En Afrique du Sud, les centres communautaires polyvalents, centres d’information et de communication inscrits dans une communauté qui en est propriétaire et qui les gère, sont considérés comme l’un des principaux moyens permettant d’assurer à des populations isolées ou défavorisées un accès à l’information. Ce modèle a été promu à l’origine par le ministère de la Communication qui a prôné des solutions techniques susceptibles d’être ensuite appliquées à vaste échelle. Depuis deux ans, d’autres organismes gouvernementaux et des représentants de la société civile se sont joints à cette démarche. Les télécentres peuvent désormais espérer dépasser le stade de boutiques téléphoniques améliorées pour devenir des centres communautaires dynamiques.
L’organisme public baptisé Government Communication and Information Systems (GCIS), installé dans les locaux de la présidence de la République, centralise l’information de tous les ministères sud-africains. Aujourd’hui, il développe activement le modèle des centres communautaires polyvalents et s’en sert comme base pour fournir aux populations défavorisées informations et services publics. Le GCIS coordonne un groupe transversal de fonctionnaires, de chercheurs et de personnes actives dans les télécentres, qui s’efforce de transformer le modèle d’origine en centres « tout-en-un », véritables pôles communautaires d’information et de communication.
Le projet de l’UNESCO, en étroite coopération avec le gouvernement sud-africain et la société civile, contribuera à réaliser l’objectif du gouvernement, à savoir la création de pôles communautaires d’information et de communication. Toutefois, l’UNESCO adoptera une approche par la base pour donner aux communautés elles-mêmes la possibilité d’apporter aux centres leurs propres contenus. Le project de l’UNESCO s’attachera dans un premier temps à l’apprentissage tout au long de la vie en faveur du développement local, domaine qui n’est pas couvert jusqu’à présent par le projet gouvernemental.
La mission de mobilisation
Une équipe interdisciplinaire de trois personnes, Ushio Miura, Peter T. Schoeler et Elke Zimprich Mazive, a mené une mission de mobilisation en Afrique du Sud du 13 au 21 mars 2002.
La mission visait à réunir les informations et créer les conditions nécessaires pour définir plus précisément le programme du volet sud-africain des activités du projet, et pour lancer concrètement le projet en Afrique du Sud.
Plus précisément, elle s’était fixé les objectifs suivants :
établir une coopération avec les interlocuteurs locaux ;
organiser une équipe locale pour le projet, avec une structure de communication clairement définie ;
mettre en place des notions communes à l’équipe locale et à l’équipe de l’UNESCO quant au contenu et à la démarche du projet ;
procéder à une évaluation préliminaire de la communauté retenue (township d’Alexandra) ;