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L'Unesco relance le débat sur la restitution des pièces historiques
La réflexion autour des musées, initiée en 2005 par la revue Museum International, s'est poursuivie, hier à Paris, par un débat public organisé par l'Unesco dans le cadre d'un forum international sur la restitution des pièces historiques nationales conservées dans des musées étrangers.
Ce débat ayant pour thème «mémoire et universalité : de nouveaux enjeux pour les musées» a pour objectif d'instaurer un dialogue constructif sur la question du transfert des oeuvres et biens culturels.
En effet, un très grand nombre de pays ont pris conscience de l'importance des musées comme lieu de réservation, d'étude et de présentation de leur passé culturel. Pour cela, certains pays ont donc fait appel à la communauté internationale afin de reconstituer leur mémoire culturelle et leur savoir traditionnel en demandant le retour d'objets conservés dans des collections étrangères.
On peut lire sur le site de l'Unesco qu'«au sein des Etats, l'aspiration des communautés autochtones à jouer un rôle dans la gestion et la préservation de leur patrimoine relève du même mouvement de récupération mémorielle».
Ainsi, ces demandes suggèrent que de nouvelles modalités de collaboration satisfaisantes pour tous soient examinées et établies entre les musées, les gouvernements et les professionnels du patrimoine.
Cela inclut la défense de l'universalité des missions dont sont investis les musées, d'une part, et le besoin des pays de préserver leur passé et de reconstituer leur mémoire culturelle, d'autre part.
Dès lors, «l'Unesco s'attache à promouvoir l'accès et le partage du savoir associé aux objets culturels».
A cet effet, un panel de professionnels, représentatif des différents courants d'opinion sur la question de la mémoire et de l'universalité, a été invité à dialoguer et à construire les termes du débat dans la perspective de partage et d'accès au savoir.
Dans le cadre de ce débat, l'Unesco estime avoir «un rôle d'intermédiaire dans des actions de restitution, retour ou rapatriement».
L'organisation onusienne rappelle que le Comité intergouvernemental pour la promotion du retour des biens culturels à leurs pays d'origine ou de leur restitution en cas d'appropriation illégale (CIG), établi par l'Unesco en 1978, «constitue un forum pour ces négociations».
Cette convention lie actuellement 110 Etats parties. Son complément en matière de droit privé, la Convention d'Unidroit sur les biens culturels volés ou illicitement exportés compte 28 Etats parties.
Rappelons à titre d'exemple que le forum a contribué à la restitution à la Turquie de 7 000 tablettes cunéiformes qui se trouvaient en République démocratique allemande jusqu'en 1987. Pour conclure, l'Unesco souhaite associer étroitement tous les acteurs concernés afin d'aborder dans une même perspective critique et constructive l'application des instruments normatifs et les usages sociaux et politiques des biens culturels.
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