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Le nouveau Rapport de la Commission sur la bande large milite pour la connection à haut débit des communautés les plus pauvres

07-06-2011 (Paris)
Le nouveau Rapport de la Commission sur la bande large milite pour la connection à haut débit des communautés les plus pauvres
Directrice générale de l'UNESCO à la
réunion de la Commission
sur la bande large)
© UNESCO/A. Freindorf
Les gouvernements doivent formuler et mettre en œuvre rapidement des plans nationaux et multisectoriels pour la bande large sous peine de se retrouver pénalisés dans un environnement numérique qui veut toujours plus de haut débit. Le constat émane du rapport publié aujourd’hui par la Commission « La bande large au service du développement numérique » dans le cadre de sa troisième réunion qui s'est tenue au siège de l’UNESCO à Paris.
Les gouvernements doivent formuler et mettre en œuvre rapidement des plans nationaux et multisectoriels pour la bande large sous peine de se retrouver pénalisés dans un environnement numérique qui veut toujours plus de haut débit. Le constat émane du rapport publié aujourd’hui par la Commission « La bande large au service du développement numérique » dans le cadre de sa troisième réunion qui se tient au siège de l’UNESCO à Paris.

Le rapport, intitulé Bande large : Plateforme pour le progrès, plaide pour une approche coordonnée au plan national du développement de la bande large, une approche rappelant davantage celle du développement des réseaux ferrés ou électriques que celle – marquée par le laissez-faire et obéissant aux lois du marché – qui a généralement caractérisé le déploiement de la technologie numérique.

« Afin d’optimiser les bénéfices pour la société, la bande large doit être coordonnée au niveau du pays, en favorisant une compétition fondée sur les infrastructures et avec des politiques qui encouragent les fournisseurs à proposer un accès à des conditions équitables… Les efforts doivent être coordonnés dans tous les secteurs de l’industrie, de l’administration et de l’économie. Le développement de projets isolés, une approche fragmentaire ou des réseaux faisant doublons serait non seulement inefficace mais retarderait la mise en place d’une infrastructure qui devient aussi cruciale pour notre monde moderne que les routes ou la fourniture d’énergie », précise le rapport.

Pour des économies émergeantes ou en développement, la bande large semble être une plateforme de choix, apportant des services comme le micro-crédit, la télémédecine et un partage plus rapide de l’information en langues locales pour toutes les communautés, quel que soit leur degré d’isolement.

« A condition qu’elles soient accessibles et abordables pour tous, les applications et contenus utilisant la bande large peuvent être un puissant levier pour parvenir aux objectifs de l’Education pour tous. Le déploiement universel, équitable et inclusif de la bande large peut être un formidable accélérateur du développement et de la croissance – un moyen de bâtir les sociétés du savoir et de partager la richesse des ressources scientifiques, linguistiques et culturelles », a déclaré la Directrice de l’UNESCO, Irina Bokova.

« Pourtant, l’accès à la bande large n’est qu’un aspect de la question. Le développement des capacités humaines est vital si l’on veut que les individus puissent tirer le maximum des nouvelles technologies », a-t-elle ajouté. « Cela passe par l’éducation, par l’éducation aux médias, cela signifie qu’il faut s’assurer que tous les groupes marginalisés soient inclus. Tous les acteurs, nationaux, internationaux, des secteurs privé et public, doivent travailler ensemble dans ce sens. Tout est en place, à nous de faire en sorte que cela devienne réalité ».

Le rapport présente des arguments convaincants quant au rôle joué par la bande large dans la croissance économique et la création de nouveaux emplois. Il cite des études de cas nationales et des informations émanant de consultants renommés qui témoignent d’une hausse des offres d’emploi, d’une productivité accrue du travail et d’une forte stimulation du PIB. Dans des pays à bas ou moyens revenus, par exemple, le rapport cite des données de la Banque mondiale faisant état d’un bond de 1,38% du PIB pour chaque amélioration de 10% de la pénétration de la bande large, soit un effet plus marqué que celui de n’importe quel autre service de télécommunication.

« L’histoire a enregistré de nombreuses déclarations d’indépendance. Mais dans notre monde interconnecté d’aujourd’hui, nous devrions proposer une Déclaration d’interdépendance qui reconnaîtrait que le bien-être économique de chaque pays dépend de plus en plus de son accès au reste du monde via Internet et la bande large », a déclaré le Secrétaire général de l’UIT, Hamadoun I. Touré. « Ce nouveau rapport de la Commission pour la bande large montre que les progrès enregistrés en matière de pénétration de la bande large coïncident avec les progrès enregistrés par le PIB. Plus la bande large est accessible et bon marché, mieux c’est pour l’économie nationale et les perspectives de croissance ».

En offrant beaucoup plus qu’un accès plus rapide aux pages web, les réseaux de bande large constituent un élément crucial de « l’Internet des objets » qui met en communication entre eux les objets inanimés du quotidien, via des technologies comme la radio-identification, sans aucun recours à l’intervention humaine. De tels réseaux révolutionnent déjà les contrôles d’inventaire et la gestion de flotte ; ils joueront un rôle croissant dans des secteurs sociaux clés, tels que la santé (via des applications e-santé), l’éducation (via l’apprentissage et la formation des maîtres à distance) et la gestion de l’environnement (via par exemple les réseaux électriques intelligents, les systèmes de suivi et les bâtiments intelligents).

Le coût de la bande large reste un problème dans beaucoup de pays. Des données récentes de l’UIT montrent que dans les 21 pays les mieux connectés, l’accès à la bande large coûte moins d’un pour cent du salaire moyen national alors que dans les pays les moins connectés, cet accès peut représenter jusqu’à plus de deux fois le salaire mensuel. Ces prix prohibitifs se traduisent par une pénétration de la bande large de plus de 30% sur les marchés les plus développés alors que la plus grande partie de la planète affiche une pénétration de 5% ou moins.

Parmi les éléments positifs annoncés la semaine dernière par l’UIT, on notera que les consommateurs payent en moyenne 50% de moins qu’il y a deux ans pour être connectés à l’Internet à haut débit. Cette chute tient pourtant principalement à une baisse des prix dans les pays développés alors que les baisses dans les pays en développement ne font que refléter le coût prodigieusement élevé de la bande large.

Le hit-parade des pays bon marché pour l’accès à la bande large (par rapport au salaire mensuel national moyen) ne comprend que des pays à hauts revenus : Monaco, Macau (Chine), Liechtenstein, Etats-Unis, Autriche. Les consommateurs de 31 pays (tous très industrialisés) ne payent que l’équivalent d’un pour cent (ou moins) du PIB mensuel moyen par tête pour une connection de base à bande large.

A l’autre bout de l’échelle, dans 19 pays, la connection à bande large coûte plus de 100% du PIB mensuel moyen par tête. Et dans une poignée de pays en développement, le prix mensuel d’une connection à haut débit représente encore plus de dix fois le salaire mensuel moyen.

Malgré des tendances encourageantes, l’Afrique continue de se distinguer par ses prix relativement élevés. L’accès fixe à Internet via la bande large reste particulièrement prohibitif. Dans l’ensemble de la région, il représente encore plus de trois fois le revenu mensuel moyen par tête. En Afrique, une personne sur dix seulement utilise Internet.

La vue d’ensemble du nouveau rapport (en anglais) peut être téléchargée ici.

Le rapport entier (199 pages) et le résumé (14 pages), en anglais, peuvent être téléchargés sur le site web de la Commission sur la bande large.

A propos de la Commission sur la bande large au service du développement numérique
La Commission sur la bande large au service du développement numérique a été mise en place en 2010 par l’UNESCO et l’Union internationale des télécommunications (UIT), avec le soutien du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, en vue de promouvoir l’adoption de pratiques et politiques favorables à la bande large. Elle est coprésidée par le Président rwandais Paul Kagame, et le Président d’honneur à vie du Groupe Carso, Carlos Slim Hélu. La Directrice de l’UNESCO, Irina Bokova, et le Secrétaire général de l’UIT, Hamadoun I. Touré assurent les vice-présidences. Y figurent également des personnalités issues de gouvernements, de l’industrie et des agences internationales, ainsi que des individualités concernées par les contenus - de l’éducation au divertissement - qui peuvent être transmis à travers les réseaux à bande large.
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