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La liberté d’expression et de religion au cœur de la 20ème conférence annuelle Andersen-Ottaway du Comité mondial pour la liberté de la presse

17-12-2008 (New York)
La liberté d’expression et de religion au cœur de la 20ème conférence annuelle Andersen-Ottaway du Comité mondial pour la liberté de la presse
“La plus grande menace à la liberté d’opinion et d’expression défendue par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme réside dans le débat actuel sur l’expression et la religion”, a déclaré l’avocat américain spécialiste du Premier amendement Floyd Abrams lors de sa conférence.
Floyd Abrams, avocat américain spécialiste du Premier amendement, a déclaré que la plus grande menace à la liberté d’opinion et d’expression défendue par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme résidait dans le débat actuel sur l’expression et la religion.

À la veille de la célébration du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, il a tenu une conférence intitulée “The U.S. First Amendment Tradition and Article 19 of the Universal Declaration of Human rights: After Sixty Years, What Relationship?” (Tradition du Premier amendement de la Constitution des États-Unis et article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : quelle relation 60 ans après ?) lors de la 20ème réunion annuelle Andersen-Ottaway du Comité mondial pour la liberté de la presse (WPFC), organisée en partenariat avec l’UNESCO aux Nations Unies.

Le WPFC, comité de coordination des groupes de presse nationaux et internationaux, a été constitué il y a trente ans en réponse aux efforts de l’UNESCO – qui le dirigeait alors – visant à créer un “Nouvel ordre mondial de la communication et de l’information”. Ce comité se compose de 37 organisations des cinq continents qui défendent la liberté de la presse et aident les groupes de presse indépendants à travers le monde.

“Lorsque le Comité mondial pour la liberté de la presse a été constitué, l’ONU a été confrontée aux questions les plus sensibles en matière de liberté d’expression, un euphémisme qui cachait un contrôle accru des États sur ce qui était dit et écrit. Cette bataille a duré de nombreuses années et a finalement été remportée,” a déclaré M. Abrams.

“Une nouvelle menace pèse aujourd’hui sur la liberté d’expression et d’opinion, avec des partisans puissants dans ce bâtiment. Cette menace est non seulement contraire aux notions défendues par le Premier amendement de la Constitution américaine, mais également au fondement des protections prévues par l’article 19 de la Déclaration universelle. Elle concerne le discours sur la religion et en particulier tout discours qui pourrait être dit critique ou, selon la langue utilisée par ses partisans, “diffamatoire” de la religion,” a déclaré M. Abrams face aux responsables des médias, aux représentants des organisations de défense de la liberté de la presse et aux responsables de l’ONU.

Une résolution des Nations Unies actuellement à l’étude par l’Assemblée générale en plénière, qui appelle les États membres à prendre des mesures pour interdire ou punir ce que l’on appelle “diffamation des religions” ou “incitation à la haine”, a été critiquée par des organisations de défense de la liberté d’expression car jugée comme une menace à l’article 19.

Floyd Abrams a parallèlement salué la position adoptée par les experts des droits de l’homme de l’ONU, les Rapporteurs spéciaux sur la liberté de religion ou de conviction, sur la liberté d’expression et sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée qui se tous sont, selon lui, “clairement opposés à l’interdiction d’une vague notion de “diffamation de la religion”.”

Lors d’un discours conjoint prononcé dans le cadre d’une conférence réunie par le Haut-Commissariat aux droits de l'homme en octobre, Mme Asma Jahangir et M. Doudou Diene ont observé: “La liberté de religion confère aux croyants le droit d’agir en vertu de leur religion mais pas celui d’avoir leur religion elle-même protégée contre tout commentaire défavorable.”

M. Abrams a dit qu’il avait écrit à M. Miguel d’Escoto Brockman, président de l’Assemblée générale, au nom d’un groupe d’organisations qui se sont associées pour former la Coalition to Defend Free Speech.

Citant la lettre, M. Abrams a déclaré: “S’il semble naturel de décrier la diffamation des croyances religieuses d’autrui, il est très dangereux de le faire. Les religions doivent-elles être immunisées contre toute critique? Si oui, le monde serait privé d’une bonne partie de sa littérature la plus durable et les religions elles-mêmes ont nié une bonne partie des commentaires de valeur. Et si non, qui peut décider d’interdire un commentaire critique et qu’est-ce qui doit être considéré comme “diffamatoire” et par là même interdit? Ce que l’Histoire nous a enseigné, après tout, c’est que la censure de l’expression conduit inexorablement à davantage de censure.”
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