédérateur des communautés. C’est le cas de la revitalisation du ballet royal et du festival Ramayana dans le cadre du programme de sauvegarde d’Angkor. [6] Le succès de ce programme, matérialisé en 2003 par le lancement de la décennie du développement d’Angkor, encourage à chercher dans la complémentarité des approches entre « matériel » et « immatériel », les ressorts des programmes de réconciliation communautaire basés sur l’appréciation et la protection du patrimoine culturel.

         Ce double numéro de Museum International comporte trois parties correspondant aux trois temps du sujet. La première partie regroupe des textes qui présentent les différentes composantes d’une situation de post-conflit : recherche des œuvres d’art volées ou disparues, application des instruments juridiques internationaux, réouverture des musées et formulation de nouveaux programmes muséographiques. La deuxième partie traite, à partir du cas de l’Afghanistan, d’une situation de transition du conflit au post-conflit ; elle concerne la remise en place des infrastructures administratives, les premières mesures de sauvegarde, le lancement des projets de restauration à court et à moyen terme. Cette deuxième partie présente également les efforts ininterrompus des institutions muséales et de leurs partenaires étrangers pour sauvegarder, au-delà des objets, la mémoire du travail scientifique accumulé sur plusieurs siècles de collaboration professionnelle et culturelle. L’Iraq occupe la dernière partie : celle du temps du conflit et du retour à un temps zéro de la mémoire patrimoniale.

 

Le patrimoine n’est pas l’histoire, certes. Mais sa destruction nous met face à notre histoire.


[1] Gamboni, Dario, The destruction of Art, Iconoclasm and Vandalism since the French Revolution, Yale University Press, 2002 et « World Heritage : Shield or Target ? » in Conservation, the Getty Conservation Institute Newsletter, vol. 16, n° 2, 2001.

[2] Voir « Diversité culturelle, conflit et pluralisme », Rapport mondial sur la culture 2000, Éditions UNESCO, 2000.

[3] L’adoption de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et de la Déclaration concernant la destruction intentionnelle du patrimoine culturel a eu lieu lors de la 32 e session de la Conférence générale de l'UNESCO qui s’est déroulée du 29 septembre au 17 octobre 2003.

[4] La définition complète du patrimoine culturel immatériel figure dans l’article 2 de la Convention. On peut consulter le texte de la convention ainsi que celui de la Déclaration sur le site http://portal.unesco.org/culture dans la rubrique «Patrimoine Immatériel».

[5] Lowenthal, David,  The heritage crusade and the spoils of history, Cambridge University Press, 1998.

 

[6] MUSEUM International a publié un article sur ce sujet, voir « Le festival Ramayana, patrimoine immatériel d’Angkor »,  Angkor, un musée vivant, MUSEUM International vol. 54, N°1-2, 2002.                                                                                   Retour Sommaire

 

L’histoire volée : le pillage et le trafic illicite Neil Brodie

Le trafic d’objet d’art est directement responsable de la destruction et de la spoliation des sites archéologiques et des musées dans le monde.  On trouve sur le marché un grand nombre antiquités illégalement prélevées et exportées sans indication de provenance, qui finissent dans les mains de collectionneurs privés. Elles réapparaissent,  de temps à autre sur les pages des catalogues d'exposition.  L'article analyse de manière  documentée ce problème et formule diverses suggestions en vue d’y remédier.  Les positions des divers groupes d'intérêt sont discutées, et les aspects légaux et éthiques  du commerce sont définis.

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La fonction éducative du musée national d’anthropologie de Luanda pendant la guerre civile en Angola Fernando Vuvu Manzambi

Ce travail explique le rôle que le Musée national d’anthropologie a joué pendant la période de guerre en Angola dans l’éducation des populations. Le musée a cherché avant toute chose à promouvoir  une culture de la tolérance et de l’acceptation de la différence dans une société pluriethnique, comme prémisse à une culture de paix. Le texte analyse comment le musée a servi à l'éducation culturelle à travers ses expositions.

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Un rôle pour les « lieux de garde » dans la région de la mer de Timor James Bennett

Le « lieu de garde » tel que l’auteur le définit offre une alternative au caractère extrême du musée, considéré comme une institution savante et spécialisée ou, à l’inverse, comme une sorte de parc à thème populaire. Cela concerne  autant les peuples autochtones de l’est de l’Indonésie et du Timor oriental que ceux du nord de l’Australie. Historiquement, la déperdition culturelle de l’est de l’archipel indonésien s’est faite proportionnellement à la construction des grandes collections à l’étranger, très loin des peuples qui étaient culturellement attachés à ces objets. La doctrine universelle de l’UNESCO affirmant que le patrimoine culturel ;appartient à l’humanité tout entière[i]; continue d’être pertinente de nos jours, mais la perception de la propriété liée à la responsabilité évolue en fonction de notre compréhension des cultures et des objets. Les musées demandent de plus en plus l’avis et l’expérience spécifiques des populations autochtones et œuvrent à créer des moyens plus adaptés de préservation du; patrimoine des peuples qui lui accordent la plus haute signification. C’est une des fonctions essentielles du lieu de garde.

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Le Musée national du Liban à Beyrouth Joseph Pharès et Joanne Farchakh

Les objets exposés au Musée national du Liban ont une histoire singulière. Après avoir été exhumés des sols archéologiques, traités et exposés, ils ont été  ensevelis   pour échapper à la destruction  et au pillage lors de la guerre du Liban. La seconde résurrection de ce patrimoine  a donné lieu au réaménagement  du Musée national du Liban qui a pu intégrer les  normes de la muséologie moderne. Le rez-de-chaussée et le premier étage ont été ouverts au public en 2003. La réhabilitation du sous-sol est prévue pour l’année 2004.  Au Liban, la situation de post-conflit   est caractérisée par des problèmes majeurs de choix de priorités pour la conservation du patrimoine.

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Le deuxième Protocole de la Convention de La Haye de 1954 et les progrès de la législation humanitaire internationale Jan Hladik

L'article se penche  sur le deuxième Protocole de la Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, dite convention de La Haye de 1954, et sur l’état d’avancement de la législation internationale dans le domaine humanitaire.  Le deuxième Protocole est divisé en six parties.  La première partie décrit les mesures de prévention en temps de paix visant à sauvegarder la propriété culturelle;  la deuxième partie analyse le régime de protection accrue dans le cadre du deuxième Protocole et le compare au régime de protection spéciale aux termes de la Convention initiale de La Haye;  la troisième partie vise la protection juridique de la propriété culturelle dans des conflits armés non-internationaux;  la quatrième partie présente brièvement le régime pénal prévu par la Convention et le deuxième Protocole;  la cinquième partie esquisse les grandes lignes d'un nouveau dispositif de supervision - le Comité pour la protection de la propriété culturelle en cas de conflit armé – en application du deuxième Protocole.  Enfin, la sixième partie récapitule les progrès accomplis dans la mise en place d’une législation internationale sur le plan humanitaire résultant de l'adoption du deuxième Protocole.

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Images et patrimoine en Afghanistan Reza

L’article de Reza illustre le travail de  l’organisation non -gouvernementale Aïna qui oeuvre à la promotion et au soutien de la démocratie en Afghanistan à travers le développement des médias et de l’expression culturelle. Sa langue poétique reflète l’émotion suscitée par la projection des films dans la vallée de Bamiyan sur le patrimoine culturel et les monuments de l’histoire de l'Afghanistan.  Dans la transition du conflit au post-conflit, l'utilisation des images est la forme la plus efficace d’éducation et de communication.  La connaissance transmise par ces films et l'éducation visuelle,  souhaitent marquer le début d'une nouvelle ère et  d’une vision du futur basé sur le respect pour le passé.

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Le rôle du musée Guimet dans la connaissance et la sauvegarde du patrimoine afghan Pierre Cambon

Le grand nombre d’objets d’art afghans qui se trouvent au musée Guimet dans les collections d'art  du sud-ouest asiatique, témoigne du rôle joué par les archéologues français en Afghanistan depuis la signature, en 1922, avec le roi, d'un accord leur donnant un accès privilégié aux sites historiques du pays.  Ces objets témoignent aussi  de la place majeure qu’occupe le musée Guimet dans la conservation des objets pré-islamiques afghans;  les collections afghanes dans le musée Guimet complètent ainsi celles du musée de Kaboul.  La rénovation du musée Guimet en janvier 2001 a été l'occasion de restructurer les salles d'exposition consacrées à l’Afghanistan, en reconstituant les divers ensembles monumentaux ou architecturaux qui y proviennent.  Dans l’impossibilité d'intervenir directement sur le terrain, ce projet a eu pour ambition de préserver la mémoire d'une aventure  partagée par le musée de Kaboul et le musée Guimet.  Le musée est, temporairement, un musée afghan en exil.

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Au-delà du temps présent en Afghanistan : un panorama historique du patrimoine islamique de la région Flemming Aalund

En parallèle au constat de  l’augmentation des conflits nationaux et régionaux, on a pris de plus en plus conscience que la conservation du patrimoine culturel et l’exigence d’un développement humain durable sont  interdépendants.  Le conflit armé en Afghanistan, en particulier, et ses désastreuses conséquences sur l’humanité et la culture suffisent à instaurer un débat sur les conditions et comportements différents en matière de conservation du patrimoine culturel et de la restauration des structures historiques, aussi bien dans une perspective temporelle que sous un angle éthique.

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L’inventaire du musée de Kaboul : une tentative de retour à l’ordre Carla Grissmann

Vingt-trois ans de guerre ont ravagé le patrimoine culturel d'Afghanistan.  Des sites archéologiques ont été systématiquement dépouillés, le musée de Kaboul a été détruit et ses possessions livrées au pillage.  Un inventaire rudimentaire pour s'assurer de ce qui restait dans le musée a été initié  en 1996.  Pour comprendre les problèmes soulevés, il est nécessaire de connaître les circonstances dans lesquelles il a été entrepris.  Cet article donne également un aperçu chronologique des événements récents.

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Mandat et les activités de l'UNESCO pour la réhabilitation du patrimoine culturel de l'Afghanistan Christian Manhart

Chargée par le gouvernement afghan de coordonner tous les efforts internationaux visant à sauvegarder et promouvoir le patrimoine culturel d'Afghanistan, l'UNESCO a mis en place des  programmes en coopération avec des organisations non-gouvernementales professionnelles, des experts internationaux et des pays donateurs.  Les premières actions entreprises  ont porté essentiellement sur l'évaluation de l’état de conservation du site de Bamiyan, les mesures préventives de conservation du  minaret de Jam et les monuments principaux de la  ville d’Herat, ainsi que des mesures de protection du musée de Kaboul.  La démarche de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel afghan se concentre  sur la formation et les activités propres à générer des compétences. Dans un contexte de post-conflit, cela consiste essentiellement en des activités de documentations et de mise en oeuvre des conventions internationales, telles que la Convention de 1970 sur le trafic illicite.

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La coopération internationale en Afghanistan : stratégies, financement et modalités d’action Louise Haxthausen et Jim Williams

La communauté internationale s’est mobilisée pour aider l’Afghanistan à sortir de sa situation de « catastrophe culturelle » dans laquelle le pays se trouvait après vingt-trois ans de guerre.  Les ressources du pays étant pratiquement inexistantes, la contribution des donateurs a été un  impératif.  Un cadre général d'aide au développement, ie.  budget national de développement  annuel, a été mis en place et permet la réalisation des projets prioritaires par le gouvernement afghan, les institutions des Nations Unies et les ONG. Des progrès sensibles, quoique lents, ont été enregistrés jusqu’à présent, mais seul des partenariats à long terme et le renforcement des capacités locales garantiront des résultats positifs.

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Des exemples de solidarité internationale dans la recherche Annie Caubet

A l’occasion de l’appel en faveur du patrimoine irakien, archéologiques, historiens, restaurateurs et conservateurs de musées qui font de la Mésopotamie le principal objet de leurs études, se sont retrouvés au siège de l’UNESCO pour témoigner  leur appartenance à une même famille et leur volonté de coopérer. Les principaux axes de la collaboration inter musées concernent la recherche, la formation et l’échange de personnels, la circulation des œuvres, les projets de restauration et d’expositions, les entreprises de publication, et les collaborations  pour les fouilles de terrain et la mise en valeur des sites. L’article donne quelques exemples choisis dans l’expérience du département des Antiquités Orientales au musée du Louvre. 

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Une brève histoire du Musée national iraquien Usam Ghaidan et Anna Paolini

L’article retrace l'histoire du Musée national iraquien depuis sa création en 1923 par l'archéologue Gertrude Bell jusqu’à son saccage – notamment ses diverses phases de rénovation, d’expansion.  Le musée avait initialement pour but d’accueillir les objets trouvés dans les fouilles archéologiques des sites assyriens, babyloniens et sumériens.  Installé  dans le palais gouvernemental à Bagdad, il a ensuite été  transféré dans un bâtiment distinct baptisé  Musée national iraquien.  En conclusion, l'article insiste sur la nécessité urgente de remettre en état le musée et de mobiliser la communauté internationale dans ce but.

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La destruction du Musée national iraquien Selma Al-Radi

L’article décrit les efforts de protection des objets d’art du Musée national iraquien avant la catastrophe. Il  relate ensuite comment en quelques jours  le musée a été pillé.  L'effet désastreux de l'embargo économique est également souligné.  La mesure essentielle  pour  préserver le musée et empêcher toutes autres agressions serait d’installer un nouveau système de sécurité.

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Des mesures préventives à la commission d’enquête McGuire Gibson

Un certain nombre de mesures préventives ont été prises avant le conflit par les experts, les institutions spécialisées et  l'UNESCO, notamment par la publication  de déclarations sur l'importance du patrimoine culturel iraquien et la communication à l’armée américaine d’une liste des monuments et des sites archéologiques.  L’article décrit en détail les difficultés rencontrées au cours de l ‘état des lieux effectué dans les musées et sur les sites archéologiques du pays lors de la première mission d’évaluation de l’UNESCO.  Le rôle des institutions universitaires et de  la solidarité entre des organismes internationaux et des musées dans le monde entier est essentiel pour la sauvegarde du patrimoine culturel iraquien.

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Le rôle des organisations non gouvernementales dans les situations d’urgence internationale Michaël Petzet et Jacques Perot

Quel peut-être le rôle d’une organisation non gouvernementale vis à vis des organismes intergouvernementaux ou des différents gouvernements?  Parmi leurs divers engagements, les ONG concernées par le patrimoine devraient déployer leurs  efforts en concertation, à travers leurs réseaux professionnels, afin de faire pression sur les gouvernements qui n'ont pas ratifié les conventions internationales pour la protection du patrimoine culturel.  Ceci vaut également pour le trafic illicite des biens culturels.  La solidarité se manifeste par  l’engagement de tous, mais comment l’utiliser  efficacement?  L'article s’appuie sur  la coopération, soutenue par l’UNESCO, entre les ONG telles que, ICOM, ICOMOS, IFLA et ICA et le Comité du Bouclier Bleu.

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La mise en place de la collaboration internationale Mounir Bouchenaki

La première mission d’enquête et d’évaluation de l’UNESCO en Iraq, menée par Mounir Bouchenaki, le sous-directeur général pour la Culture, s’est rendue à Bagdad du 14 au 17 mai. L’équipe s’est consacrée  aux  galeries du musée, aux  laboratoires de conservation et aux  bureaux administratifs. La seconde mission d de l’UNESCO, à la fin du mois de juin-début juillet a  porté essentiellement sur les biens culturels autres que le Musée national iraquien, notamment les sites archéologiques du Nord et du Sud, les bibliothèques, les archives, les musées d’art et les autres institutions culturelles et éducatives. L'article résume les conclusions des trois réunions d'experts internationaux sur le patrimoine culturel iraquien afin de mesurer l'ampleur des dégâts, et des deux missions en Iraq à la suite desquelles  des projets de restauration ont été formulés.

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[1] Voir Gamboni, Dario, The destruction of Art, Iconoclasm and Vandalism since the French Revolution, Yale University Press, 2002 et « World Heritage : Shield or Target ? » in Conservation, the Getty Conservation Institute Newsletter, Volume 16, N° 2, 2001

[2] voir « Diversité culturelle, conflit et pluralisme », Rapport mondial sur la culture 2000, Editions de UNESCO, 2000.

[3] L’adoption de la Convention pour la protection du patrimoine immatériel et de la Déclaration sur la destruction intentionnelle du patrimoine culturel a eu lieu lors de la 32e session de la Conférence générale de l'UNESCO qui s’est déroulée du 29 septembre au 17 octobre 2003.

[4] La définition complète du patrimoine immatériel figure dans l’article 2 de la convention. On peut consulter le texte de la convention ainsi que celui de la Déclaration sur le site http://portal.unesco.org/culture dans la rubrique « Action normative ».

[5] Voir Lowenthal, David,  The heritage crusade and the spoils of history, Cambridge University Press, 1998.

[6] MUSEUM International a publié un article sur ce sujet, voir « Le festival Ramayana, patrimoine immatériel d’Angkor » in Angkor, un musée vivant, MUSEUM International vol. 54, N°1-2, 2002.


 


[i] M. Makagiansar, “The Work of UNESCO”, in L. Prott et J. Sprecht (dir.publ.), Protection or Plunder : Safeguarding the Future of Our Cultural Heritage. Papers of the UNESCO Regional seminar on the Movable Cultural Property Convention, Brisbane, Australian Government Printing Office, Canberra, 1989, p. 9.




Edition Vol. 55, Nos 3&4, 2003 (Dec 2003)
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